Le défi de Bouchra Jarrar: « glamouriser » la résille pour le défilé Lanvin (mais pas que !)

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Love to love you baby où cette sensualité qui a régné en maître (misogynie de la langue de Molière. Pincement au cœur mais passons) sur le défilé Lanvin. How ? Une petite explication s’impose…

L’énigme « mode »: la résille chez Lanvin:

Qui peut devenir kitsch en un claquement de doigt ! Négativement connotée, elle a pourtant connu sa « saison » d’Or grâce notamment aux prouesses « stylisées »  et à ce coup de balai donnés par les It girls: Chiara Ferragni, Hailey Haldwin , Kendall Jenner…bref, elles nous ont montré (et démontré presque jusqu’à l’ankylose visuelle !) que la résille pouvait aussi faire bon genre (mouais). Toutefois, la preuve ultime de l’élégance nous vient du défilé Lanvin: arborant des chaussures plates et des pulls robes ou des pièces plus vaporeuses, tout en douceur, les filles de Bouchra Jarrar ont dynamisé le côté « Jeanne D’Arc » de toutes ces tenues « un peu trop cucul la praline » avec un seul détail: des collants résille. Loin du too much, le less is more se réinvente doucement, tout en finesse.

Cependant, on n’oubliera pas de souligner cette touche d’érotisme qui donne un regain de modernité à la femme Lanvin.

Masculin, féminin ou les deux à la fois ?

On a dit pas de clivages mes FF entre les genres bien que cette collection de chez Lanvin soit un panorama du « how to be parisian » tome II et selon Bouchra Jarrar. C’est-à-dire ? Masculine avec le tailleur pantalon, mais sans pour autant laisser sa féminité sur le banc de touche. Transparence suggérée par la dentelle, taille marquée, mise en valeur des courbes féminines…la néo-silhouette de la lady, revue et corrigée par la délicatesse d’une lady, c’est ça la Lanvin Touch.

La primauté donnée aux détails chez Lanvin:

Épaules vaporeuses, ballerines revisitées dans un esprit rock’n’roll, déploiement de la perle, légèreté de la plume, double minaudière… ou comme cette rencontre pas fortiuite qu’elle en a l’air sur un catwalk, de la rigidité du vinyle et de toute la discrétion de Bouchra Jarrar… loin des fioritures, on voit aisément la silhouette de la styliste se faufiler derrière chacune de ses créations. Votre Brune Patate a même osé (réinventer Lautréamont mais pas que) cette analogie: la femme Lanvin est une sorte de Dominique Aury: audacieuse, fonceuse, mais toujours en trimbalant sa fragilité avec non plus cet espèce de poids insoutenable mais comme une force. Aujourd’hui, on nous parle du vecteur du féminin, cette force quasi herculéenne qui définit la Super Woman, au détriment d’une fragilité qui fonde son essence. Bouchra Jarrar et Lanvin sont venus justement réajuster cette thèse en nous livrant une femme épanouie dans toute la splendeur de sa fragilité.

Voilà mes FF une excellente définition de chez Lanvin, du féminisme doublée d’une leçon d’estime de soi: pourquoi endiguer la sensibilité alors qu’elle fait corps avec la femme et a fortiori avec la femme artiste ? Pour simplifier mes FF: strong woman rime avec sensitivity…