Ces femmes écrivaines à découvrir

Les livres ça change des vies, cela va sans dire, on n’y peut rien, plus on lit plus on devient accro, et plus notre esprit s’ouvre sur de nouveaux horizons et une nouvelle façon de penser. En accro de lecture qui se respecte, j’ai dévoré des tas de livres de tous les genres, sans exceptions, j’ai bien sur eu beaucoup de déceptions littéraires, mais en contrepartie énormément de coup de cœurs. Il y a quelques années, je me suis découvert une prédilection pour les auteures, qui arrivent à toucher juste, dans leur genre. Des auteures à la plume acerbe et fine en même temps, des auteures qui malheureusement des fois sont un peu oubliées à cause d’une certaine prédominance male. Entre les titanes de l’écriture féministe, les nouvelles venues, les classiques et les immortelles, c’est certaines de ces écrivaines qui m’ont personnellement touchées que je vais parler dans cet article (je vous le dis, mon avis est un peu subjectif, je ne suis pas capable de me détacher émotionnellement des livres que je lis)

Joumana Haddad :

joumana haddad

Libanaise, activiste, féministe à la plume acérée,  rédactrice en chef du magazine Jassad (une revue culturelle basée à Beyrouth, spécialisée dans les arts, littératures et sciences du corps). Joumana lutte contre ce que la culture et la religion impose aux femmes, se définissant comme « femme arabe écrivaine en colère », Joumana ne mâche pas ses mots quand elle parle de la condition de la femme dans le monde arabe. Ses livres comme « Superman est Arabe » « J’ai tué Shéhérazade. Confessions d’une femme arabe en colère » ou aussi « Le Troisième Sexe » sont des manifestes féministes, une critique sans langue de bois de la société patriarcale orientaliste.

Virginie Despentes : virginie-despentes

Virginie Despentes, écrivaine française, punk féministe dans la veine des Riot Grrrls, lesbienne, était dans l’industrie du porno, prostituée et camée un certain temps, victime d’un viol…vue sous cet angle Virginie fait peur, mais c’est aussi ce qui fait sa force. C’est une écrivaine qui dérange, parle de sujets qui gênent, menace les bonnes mœurs, clame haut et fort sa haine envers les hommes. Mais ses livres sont juste phénoménaux, un trip énorme. Des livres comme « Baise-moi », « Bye Bye Blondie » (tous deux adaptés en films, réalisés par elle) « Les chiennes savantes », « King Kong Théorie » qui est un manifeste féministe qui résume un peu sa philosophie sans pour autant être ennuyeux, et tout dernièrement la trilogie « Vernon Subutex » ou pour la première fois, elle a un protagoniste male ! Les héroïnes de Virginie Despentes sont courageuses, fortes, violentes, très violentes même, elle prône l’extrême féminisme ou une femme ne devrait avoir peur de rien et de personne, même à ses risques et périls.

 

Sylvia Plath :

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Sylvia Plath, écrivaine et poétesse américaine, sainte des lycéennes et des filles perdues, elle a parlé de la dépression et des troubles mentaux comme personne ne l’a fait avant elle. Sylvia a mis fin à ses jours malgré le fait qu’elle vivait la vie de « rêve », écrivaine à succès, mari et enfants, belle maison, le summum du succès de l’Amérique des années 50. Et c’est ça qui est fascinant, en la lisant on comprend mieux l’impact insidieux qu’on les troubles mentaux sur la vie. Son premier livre, qui lui a valu sa renommée « La cloche de détresse » (The Belljar en V.O) est en partie autobiographique et est un témoignage sur la vie parfaite d’une parfaite jeune fille à qui tout sourit, mais qui finit par tenter de se suicider, comme Sylvia. Ses poèmes pleins de sensibilité, sont un essentiel à lire, et traversent les âges et les cultures.

Elif Shafak :

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Je pense qu’on n’a plus besoin de présenter Elif Shafak, la reine des best sellers, chacun de ses livres est un voyage multiculturel. Elle explore des sujets tels que l’immigration, l’honneur, les contraintes posées par la vie dans un pays musulman, les limites culturelles qu’on rencontre et qu’on s’impose à soi (La Batarde d’Istanbul, Crime d’Honneur). Elle a aussi écrit « Lait Noir » ou elle parle de la dépression qu’elle a vécu suite à la naissance de sa fille, le fameux « Soufi Mon Amour », une épopée historique qui a fait découvrir le Soufisme et Jalal Eddine Rumi à des millions de lecteurs, ou encore « Bonbon Palace », ou elle nous guide dans un ‘immeuble de cinglés’ en plein cœur d’Istanbul, ainsi le petit dernier « L’Architecte du Sultan », un autre best sellers qui nous emmène dans la Turquie du sultan Suleiman et de sa cour. Une écrivaine dont les sujets sont très diversifiés, mais qui arrive à rester cohérente et ne pas se perdre.