La bande dessinée agite nos neurones

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Aujourd’hui, on vous emmène vous promener  dans l’univers de la bande dessinée, un univers peu connu mais foisonnant. Voici un appel à la vie qui nous parle de notre monde contemporain. Le Goethe Institut et le collectif de bédéistes tunisiens Lab 619 organisent un événement qui se déroulera du 7 au 9 décembre 2017. Le but de l’événement ? Célébrer la bande dessinée mais surtout la sortie du 9e numéro de la BD du Lab 619, intitulé « Identités ». Rendez-vous au Goethe Institut à partir de demain ! Au programme : Une première journée (jeudi 7 décembre à 17H) consacrée à l’analyse du nouveau numéro du Lab 619 par l’écrivain et philosophe tunisien Adnen Jdey. Une deuxième journée (vendredi 8 décembre à 17H) avec une lecture inédite de la bande dessinée « Birgit » par Max Baitinger, bédéiste allemand invité en Tunisie pour l’occasion. Deux workshops intitulés « Salut c’est moi ! » et animés par ce dernier auront lieu les 7 et 8 décembre au Goethe de 10H à 16H30. Et pour finir le week-end en beauté, un vernissage aura lieu le samedi 9 décembre à partir de 16H à l’atelier Y à La Marsa en compagnie de tous les bédéistes du collectif et de l’équipe organisatrice.         

Il y a dans le silence des bédéistes une certaine franchise. Parler pour parler reviendrait à taire l’essentiel, c’est pourquoi la bulle et la case s’affirment comme le meilleur moyen de faire passer des idées uniques et décalées depuis de nombreuses années. Quelle soit historique, sociale ou autobiographique, la bande dessinée est devenue ce 9e art que l’on prend plaisir à lire à tout moment. Bien qu’occultée par le consumérisme ambiant et par la demande d’une culture de plus en plus consensuelle par le grand public, la bande dessinée revient sur le devant de la scène depuis quelques années. Elle se modernise, prend des formes plus accessibles, s’imprime en risographie et en formats de poche, se feuillette souvent en quelques minutes et permet de découvrir des dessinateurs de talent. L’apparition de plusieurs collectifs témoigne d’ailleurs de ce regain d’intérêt pour cet art longtemps laissé en suspens, repris et travaillé par une jeune génération d’artistes. Cette pratique tend d’ailleurs à intéresser davantage les associations, acteurs culturels et organisations indépendantes qui trouvent dans ce médium un outil de médiation à destination des publics les plus empêchés. C’est dans cette même dynamique que le Goethe Institut a décidé de consacrer un week-end à la BD, en invitant pour l’occasion le bédéiste allemand Max Baitinger et le Lab 619.

Depuis mars 2013, date de leur premier numéro trimestriel, ce collectif de bédéistes  tunisiens développe des thématiques diverses et variées. Animés par l’envie d’utiliser la dérision et le dessin sans se prendre trop au sérieux, les dessinateurs expérimentent, risquent et s’essayent à de nouvelles idées. Chaque numéro porte d’ailleurs un titre et une thématique différente, proposant tantôt de traduire les phénomènes migratoires, les questions d’identité ou encore les troubles de la politique. Le Lab 619, véritable laboratoire d’idées créatrices, s’est constitué autour d’idées fortes et de parcours atypiques. Tous de professions différentes mais passionnés de bande dessinée, les membres du collectif se sont fait connaître sur le net à travers les réseaux sociaux et les blogs. Leur volonté pour la suite ? Mener les lecteurs à faire le pas vers la bande dessinée, et ce d’où qu’elle vienne. Sa lecture peut parfois paraître simpliste, et son art mineur. Pourtant, il y est toujours question de dénonciation, de contestation et de traduction du réel. Dans la Tunisie d’aujourd’hui, voilà un enjeu déterminant et constructif.