Actu série: le phénomène 13 Reasons why

L’adolescence vue autrement, sans fard et loin des clichés habituels qu’on lui connait, voilà 13 Reasons Why. Des secrets éclatent au grand jour suite au meurtre d’une jeune lycéenne, a priori sans histoire.

13-reasons-why-critique-3

La série ne commence pas vraiment à rebours mais mêle présent et passé, une sorte d’enchevêtrement vocal, une polyphonie qui convergerait vers une ultime révélation. On n’est pas dans le trash (ce n’est pas la visée de Selena Gomez, la réalisatrice de la série) mais dans la subtilité des relations adolescentes. Cette période charnière est très souvent un lieu hétéro-topique de conflits entre adolescents, de harcèlements étouffés pour fuir un énième scandale. Il demeure ainsi inaccessible aux adultes. Le mal-être adolescent est  au cœur de 13 Reasons why. Katherine Langford (Hannah), la jeune fille « lambda » qui s’est suicidée, va continuer à roder dans les couloirs de son lycée. Ayant envoyé des vidéos, respectivement à tous ses « amis » (et là encore, il y a un réel questionnement sur l’amitié et la dé-amitié) impliqués dans son suicide (volontairement ou pas). Cette dernière les stigmatise avec une voix d’outre-tombe chevrotante ayant pour support les nouvelles technologies. Un thriller dans une veine de teen movie certes mais on est loin du statut de l’adolescent archétypal. On passe, grâce à cette série, à une réflexion fine et intelligente sur l’adolescence où chaque personnage trouve ses marques. Le ressassement  voire le listage des faits devient une observation réflexive et c’est ce qui fait le génie de ce « show », comme se targuent de le décrire les américains.