Charge mentale esthétique : Sommes-nous vraiment libres de nos choix ?

En 2006, Virginie Despentes publie un OVNI littéraire où elle dynamite les clichés sur le genre, la sexualité et la féminité. En relisant King Kong Théorie, treize ans plus tard, je me rends compte que cette Charge mentale esthétique n’a pas pris une seule ridule.

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Le poids mental esthétique ou comment la beauté devient une tyrannie

Oseriez-vous sortir sans make-up ? Est-ce que montrer sa cellulite sur Instagram vous choque ? Quelle est la différence entre Ashley Graham et votre voisine qui fait un bon 44 ? Aujourd’hui, on a beau clamer le « body-positivity », le no age-shaming et tous ces hashtags qui servent, encore une fois, l’industrie de la mode-beauté, la réalité n’est pas aussi rose qu’on ne le pense. En effet l’Idéal dominant, qu’on le veuille ou pas, est celui de la « femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture… » (King Kong Théorie, pg13) En gros, cet Idéal, inatteignable par définition, est paradoxalement exigé par la société et a fortiori, par une société régie par le regard masculin. On se fait belle pour « séduire le prince charmant », pour « épater son patron » ou pour que son « papa soit fier de sa petite fille qui devient une jolie jeune fille ». Bref la beauté est corrélée à la femme qui se doit, dès son plus jeune âge, se conformer à certains diktats pour pouvoir rentrer dans ce « corset invisible », façonné par les hommes. Car, à quoi sert une femme célibataire, qui fait un pied-de-nez aux canons de beauté et qui, de surcroit, refuse d’avoir des enfants ? Qui va-t-elle alimenter ? Certainement pas l’hyper-industrie du make-up ou de la mode. Mesdames, vous croyez être libres mais figurez-vous que vous n’avez jamais été aussi insidieusement manipulées qu’aujourd’hui.

 

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Le jour où j’ai décidé d’arrêter de me comparer. D’accepter mes singularités. De suivre mes envies et non celles des autres. De croire en moi, malgré mes lacunes. De ne pas attendre de tout savoir/faire à la perfection pour me lancer. De montrer mes failles. De ne pas me forcer. De ne pas jouer un rôle. Ma vie a changé. On vit dans une société où les courants nous dictent qui nous devons être. Comment nous comporter, à quoi ressembler, combien nous devons être heureux et nous sentir bien, quelles opinions nous devons avoir. Les réseaux sociaux sont de formidables outils de communication et de partage, mais ils peuvent avoir un impact considérable sur la personne que l’on est, nos pensées et agissements quotidiens. L’influence exercée par ceux-ci peut être bien plus pénétrante qu’on ne l’imagine. Ne pas oublier que même le plus gros influenceur n’est rien pour vous dicter la manière dont vous devez penser et vivre. Vous seul(e) avez ce pouvoir sur vous-même 😌 . 🔺Une pensée sur le sujet? 👇 . ✨Passez une belle soirée 😘 . . ➖➖➖➖➖➖➖➖➖➖ . 🔺Retrouvez mes petites recettes et bons trainings sur ma chaîne YouTube : 👉 Amandine Lescuyer 🎬 . ➖➖➖➖➖➖➖➖➖➖ . 🔺Books de recettes & programmes d’entraînement ici : 👉www.french-fitness-lab.com . . ➖➖➖➖➖➖➖➖➖➖ . #fitness #motivation #food #findyourbalance #healthyfood #plantbased #projectlife #loveyourself #vegilicious #bestronger #unleashyourpotential

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Le fausse émancipation

Vous me direz que je passe pour une alarmiste-pessimiste au pire endurcie qui ne voit que le verre à moitié vide. Certes mais si sur les réseaux sociaux, on voit une Ashley Graham sublime ou une Winnie Harlow –qui fait un petit, un tout petit 34, la minceur étant la règle dans le milieu de la mode- décomplexée, dans la vraie vie, tout ça n’existe plus. Zombie Boy, le célèbre mannequin intégralement tatoué, qui s’est suicidé le 1er aout dernier, l’a bien expliqué dans sa lettre « post-mortem » : le monde de la mode est un monde ultra-fermé. Un monde qui n’a rien à voir avec la vraie vie. Car oui, une fille un peu trop ronde se fait ENCORE aujourd’hui lyncher. Idem pour une fille super mince. Mêmement pour une quadra pimpante qui ne cache pas avoir recouru à un bon coup de bistouri… Qu’on s’assume et qu’on revendique notre diversité est un fait mais qu’on ME dise que la diversité passe inaperçue… ça, je ne peux absolument pas le gober.

