Etats-Unis et droit à l’IVG : Alyssa Milano appelle à une… grève du sexe !

L’heure est grave aux États-Unis, plus exactement en Géorgie, Alabama, Kentucky et Mississipi où une loi très restrictive sur l’avortement vient d’être adoptée ! Une fois de plus, les droits fondamentaux des femmes sont bafoués. Ce qui a poussé Alyssa Milano à proposer une solution pour le moins… déconcertante !

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Mardi 07 mai dernier, le gouverneur de la Géorgie, Brian Kemp, a signé un texte visant à interdire l’interruption volontaire de grossesse dès que les battements du cœur du fœtus peuvent être détectés. Les premiers battements de cœur étant détectés à partir de la sixième semaine de grossesse, cela revient à quasi-interdire l’IVG…

Et la Géorgie n’est pas le seul État en cause : le Kentucky mais aussi le Mississipi ont fait de même. Le pire est – sans doute – l’État d’Alabama qui a signé un texte interdisant l’IVG même en cas de viol ou d’inceste…

Ce sujet très grave, a été adopté par toutes les américaines. Mais il y en a une en particulier qui s’est bien fait entendre : l’actrice Alyssa Milano !

Alyssa Milano : « J’appelle à une grève du sexe ! »

Alyssa Milano, maman de deux adorables petits bouts de chou, a décidé de frapper fort. En effet, elle, qui avait déjà alerté qu’elle ne tournerait plus dans aucun film en Géorgie si cette loi venait à être appliquée, vient de passer au niveau supérieur en proposant une grève du sexe à ses compatriotes féminines.

Samedi 11 mai dernier, l’actrice de 46 ans a publié sur son compte Instagram un « X » de couleur rose, accompagné du hashtag #SexStrike (Grève du sexe). Elle a accompagné cette illustration d’un message on ne peut plus clair : « Nos droits liés à la procréation sont supprimés. Tant que nous, les femmes, n’aurons pas un contrôle légal sur notre corps, nous ne pouvons pas risquer de tomber enceintes. COMME MOI, abstenez-vous de toute relation sexuelle jusqu’à ce que nous retrouvions notre autonomie. J’appelle à une grève du sexe. Faites passer le message. »

 

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Our reproductive rights are being erased. Until women have legal control over our own bodies we just cannot risk pregnancy. JOIN ME by not having sex until we get bodily autonomy back. I’m calling for a #SexStrike. Pass it on.

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Alyssa Milano : grève du sexe, la fausse bonne idée ?

Nombreuses sont celles, dans l’histoire, qui ont fait/appelé à faire une grève du sexe pour obtenir ce qu’elles voulaient. Certaines l’ont fait par devoir (patriotisme, sens de la justice, droits), d’autres par égoïsme. Certaines l’ont fait pour des valeurs communes, d’autres pour des valeurs personnelles. Mais n’est-ce pas grave d’appeler à une grève du sexe ? N’est-ce pas renvoyer l’image que nous sommes – tous comptes faits – des sous-êtres, le fameux « deuxième sexe » ? N’est-ce pas laisser sous-entendre que la sexualité, pour nous les femmes, n’est rien d’autre qu’un moyen de pression, d’échange, de chantage ?

Il est grave de s’inscrire dans cette lancée, presque aussi grave que le sujet de l’interdiction de l’IVG qui est – et ne peut être – qu’un sujet évoqué et pensé par des femmes pour les femmes ! Quand est-ce que les hommes au pouvoir cesseront-ils de souffler le chaud et le froid sur nos droits féminins ? Oui, « nous » ! Même si les États-Unis semblent loin de la Tunisie, nous savons toutes comme il est facile de bafouer les quelques droits – si durement – acquis par les femmes. Nous savons, comme les libertés féminines sont fragiles face à l’enracinement des valeurs de la société patriarcale !

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