Spécial Coupe du Monde : Pourquoi les hommes sont-ils aussi accros au foot ?

Tunisia fans enjoying the atmosphere as their team prepare to do battle against England (Photo by Tony Marshall/EMPICS via Getty Images)

La coupe du monde de Football, voici ce qui taraude les esprits de 99% de la gent masculine. Etendard de la célèbre « maxime », l’union fait la force, la culture du foot a toujours été prônée par les hommes –car faites pour eux-. Mais en est-il vraiment le cas ?

Addiction au ballon rond

On ne veut en aucun cas tomber dans une explication « psychanalytique » à deux sous mais c’est un fait : les hommes aiment le foot voire, c’est un domaine intrinsèquement masculin parce qu’il est l‘emblème de la «virilité ». Les joueurs sur le terrain sont TOUS dotés d’un phallus –jusqu’à preuve du contraire-. Idem pour leurs supporters qui considèreraient qu’une supportrice dans un groupe exclusivement masculin les déviriliserait. D’ailleurs, cette présence est souvent assimilée à une intrusion, une effraction à la règle voire à une association contre-nature. Le foot est donc un domaine de confirmation d’une virilité physionomique. De plus, les supporters s’identifient souvent au joueur le plus agile, le plus musclé et en d’autres termes le « mieux baraqué » ou s’il est chétif, à celui qui « sauvera » son équipe. Cette idée renverrait à la figure du patriarche, du meneur bref, de l’homme qui gouverne et qui assure la « survie » de sa tribu car doté des caractéristiques physiques –donc visibles- pour cette fonction. Ainsi, si l’homme est accro au foot c’est parce que ce sport d’équipe donc de bande serait un gage de sa masculinité.

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L’esprit d’équipe

Parlons justement de cette notion « de bandes » qui est exacerbée lors des matchs. Dans son premier livre, En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis soulève ce parallélisme entre populisme et culture « foot ». Homosexuel, le jeune homme ne se retrouve pas dans un univers violent, codé et où une « bande » s’est déjà créée. Parmi ces codes du foot, que ce soit sur la pelouse ou dans les gradins, on note un jargon volontairement obscène, un ahanement, des frottements entre les joueurs et des manières jugées de caïd –comme les crachats-. Perdu dans une masculinité ébrouée par une délicatesse « féminine » dont il ne saisissait pas l’ampleur, le jeune homme a fini par s’écarter de cette bande. De même, à l’intérieur de ce groupe, le degré de virilité varie d’un individu à un autre. Le leader serait plus « masculin » que le passeur ou l’attaquant. En bref, ce groupuscule de « joueurs », qu’ils soient professionnels ou « de quartier » mime les différents rapports qui régissent le monde des hommes.

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Les habitudes du footeux

Lors des matchs, les habitudes vestimentaires mais surtout alimentaires changent et s’homogénéisent afin de former un collectif. Les supporters forment à eux seuls une culture où les barrières socio-économiques et générationnelles tombent. Médecin, marchand, serveur, journaliste, enfant, ado ou quinquagénaire qu’importe, « ils » arborent tous le maillot du groupe qu’ils portent aux nues et mangent la même chose –le FBR en France, à savoir Foot, bières et pizzas- ou cafés, clopes dans les quartiers populaires de Tunis. Junk food ou cigarettes, on retrouve des « rituels » qui connotent la virilité –les filles auraient tendance à manger sainement pour préserver leurs lignes et à faire l’impasse sur la cigarette-. Ces clichés, bien qu’on soit en 2018, restent ancrés dans les mentalités pire encore, ils sont de plus en plus enracinés dans les esprits des plus jeunes d’entre nous.

Eric Diers winning Penalty reaction😱

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Mais le foot reste un défouloir, une « catharsis » dirait notre bon vieil ami Aristote. On dira dans ce sens que s’exprimer librement pendant 90 minutes libérerait les hommes d’un certain poids social. En effet, s’épancher et parler de ses ressentis est prohibé –à tort- dans toute société machiste et patriarcale –dont la nôtre, évidemment-. Alors, crier, s’injurier les uns les autres, rire, pleurer bref, clamer haut et fort ce qu’on pense ferait du bien à nos messieurs.

Aujourd’hui, la culture foot essaie pourtant de s’émanciper de tous ces stéréotypes. On voit de plus en plus de commentateurs femmes débriefer les matchs de foots –non sans défrayer la chronique mais là n’est pas le propos-, arbitrer un match –Bibiana Steinhaus est la première femme arbitre dans l’histoire du football- et enfin, les clubs féminins ne manquent pas même si on associe la footballeuse à une butch, c’est-à-dire à une femme hyper-virile.

Ne Jamais Rien Lâcher, un livre de Marinette Pichon qui vous tiendra forcément en haleine, le parcours d’une sportive accomplie dans le milieu du football. Probablement une idole pour certaines et qui sait un exemple à suivre pour d’autres qui vont dévorer son livre ! Ne jamais rien lâcher, voilà donc le bon conseil de l’ancienne footballeuse, que ce soit dans votre vie privée comme dans votre passion qu’est le football !!! http://vga-bohars.footeo.com/actualite/2018/04/03/ne-jamais-rien-lacher-par-marinette-pichon.html #footballfeminin #football #footballeuse #vgab #marinettepichon #firstedition #livre #nouveauté #sport Disponible à la vente à la librairie Dialogues de Brest dès ce jeudi 05/04/2018 !

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Carton rouge pour la culture foot ? Oui, si elle continuera à véhiculer une pensée archaïsante pour les générations futures mais l’arbitre, cette fois, c’est bel et bien vous.