Banksy, ce vandale de qualité !

A chaque phase de l’Histoire correspond un mouvement artistique bien particulier. La notre a donné naissance, à ce l’on appelle l’art moderne. Ce mouvement regroupe plusieurs écoles, on citerait l’art urbain, ou plus familièrement le Street art ! Et comme tout genre artistique, l’art du graffiti possède ses ténors et ses chefs de file ! Dès lors, difficile de parler street art sans mentionner l’un de ses pionniers, MisterBanksy !

 

Un pseudonyme mystérieux, aussi crypté que la vie de cet artiste, unique en son genre et en son siècle ! Bansky a trôné longtemps sur le monde de l’art moderne, sans que quiconque puisse lui attribuer une identité. Anonyme jusqu’à la confusion du réel avec le mythique, l’enfant de la ville de Bristol aime à se faire appeler « vandale de qualité » et pour cause, ses œuvres frôlent le génie autant qu’elles scandalisent les autorités !

Portrait de ce fier persécuteur de l’ordre établi !

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Sa vie, son histoire

Il serait plus facile de discourir pour des heures sur les œuvres de Bansky que de résumer sa vie ! Sa biographie relève plus des compétences d’un détective privé que des nôtres ! Toutefois, celui qui a une dent contre les murs blancs, aurait bel et bien une identité. Selon certaines sources obscures, Banksy serait né aux alentours de 1974, à Bristol en Angleterre. Il aurait, selon certains dires, une formation de boucher et aurait entamé sa carrière d’artiste graff, au début des années 90, au sein d’un groupe surnommé le « Bristol’s Dry breadZCrew » ! Mais toutes ces informations demeurent incertaines, jusqu’à ce jour. Aucunes indications quant au nom de l’artiste, ses origines, son éducation, etc.

Un portrait robot digne d’un Jack l’Éventreur ! Bansky réussit ce qu’aucun artiste de sa génération ne peut garantir : un anonymat total qui ne fait que pousser son œuvre, seule, au devant de la grande scène artistique !

 

Œuvres ou plutôt casier judiciaire !

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Celui que les autorités anglaises surnomment « le terroriste de l’art » ne peut pas se vanter de faire dans la discrétion ni dans le consensus ! Armé de peinture en aérosol et de pochoirs, Banskya construit son renom grâce au caractère subversif de son art, une spécificité poussée jusqu’à l’extrême ! Au grand damne des plus conservateurs, Bansky compte parmi ses grandioses productions un graffiti exécuté sur le mur d’une clinique de sexologie. On y voit un amant pendu à la fenêtre de sa compagne, prise sur le fait par son mari.

Le graffiti de par sa taille imposante et son contenu jugé peu « convenable » aurait mis le quartier sens dessus dessous, jusqu’à ce le conseil de la ville décide, par un vote unanime, de garder l’œuvre.

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Outre ses représentations typiques de rats révolutionnaires, ses fresques sur le mur qui sépare la Palestine d’Israël sont déconcertantes ! De par l’endroit choisi pour leur réalisation mais surtout pour ce qu’elles représentent, le rêve éveillé d’un monde qui tarde à devenir meilleur !
Mais tout le monde ne voit pas d’un bon œil ces travaux dignes d’un guérillero de l’art ! Bansky mitige et révolte. Les mauvaises langues diraient que sa renommée ne tient qu’à son culte de l’anonymat et de la provocation ! Mais le voyou de l’art semble acharné à leur donner plus de raison que de tort.

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En 2010, il réalise « Faites le mur ! », un documentaire fiction où l’ironie banksienne révèle un monde cupide, gouverné par le gain et le profit ! Banksy, en messager de l’art libéré de toutes les oppressions, inclut dans son film un passage d’un autre documentaire, « Life Remote Control ». Cependant, l’artiste omet d’en informer le co-réalisateur de « Life Remote Control », Joachim Levy. Ce dernier n’a même pas été mentionné au générique de « Faites le mur ! ». Omission qu’on a toutes les raisons de considérer comme volontaire ! Avec son cursus digne d’un Che Guevara de l’art, on verrait mal Bansky avoir une quelconque considération pour la grande question des droits d’auteur !

 

Anecdotes !

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Septembre 2006, Banksy parvient à pirater quelques 500 disques achetés en magasin du dernier Paris Hilton. Le musicien Danger Mouse remixe les titres, Bansky gribouille une autre pochette et modifie les photos, en s’arrangeant pour remettre secrètement les copies dans leurs rayons, avec les codes barres d’origine, dans différents magasins britanniques. Les titres de chansons deviennent « Whyam I famous ? » (« Pourquoi suis-je célèbre ? »), mais encore « What have I done ? » (« Qu’ai-je fait ? »). La pochette avec les photos de la star retouchées affiche des slogans tels que « 90 % of success is just showing up » (« 90 % du succès ce n’est que frimer »). Sur chaque CD acheté, on compte un pourcentage de retour presque nul. Les sites internet de ventes aux enchères négocient ces disques détournés à environ 1 000 € pièce.

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Août 2014, une association venant en aide aux jeunes démunis, vient d’acquérir 650 000 $ de fonds grâce à une œuvre de Bansky. Son œuvre « Mobile Lovers » a été peinte aux alentours des locaux de l’association. Le directeur a décidé de la placer à l’intérieur du « Broad Plain Working With Young People » pour y afficher l’œuvre au grand public, tout en récoltant des dons. Le graffiti a été récemment vendu, aux enchères, à un collectionneur privé à un montant qui va permettre à l’association de reprendre à son aise ses activités caritatives.

Bansky, informé de la transaction, a tout simplement ; salué le travail accompli par ces associations !