Braim Klei parle à cœur ouvert

Braim Klei… ce nom résonne certainement dans vos esprits et pour cause. Actif dans la scène mode tunisienne depuis 2016, Braim Klei, jeune diplômé de ESMOD Tunis, a choisi de faire de sa passion un mode de vie. Créateur de mode authentique, doté d’un univers très singulier, Braim embellit les femmes avec tact et subtilité, loin des clichés du bling et des paillettes. On a eu récemment l’opportunité de visiter Braim, dans son showroom situé à Sidi Bou Said, pour parler de mode, de passion et de création en toute transparence.

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Quand faire ce qu’on aime devient une arme à double tranchant

En mettant en avant culture japonaise et poésie française du XXème siècle, deux univers dont le créateur de mode est friand, Braim n’a pas choisi la simplicité. « J’ai toujours essayé de faire ce qui me plaisait réellement. Ce n’est pas en se laissant submerger par les tendances qu’on va percer mais en les orientant dans la direction qu’on aura choisie ». Et justement, Braim n’a que faire de la « mode » du moment. Ce qui l’intéresse, c’est la création pure et brute. « Je n’aime pas la facilité. En fait, ce qui me motive et me permet d’avancer, même si peu de personnes se sentent concernées par ce que je fais, c’est mon esprit challenger. Il faut viser loin et ne pas se contenter d’une gloire aussi fulgurante que fugace. La prospérité et la durabilité ne s’acquièrent pas en un claquement de doigts, bien au contraire… » Lucide et conscient de sa prise de risque, Braim continue malgré tout à peaufiner son univers et à batailler pour le faire exister. Bien qu’il jouisse d’une certaine notoriété à l’étranger et bien qu’il soit adulé par des noms comme William Arlotti, le rédacteur en chef français du Fashion Post ou encore par son ami, conseiller et admirateur, Ludovic Winterstan, Braim n’arrive pas à joindre les deux bouts en Tunisie. « Pour créer, il faut aussi de l’argent. Or, même si tu as une clientèle solide, cela ne suffit pas à déployer toute ta maîtrise et ton talent. Ce qu’il faudrait, c’est un mécénat pour les designers émergeants ou un mentor. Il faudrait une assise matérielle mais aussi mentale pour que ton art soit respecté. Malheureusement, ceci n’est pas encore très développé en Tunisie et les designers qui s’en sortent sont généralement ceux qui ont les moyens financiers pour le faire ». Mais alors, créer devient frustrant ? « Oui, créer est frustrant mais c’est aussi quelque chose qui te permet de tester tes limites, de t’auto-défier. C’est difficile mais ce n’est pas impossible. On rencontre des personnes formidables lors des Fashion Weeks ou même dans des événements. Il faut savoir tirer profit de ce genre d’opportunités tout en ayant sa propre vision de la mode. Faire comme tout le monde pour plaire au plus grand nombre n’induit qu’à une pâle copie du travail d’autrui et ce n’est pas ce qui caractérise l’auto-satisfaction et le progrès. »

 

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Urban Gate ou la ligne « défi »

Si vous croyez qu’avec Urban Gate, Braim Klei et sa « copilote » Khadija Husseini, ont voulu sortir de leur zone de confort, sachez que vous avez tout faux. « Personnellement, avec Urban Gate, j’ai voulu montrer que j’avais plus d’un tour dans mon sac et que je m’intéressais, désormais, aux « enfants » de mes clientes. J’aime le sportswear, ce n’est pas une mode qui me rebute donc lancer une marque plus cool tout en continuant à faire ce que j’aime et à dévoiler un autre aspect de mon univers créatif –le pop art/bande dessinée japonaise- marquait une nouvelle étape dans ma carrière. J’y ai cru, on y a cru, moi et Khadija mais aujourd’hui, j’ai envie de nouvelles choses ». Braim bouillonne d’idées et carbure à 200 à l’heure. Certes le manque d’argent est une contrainte pour tout artiste digne de ce nom mais Braim tient bon, s’accroche à son univers parce que « c’est ce que j’ai de plus précieux. J’aime la mode. J’aime créer et je suis prêt à tous les sacrifices pour atteindre mes objectifs ». Obstiné et motivé, Braim avoue que le milieu de la mode n’est pas toujours jouissif et que son capital économique en a pris un coup mais il rappelle souvent que sans compromis, on ne peut pas progresser. « Inutile de vouloir briller trop vite, les montées en puissances génèrent souvent des chutes dont on ne se remet jamais.

Alors que construire son univers, pierre par pierre, en passant par toutes les étapes, est un véritable gage de durabilité ». Authentique, lucide, fougueux et passionnée, Braim Klei prône une diversité qu’on attendait depuis longtemps et qui peine à trouver l’écho qu’on lui souhaite en Tunisie.