Crash musical très spécial : Zoom sur le duo Etéreo

Absorbés par leurs platines, Khalil Lakhdar et Fares Bellagha connus sous le nom de Etéreo nous ont ouvert les portes de leur univers le temps d’une session musicale, une sorte de « before » à la Cité de la Culture, avant le Fairground Festival. Leur musique mêle subtilement inspirations maori, sahariennes, slave et africaine sur une toile de fond électro. S’il peut sembler assez hétéroclite, ce brassage reste néanmoins justement dosé et aboutit à une transe douce, idéale pour les adeptes de sets relaxants et « clean », comme aime le dire le tandem. Adeptes de la musique des Daft Punk, une musique « atemporelle » et « très personnelle », le duo greffe le son d’une guitare électrique, adoucit par les riffs d’une guitare acoustique, à leur squelette « musical » de base. 

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La scène électro en Tunisie

Eteréo reste unanime quant à la diffusion de la culture électro en Tunisie. Ayant un public assez large, cette culture –qui rappelons-le a commencé à se démocratiser après la Révolution de 2011- jouit d’une visibilité nationale voire aujourd’hui et grâce à des festivals tels que le Fairground, Fabrika ou Ephémère, internationale. Mais, le jeune duo a aussi tenu à souligner que « la scène électro plus underground, qui mixe plusieurs genres, peine à sortir de l’ombre. » Eclipsée par les grands noms de la musique électronique, des artistes plus « en marge » de ce qui se fait dans cette scène, car ayant une vision plus personnelle de l’art et a fortiori de la musique qu’ils veulent proposer, peinent à se produire hors les festivals précédemment cités. « Nous, on fait une musique qui nous plaît, on le fait par passion et surtout, ce n’est pas notre unique source de revenus » le rappelle le duo. La musique, pour Etéreo, est un art qui dépasse le cadre très restreint de la demande pour aboutir à quelque chose de nouveau et de novateur. Cette prouesse ne peut justement se faire qu’en faisant passer l’artistique sur le mercantile. Conscients des écueils logistiques et informationnels en Tunisie –la culture électronique ne s’est pas « démocratisée » dans un sens académique comme la culture punk en France, à laquelle on dédie des conférences, des tables rondes voire un parcours universitaire- c’est seulement depuis quelques mois que « les Dj’s ont pu avoir une carte professionnelle » qui légitime leur statut « mixer hors les murs d’un club local » le rappelle, non sans amertume, Fares.

Les deux jeunes hommes sont conscients du travail qui a été fourni par « le ministère de la culture, les médias et un endroit aussi prestigieux que La Cité de la Culture » pour ennoblir la culture électronique mais ils savent aussi que le chemin est encore long pour prôner une musique électronique trippante et « clean ».

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Apprendre sur le tas

Passer de « outsiders » ou de « fan absolu » de musique électronique à musicien confirmé sous-entend que la musique électronique n’est pas l’apanage d’une élite musicale. « Comme on le dit souvent, il faut aimer ce qu’on fait » et « on est en parfaite alchimie, on a réussi à trouver nos marques du coup, notre musique et fluide et on fusionne sur scène pour ne faire plus qu’un » dixit le duo . En effet, faire cohabiter deux univers, aussi proches soient-ils, afin de converger vers une même musique, a déjà porté préjudice à plusieurs groupes. Mais chez Etéreo on a toujours l’impression d’avoir un couple qui fonctionne comme une seule entité, d’où la réussite de leur tandem. Pragmatique, Fares tient à préciser que Etéreo «a essayé plusieurs combos avant d’arriver au résultat escompté et on a pu  réussir qu’à force d’acharnement et de passion ». Etéreo serait la « plus grande fierté » de deux cousins aussi cool que talentueux.

Cooking something very special for Aventura Gathering. 16 March @ Le Carpe Diem – Tunis

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« On a hâte de vous retrouver les 13 et 14 juillet au Fairground festival et le 15 à l’after, Mystic ! » voilà, vous savez ce qui vous reste à faire !