Fairground Festival, le check point final

La période des festivals est une période hédoniste, une sorte de slow motion dans le quotidien morne –des jeunes- . Cet été, le bal des « orgies » musicales a été inauguré par le Fairground Festival à l’ECOVILLAGE à Sousse. Retour sur deux jours de pure folie.

Alors on danse ?

Sur les sets de SHAMANN, le maître incontesté des platines made in Tunisia, celui qui slalome avec grâce entre les New Order et ses propres compos. La communauté de ce « gourou » cool a répondu présente à la musique et à toute cette « good vibe » qui a bercé le Fairgroung Fest. Mais au-delà des incontournables de la scène électro, le Fairground donne aussi –voire surtout- la chance à des Dj-ette-s indépendant-e-s de nous éclabousser de leur talent. Etéreo, Kemist ou encore Oz, la scène électro made in Tunisia a prouvé son éclectisme tout en déconstruisant les mythes autour du genre.

S’est joint à cette cohorte qui ne jure que par le « perfect » trip, Black Coffee, l’une figures de proue de l’électro all over the world.  La prestation de cet orientaliste –qui parsème ses sets de touches un peu plus occidentales- est messianique. Black Coffee s’érige à chaque prestation au rang du Messie, réinterprétant la Cène christique, d’une manière plus cool évidemment, afin que ses « apôtres » s’imprègnent pleinement de son univers. Extase, transe et délires psychédélico-joyeux, si le son était la star du Fairground, le visuel a aussi joué un rôle majeur pour que nos « raveurs » soit pleinement conquis.

12GRAMZ ou quand le visuel sert le son

Projections grandeur nature, lumières stroboscopiques et du pur son100% électro, 100 % trippant, 12GRAMZ, ce collectif franco-tunisio-berlinois a enflammé nos pupilles –un peu trop dilatées- en accompagnant les Djs de jeux visuels, exacerbant notre rave « attitude ». Le collectif n’est pourtant pas à son premier coup d’essai. En effet, 12GRAMZ a « teasé » sa prestation quelques jours avant le jour-J, à la Cité de la Culture, lors d’un mini-festival qui à défaut de nous faire pénétrer dans le monde de la rave, nous a régalés avec un argumentaire « lumineux » pour qu’on ne rate pas cette troisième édition du Fairground.

Des sourires façon Smiley, voici notre cher public


Déguisements, fringues fluorescentes et oversize, gueule de bois et trip –assez bad après tout ce qu’on a pu ingurgiter, bienvenue dans les afters !-, le public du Fairground a fait, via son engouement pour la musique électro, du Fairground Fest une « Secret Party » gargantuesque. Danse désarticulée ou aspect un peu plus maîtrisé, l’amour de la fête nous a déconnectés de la « real life » sans avoir à passer par les réseaux sociaux –alléluia-. Transcendance, communion avec l’autre et belles rencontres autour d’un verre dans le coin « chill »  ou en déambulant dans le mini-souk des créateurs locaux, le public était claqué avec toute cette musique qui a coulé, à bon escient, dans ses veines.

Dance . Music & Art Show 🎠🎡🔉 #frgrnd #music #festival #dance #techno #sumervibes

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Lights . Music & Art Show 🎠🎡🔉 #frgrnd #festival #music #gun #show #techno #summercolors

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Vita Luna Spirit, bloggeuse férue d’underground aux abonnés fifous, n’a d’ailleurs pas tari d’éloges quant à cette troisième édition du Fairground Fest. Soulignant une « organisation au top » et une « line-up dont on ne rêvait pas ! », la crazy girl de l’instasphère a aussi permis, à travers sa chaînes IGTV, aux plus infortunés de ses « followers » de suivre son odyssée festive au « Festival » de l’été. Fidèle à son authenticité et à son franc-parler, Vita Luna n’a pas omis de mentionner quelques petits bémols quant au « final » du Fest. Ainsi, on a pu noter que « la prestation de Nastia nous a laissés sur notre faim » et ce, à cause d’un problème au niveau de la logistique ainsi qu’un conseil qui en dit long sur les paroles suggestives, gestes déplacés ou comportements parfois gênants auxquels font face certaines filles. C’est bien connu : les festivals, bien que la musique y soit un leitmotiv, affichent quelques débordements. Vita Luna a insisté sur le fait qu’il fallait être « en groupe » pour contrer certaines « attitudes » qui sont aux antipodes de la philosophie « peace » du Fairground tout en faisant un point d’honneur à toute l’équipe du festival. Premiers secours fournis par une équipe spécialisée –en cas d’éventuels dérapages-, vigils toute ouïe et public assez conscients, tous les bons ingrédients étaient là pour que cette troisième édition du Fairground soit une réussite.