Défilé crush du jour: My Lady My Narciso by Seyf Dean Laouiti

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Le défilé de Narciso by Seyf Dean Laouiti est un show. Mise en scène, musique très rave-cool-kid et des silhouettes « millenniallisées » qui font des va-et-vient dans deux époques différentes bref, c’était, littéralement, l’apothéose visuelle, l’éclosion d’un esprit aussi fantaisiste que lucide.

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Le joli pitre Emna Sellimi a ouvert ce bal du lycée, en arborant un sac à dos clinquant. Métallique, porté à la cool, peaufiné par des lunettes so nineties et une démarche d’ado rebelle, assisterions-nous à l’avènement d’une teenager army ? Le ton est d’emblée donné: ce spectacle est une cours de récré où Pink Floyd et Nirvana sèment une « happy » zizanie. Au fur et à mesure que les silhouettes se succédaient, au ralenti,  Narciso nous bombardait de tendances: des couleurs flashy, un jeu de superpositions contrôlé, des fleurs mais aussi des motifs plus régressifs, de l’Alessandro Michele dans une version plus flower, moins entomologiste. Un jardin édénique pour ados branchés, faisant l’apologie de la lenteur, une fracture temporelle dans une frénésie écrasante, enfin pas que..

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En effet, ce show est une pièce baroque où tous les styles se mêlent, où toutes les cultures se côtoient, où toutes les époques convergeraient vers un seul Oméga sans jamais dérailler. La richesse de ce jeune créateur ? C’est certainement ses identités multiples, des origines asiatico-occidentales avec une touche tunisienne dont il tire ingénieusement profit. Toujours fidèle à lui même, ce nouveau prodigue du vestiaire mixte prône une mode aussi bigarrée que stylisée, l’apogée de l’art, une fête de la mode. Une overdose de looks opulents que seul un parfait dealer du style maîtrise.

Joyeuse ? Cette collection l’est, viscéralement. La joie va crescendo, une sorte de « happy » shoot pour un good trip. Si certains créateurs ont revendiqué un flash-back du vestiaire, car la mode est répétitive -à des degrés près- et que c’est facile de fantasmer sur un « c’était mieux avant », cet héritier du style baroque/surréaliste mi-kunderien mi-moliéresque par son bonheur a plutôt opté pour des nineties branchées, remis sur le devant de la scène mais tout en restant ancrées dans notre époque. Le cool kid selon Seyf Dean ? c’est un ado qui peut être IN en deux coups de ciseaux puisqu’il pourra transformer une boule de billard en un accessoire chic, une pseudo minaudière ou la chaîne stéréo qui a jalonné ses années MTV en un sac bowling surprenant. Le monde de Narciso, c’est l’art de la débrouille, du fastoche stylisé. On naît et on est styliste du moment qu’on bouillonne d’idées, du moment qu’une joie, éprouvée, ressentie véritablement, piochée par-ci par-là coule dans nos veines. Une invit’ sincère, singulière et authentique à repenser la mode, à se la réapproprier pour se défaire des diktats ennuyeux d’un milieu qui se veut jovial.

Le coup de maître by Narciso ?

C’est un perfecto en tweed, inspiré de l’iconique tailleur Chanel mais déconstruit, saccagé, refaçonné à la manière de Seyf. Ce créateur frappadingue nous rappelle dans la foulée que la création est un dépassement de soi, un laisser-aller mais toujours épié, contrôlé. Seyf reste maître de ses créations, un ventriloque heureux qui célèbre une fashion attitude young, free and happy. Jeremy Scott et consorts passeraient presque inaperçus devant ce pionnier du fun, jusque dans l’onomastique. Une prodigalité insidieuse refleurit  pour un éveil total de tous nos sens. Le combat que mène ce pape du cool ?  Une mode libre, libérée, vivante bref, toujours en acte.