Azzedine Alaia : La mode pleure l’un de ses derniers survivants…

Pour lui, la mode « c’est du théâtre ». Alaia, c’est ce styliste franco-tunisien qui a magnifié les courbes féminines en les portant aux nues. Ses « filles » étaient des lianes à la beauté envoûtante, presque fatales. Grandes à la peau hâlé, Alaia les voulait respirant la santé et la générosité. On est bien loin du cliché des modèles à l’expression figée et à la démarche robotique. C’est donc avec un immense regret qu’on a appris, ce matin, dans les colonnes de la plateforme web Le Point le décès de l’un des plus grands prestidigitateurs des ciseaux.

Un accident très couture ?

Celui qu’on se targue d’appeler « l’ovni » de la mode n’a cessé de démontrer que la mode était justement de la création pure. Rebelle, l’ex-disciple de Thierry Mugler a nargué le calendrier officiel pour présenter ses collections dans son propre atelier (on ne parlait pas de « showroom » à l’époque) devant un public trié sur le volet. Les créations de Azzedine Alaia sont-elles pour autant destinés à une élite ? On pourrait le croire puisque le créateur d’origine tunisienne a habillé les plus grandes stars du showbiz à l’instar de Kendall Jenner –lors du festival de Cannes, il y a deux ans-, Greta Garbo ou encore Michelle Obama, flânant ainsi entre le XXème et le XXIème siècle. Mais, si ces grands noms ont de quoi nous donner le tournis, la femme que voulait véritablement habiller Alaia n’est ni une petite bourgeoise coincée, ni une éternelle suiveuse des tendances. La femme Alaia est libre, un concept inlassablement brandi par ce « Créateur des créateurs ».

Une pluie d’hommages

Les hommages, interviews et autres supports, audiovisuels ou écrits à l’effigie de Azzedine Alaia, ne cessent de pleuvoir depuis ce matin. Azzedine Alaia est resté quinze jours au coma après une chute. Son état demeurait stationnaire jusqu’à hier soir. C’est donc un monde « modeux-mondain » sens dessus-dessous qu’on a découvert aujourd’hui. Naomi Campbell avait tweeté avoir « perdu un papa ». Beaucoup plus qu’une simple muse, la « panthère noire » avait des liens privilégiés avec le styliste et ce, jusqu’à ce qu’il tire sa révérence. Autre réaction, celle de l’influenceuse et auteure Sophie Fontanel, qui a manifesté son éternelle admiration au créateur tunisien via son compte Instagram. Des mots-dièses plus simples ont aussi suivis des publications 3.0. On pouvait ainsi lire des #RipAzzedineAlaia, aussi modestes que vibrants. Une étoile vient de s’éteindre pour mieux briller, #RIPAZZEDINEALAIA, comme le veut la règle…