Crush mode: Haar, une ode à la joie, mais pas que !

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La Femme de Hanen el Euch et Samya Ben Cheikh est aussi bien une Pénélope, « tisseuse » d’histoires, conteuse de son Odyssée mais aussi un Ulysse, qui fait l’Histoire et ne se contente plus de suivre une voie déjà tracée. Femme plurielle, masculine et féminine, sexy et combative, délicieusement paradoxale, il est impossible de l’enfermer dans un moule puisque son émancipation est toujours en acte. Le vêtement devient ainsi son armure, objet de prédilection pour mener à bien sa « révolte » (« intifadha), sous l’égide de Yasser Arafat, activiste universel et pacifiste, une icône pour cette femme « a-territorialisée ».

Une mode aux airs d’un « jeu de Lego »

 

Un Keffiah (marque de fabrique du leader palestinien) comme point de départ, déconstruit pour être réintégré par petites touches dans une pièce hybride, à mi-chemin entre la robe et le caftan ou une jupe perforée, « tape-à-l’œil, bref, ce vêtement parfois sur-chargé, sur-informé à dessein semble ainsi se rebeller. Deuxième page de cette Histoire ? Une razzia de tournesols (armée ennemie ou alliés de taille ?) s’empare d’une jupe fendue, noire. Des questionnements a priori déconcertants mais qui en disent long sur la visée du tandem: happer le spectateur pour l’inciter à réfléchir sur une pièce afin de le replonger dans les interstices d’une Histoire, truffée de « blancs ».

 

Le rouge, le noir et le blanc sont les leitmotivs de ces pièces

Paix, horreur, sang mais non sans une lueur d’espoir apportée par le doré, si révolte il y a, elle reste néanmoins édulcorée par une mode féminine, quasi joyeuse, tragi-comique pour un client,  « quêteur » malgré lui. On ne bouscule pas le consommateur mais on le guide vers une esquisse de vérité, en lui dévoilant des pistes sans le brusquer, une finesse féminine qu’on pourrait aujourd’hui qualifier de « denrée rare ».

On rit jaune mais on rit malgré tout. La vertu du rire « réflexif » est bel et bien là.

Quant aux volumes, ils sont hyperboliques, exagérément agrandis, presque « zoomés » pour une plongée, par exemple, dans cette « robe » d’une blancheur immaculée, un espace « vide », vierge,  à reconstruire comme après une « Révolution »

Le fin mot de l’histoire ?

On aime cette création « double », facile à porter, qui embellit la femme tout en l’incitant à repousser les frontières de son identité, à se dé-chaîner pour être libre et au final à se dé-corseter. Ce qu’on retient ? La Femme pour Hanen et Samya pense le vêtement, est sensitive et sensible aux couleurs, aux matières mais elle est aussi une consommatrice « sensée », qui ne se contente plus de s’habiller mais qui réfléchit sur ce qu’elle veut porter. Un pas vient d’être ainsi franchi dans l’espace créatif tunisien puisque cette idée devient le fer de lance de plusieurs de nos créateurs. Une initiative à creuser et à suivre de plus près.

 

Smiles at the launch of @haar_tunisia tonight at @musk_and_amber 💋💋💋 #alquds #fashion #designers #tunisia #tunis #creation

Une publication partagée par Fethia Sabrina Farhani (@vitalunaspirit) le