Fashion Week : Chanel ou le clou du spectacle

« …une zone bleue et fluide sans savoir si elle appartenait à la mer ou au ciel » voici ce qu’a écrit Marcel Proust dans A l’Ombre des jeunes filles en fleurs. Chez Chanel, on a presque eu cette même impression. Des silhouettes très sixties traversaient ainsi un décor aqueux, pour un effet d’écho entre le PVC, matière de prédilection de ce défilé et la reproduction des cascades de Verdon.

Watch the water falling, falling … at Chanel

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Retour sur Terre ?

The set for the #CHANELSpringSummer show 2018 at the Grand Palais. #PFW

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Après la fusée et la Dame de Fer, c’est autour de la nature de réapparaître. Ceci n’est pas vraiment une première puisqu’il y a quelques années, Karl Lagerfeld a choisi un décor bucolique pour l’une de ses collections Haute Couture (2013). Or, cette année, c’est la collection Prêt-à-Porter qui est saisissante par sa scénographie. Pas de musique tapageuse ni de fioritures décoratives pour ce défilé, Karl Lagerfeld, serein et zen, a plutôt misé sur la splendeur de la Planète Bleue. La transparence de l’eau (eau des Chutes) a appuyé la présence de matière plastifiées, en PVC, tout en cassant l’esprit « trop virginal » de la nature. On a découvert, de ce fait, un florilège d’inspiration : sixties certes avec le PVC mais aussi 70’s avec des pantalons larges et fluides sans oublier la toile de fond et griffe de la maison, le tweed.

Parlons mode

 

Aquatic tones from the #CHANELSpringSummer 2018 collection seen on @arizona_muse and @taylor_hill in the backstage.

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A few minutes before the show begins @kaiagerber #CHANELSpringSummer #PFW

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Chanel SS’18 feat. HoYeon Jung, Luna Bijl, Camille Hurel and Lexi Boling ph. Hunter Abrams

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Glassy, classy accessories in Chanel studio

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Chanel

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Le tweed s’est justement décliné à l’envi : tailleur « classique », ensembles plus contemporains, assemblage audacieux du tweed et du denim, bref tout était mis en œuvre pour suspendre le temps. Mode atemporelle, défilée qui déjoue les codes du temps et silhouettes diachroniques, nul besoin de prouver que chez Chanel on sait innover sans altérer l’esprit de la maison. Autre nouveauté, les minaudières « bling-bling » mais pas trop, floquées d’un double C. Notre petit doigt nous dit que cette année, tout ce qui sera « It » aura pour nom Chanel.

La star du show

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Kaia Gerber en crop top, minijupe et veste en tweed pour Chanel

N’est autre que Kaia Gerber. La progéniture des Crawford/Gerber est bel et bien entrée dans la Cour des Grands. De Marc Jacobs an passant par Moschino et Yves Saint Laurent avant d’atterrir chez Chanel, la jolie brune à la silhouette gracile a donné le la à cette collection. Excessivement fardées, Kaia et ses consœurs contrastaient avec le décor « naturel » du défilé. Une végétation transplantée à Paris, des modèles sur-maquillées, la meilleure incarnation du féminin c’est certainement ce jeu entre être et paraître, divinement suggéré par le Kaiser de la mode.