Pourquoi on aime Victoria Beckham ou Cindy Crawford ? Parce qu’elles ont « su » comment conserver leurs silhouettes de jeunettes. Aurions-nous autant d’admiration pour une quadra à la peau toute fripée, avec des bourrelets et une culotte de cheval ? J’en doute fort parce que la société nous a légué un poids avec lequel on croit devoir vivre.

 

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Aujourd’hui je suis LIBRE . Parce que la liberté est bien plus dure a obtenir que je croyais. On se sent rarement libre, parce que l’on se pousse soi meme souvent dans notre propre cage. Mes émotions ont beau être sens dessus dessous ces derniers jours, passer du rire au larmes, de la mélancolie à la joie, ce que je sais c’est que je suis heureuse et LIBRE. Et je me rends compte que je l’ai rarement été. ⠀ ⠀ Je n’étais pas libre quand j’étais enfermée dans des relations toxiques. Je n’étais pas libre quand j’essayais de changer pour des gens qui ne m’acceptaient pas. Je n’étais pas libre lorsque la nourriture m’obsédait, que j’avais des crises d’hyperphagie. Je n’étais pas libre lorsque je pensais devoir publier un certain type de contenu ici. Je n’étais pas libre quand je faisais du sport pour changer mon corps parce que je ne l’aimais pas. Je n’étais pas libre quand ma motivation provenait du fait que je voulais être quelqu’un d’autre. Je n’étais pas libre quand mon alimentation m’enfermait dans une case, je n’étais pas libre quand mes TCA m’emprisonnaient. Je n’étais pas libre lorsque je me forçais à être d’une certaine façon pour satisfaire des soi-disant amies. ⠀ ⠀ Nous sommes très souvent libres de nos actes mais rarement de nos émotions, de nos envie d’être, de nos choix profonds. On s’enferme souvent dans une cage que l’on imagine dorée mais qui nous empêche d’explorer et de nous trouver réellement. Je suis entrain de trouver la Chloé profonde depuis quelques temps, je suis en train de m’aligner avec ce que j’ai toujours été : Pour cela il faut avant tout s’accepter soi meme entièrement, accepter de ressentir des émotions au lieu de vouloir les contrôler. Arrêter de se blamer parce qu’on est en colère, ou gourmand, jaloux, rancunier, ou juste triste. Se libérer de sa propre emprise c’est juste accepter que l’on est humain, que l’on ressent des choses, que l’on a pas besoin de les controler, juste de les comprendre. ⠀ ⠀ Mes affirmations : Je me libere de ce que je me force à faire . Je me libere de mes obessions . Je me libere de mon passé . Je me libère de ce qu’on attend de moi . JE suis ma propre clé . #freedom#healthy#mindset#love

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Emmerder la société

Reviendrait à emmerder la Hiérarchie Suprême aka le regard masculin. Ce qui est, notons-le, un blasphème pur et dur. Si tu te négliges, tu finiras seule, comme une sorcière. D’ailleurs, toutes les femmes qui ont « dévié » du droit chemin de l’esthétique et de l’obsession du visuel, sont considérées comme des furies (Coucou Lydia Lunch, Courtney Love et Kathleen Hanna ! You rock girls bref), des anti-femmes c’est-à-dire des anti-Barbie Sociale à la plastique irréprochable et au comportement sur-codifié. Evidemment, j’ai oublié de mentionner qu’une fille ne doit pas hausser le temps, se goinfrer, se bourrer la gueule, se droguer, baiser –un truc de mec, c’est sale ! Une fille qui baise, c’est une salope. A contrario, une fille qui fait l’amour est une princesse- etc. Une fille ne doit jamais se mesurer à un garçon. Une fille doit faire ceci et cela. Une file signe son arrêt de mort dès qu’elle pousse son premier cri sur cette terre. Une fille est bâillonnée, censurée, ligotée « à cause » de son sexe. Mais arrive un moment où cette fille se rebelle, en a marre et commence à déglinguer tout ce qu’elle voit, entre autres, sur les réseaux sociaux. Vient ce moment de gloire fugace mais tellement jouissif où elle défie la société qui l’a modulée à sa guise pour lui cracher en pleine figure. Vient l’instant où toutes les filles se lâchent, lâchent prise et se comportent sans aucun artifice, comme elles le souhaitent.

Quand ce moment viendra, il n’y aura plus de charge mentale esthétique. Ou du moins, cette charge s’allégera et ce corset qui nous étouffe depuis des siècles s’envolera à tout jamais.