Fashion Police : Le défilé révolutionne de Demna Gvasalia pour son collectif Vetements

Exposé respectivement au Musée des Arts Décoratifs (MAD) et au Palais Galliera, 2018 est incontestablement l’année Martin Margiela. Mais une drôle d’exposition-défilé a vu le jour ce premier juillet : celle de Demna Gvasalia pour son collectif  Vetements. Focus sur un hommage aussi émouvant qu’innovant.

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L’héritage Margiela

Plusieurs jeunes designers se revendiquent aujourd’hui de l’école « Margiela » et pour cause. Martin Margiela fait partie des « six d’envers » qui ont apporté un nouvel éclat à la mode pendant la décennie 90. Toutefois, s’il y a un créateur de mode qui a intrigué, fasciné, dérouté, offusqué mais surtout impressionné les plus grands noms de la sphère Fashion, c’est bel et bien Martin Margiela. Demna Gvasalia, fortement impacté par le legs de son « maître », revisite, chaque saison, une voire deux leitmotivs de l’univers « margielesque ». Or, cette fois, on a eu droit à une récupération de tous les aspects de l’identité de Martin Margiela et ce, des plus emblématiques aux plus énigmatiques. Si le faux tatouage a ouvert le bal des hommages, cédant le pas à des pièces surdimensionnées –chemises blanches et hoodies- auxquelles Demna Gvasalia n’a pas hésité à injecter une bonne dose de streetswear, afin de les moderniser, les couleurs flashy, qu’on n’attribue pas tout de suite à Margiela, faisaient aussi partie de cette polarité voire ce match maître/élève.

VETEMENTS SPRING-SUMMER 2019

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Focus sur le tatouage

Jean-Paul Gaultier SS94

Mais la pièce qui a suscité le plus d’intérêt était une sorte de pull couleur chair sur lequel Demna Gvasalia a imprimé de faux tatouages. Cette pièce renvoie directement au premier défilé de Martin Margiela en 89, un défilé qui a su allier audace, happenings et immersion dans une mode qui se voudra expérimentale. Aujourd’hui, le tatouage est devenu l’un des piliers des défilés. Revalorisé par Jean-Paul Gaultier, l’enfant terrible et ex-punk de la mode française, de plus en plus de mannequins, intégralement tatoués défilent pendant les Fashion Weeks. Quant aux créateurs de mode, ils s’ingénient à mixer vrais et faux tatouages comme on mixerait pièces couture et fringues de seconde main, le tout avec subtilité et tact. Autrefois cloisonné dans une forme de « tribalisme » qui dénote les rites initiatiques, un rang social ou encore des leçons spirituelles (Lévi-Strauss), le tatouage a été in fine récupéré par la sous-culture punk comme une réinterprétation de l’esthétique corporelle avant de se retrouver à la tête des podiums. Largement démocratisé, le tatouage est devenu un marquage économique –il faut avoir assez d’argent pour pouvoir « re-décorer » son corps-, mais aussi genré. Les tatouages proéminents restent ainsi l’apanage de la gent masculine alors que les motifs plus discrets, limite « mignons » font le bonheur des femmes et des jeunes filles. Or, ce cliché est très souvent dépassé notamment dans la sphère mode. Des mannequins comme Freja Beha, Slick Wooks et Jazelle –alias UglyWorldWild- voient dans le tatouage une forme d’expression et de pouvoir sur un corps à la merci de la mode.

Amazing shoot with the one and only….. #tonyduran

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#SUPERMOON #ad

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I can fix that 😂

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Mannequins, designers ou « simples mortels », le tatouage du « bagnard » qui avait mauvaise réputation est devenu un accessoire de mode à la lisière de la « bobo » attitude. Terrible ? Non, so fashion et le collectif vetements l’a bien compris