Défilé Moschino ou l’excentricité un peu trop prévisible de Jeremy Scott !

Après le minimalisme de Calvin Klein, nous voilà projetés au beau milieu de l’époque disco/ Drag Queen. En effet, Jeremy Scott ne semblait pas vouloir faire les choses à moitié. Au programme: slogans culottées pour un militantisme affirmé, couleurs criardes, bas résille…du kitsch donc au service d’un glamour revisité.

Jeremy Scott ou la tête chercheuse du cool.

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Qu’est-ce qu’on retient ?

Le florilège des bas résille à motifs XXL et souvent colorés. Un seul mot d’ordre: audace ! Bref, il ne faut surtout pas avoir froid aux yeux.

Autre détail provocateur, digne du dernier de la classe « fashion » (mais cette fois d’une manière réfléchie et consciente), la chute de Jésus suivie  d’une vierge Marie en plein délire psychédélique. Ironie du sort et dérision? L’iconoclasme en deviendrait évident ! Une pucelle imprimée sur un t-shirt à l’aspect vintage et qui se balade au beau milieu d’un « sex is cute » c’est assez surréaliste ! Toutes ces figures christiques -trumpiennes ?- déchoient donc et finissent par délaisser leur trône puisque le maître du show, c’est bien Jeremy Scott !

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Les figurines rigolotes de notre enfance…qui  sont en plein trip hippie. Défilé sous LDS ou encore de la provoc’ engagée et engageante ?

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L’invention d’un troisième sexe ? (comme pour dépoussièrer le groupe Indochine ?)

Les filles se métamorphosent en garçonnets avec des « blazers glitter », des pantalons larges et une allure de dandy. Exemple: le sex-appeal exhibé de Stella Maxwell, ce top à l’identité sexuelle multiple…

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Autre come-back, le garçon qui se sent à l’aise dans une jupe parce que oui: le défilé Moschino est anti-genre puisqu’il mêle le masculin au féminin.

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L’ambiguïté identitaire va donc de pair avec ce coolest sex: baby doll avec des cils XXL, une moue très Lolita des années 50 le tout décalé par la résille, les décolletés vertiginux, une démarche lascive et une chevleure le plus souvent teinte en rose fuschia alors, qui est la femme Moschino ? Une femme masculinisée mais toujours aussi sexy, libre, libérée qui se débat -incontestablement- avec une société à la rigidité morale effrayante, une société corsetée. D’ailleurs, Jeremy Scott a banni le corset de son défilé, l’accessoire phare de la Fashion Week Haute Couture…

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Pour finir en beauté: le cool est de retour alors n’ayez plus peur des t-shirts Mario Bross ni des I love Youtube et surtout, la résille a encore de beaux jours devant elle donc, n’hésitez plus à jouer avec l’accessoire le plus suggestif du dressing !

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Moralité de ce début de Fashion Week: faites d’un vêtement un allié de contestation. On s’habille pour être branchés certes, mais aussi (et bien souvent), le vêtement a précédé les soulèvements populaires bref, cette Fashion Week fait fonctionner nos méninges en façonnant l’habit de telle sorte qu’il soit aussi percutant qu’une balle.