Une clôture de la Fashion Week Tunis à la pointe du style

Dans l’effervescence de la Fashion Week de Tunis, plate-forme Prada, sandales Valentino et pochette Yves Saint Laurent défilent, flottent et se balancent aux côtés des organisateurs inquiets. On se presse, on se montre, on partage les premières impressions. La soirée de clôture, celle que nous attendions tous est enfin arrivée.

Tout est réuni pour accueillir dignement les mannequins tunisiens et étrangers qui défileront toute la soirée aux rythmes des Djs patiemment installés aux platines. Volumes, embrassades et stress, rien ne laisse transparaître les mois de préparations d’un tel événement.

Les créatrices tunisiennes Mademoiselle Hecy ouvrent le bal sur un classique des années 50. A trop se croire à Manhattan, le décor du théâtre antique de Carthage nous rappelle instantanément à l’ordre. Un décor un peu strict pour un défilé de mode, me direz-vous ? Justement pas. Mademoiselle Hecy a bien choisi sa thématique : Behind the savana. Le public assiste à une floraison du structuré/déstructuré, avec des mannequins tatouées et coiffées à la manière d’une Princesse Leia des temps modernes. Les tenues, combinaisons, robes, kimonos, pantalons de costume et par-dessus aux couleurs printanières avancent sur le catwalk. Les deux jeunes designers misent sur une collection 2016 tout en fleur, en transparence avec du satin de soie et du voile de coton. On en reste au bleu, au rose, au blanc et au jaune éclatant pour ce premier défilé de clôture.

Alisha Studio nous ravie avec une collection babydoll pour le deuxième passage de la soirée. Dans les tonalités de rouge, de rose, de mauve et de beige, les robes courtes défilent une à une, tantôt accessoirisées de plastron majestueux, tantôt agrémentées d’empiècements en dentelle et de strass. Les silhouettes sont vaporeuses sans être insolentes. On retrouve l’épaule dénudée et le volant dont les deux stylistes d’Alisha Studio raffolent depuis l’existence de leur marque. La pièce maîtresse de ce défilé restera sans doute la robe bustier à feuilles colorées, une pièce qui dénote avec le reste de la collection, comme un clin d’œil à la nature qui reste malgré tout.

Portant à merveille le chignon bas et les cheveux crépus, les mannequins de Braim Klei ont porté à merveille sa collection 2016. Le final de la Fashion Week était grandiose, proposant des modèles à la fois modernes et inspirés de références incontournables. À mesure que les mannequins défilaient, l’image de la robe Mondrian d’Yves Saint Laurent et l’architecture textile de Christophe Lemaire sautaient aux yeux. Braim Klei, avec son nouveau nom, a prouvé à la mode tunisienne que l’impossible n’existe pas et que le style s’apprend avec le temps. Un grand bravo à ce jeune designer pour ses coupes masculin/féminin et ses volumes vaporeux.


Avant d’enchaîner sur une soirée de fermeture grandiose, les mannequins Nadia et Rayane se sont vus remettre le prix du concours Elite Tunisie. Bravo à eux et à tous les futurs mannequins qui brilleront sur les scènes internationales grâce à ce beau partenaire.

 

crédit photo : Yassine HAKIMI