Débrief mode : Le meilleur de la fashion week londonienne menswear

La Fashion Week est de retour et c’est à Londres qu’elle a posé ses malles. Au menu : des prouesses artistiques, un pied de nez magnifiquement exécuté contre l’hyper-consommation et un bras de fer entre nos attentes conventionnelles et les envies hautement créatives des designers. Zoom sur une mode made in UK très trash !

Kikoo Kiko Kostadinov

Avec ses messieurs à la chevelure peroxydée et aux faux airs de ravers soignés, le jeune créateur bulgare n’a pas failli à sa réputation. L’épuration était de mise et le minimalisme se faisait sentir jusqu’à nous déstabiliser. Le monsieur du futur sera indifférent à la mode, blasé à l’extrême et très cold-waviste. Il semblerait que le fantôme de Ian Curtis ne soit pas très loin…

CAMPER x KIKO @camperlab @camper

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00052018 Obscured by Clouds

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Mannequins sous LSD chez Graig Green

Et apparitions de l’au-delà. Le fétichiste de Bret Easton Ellis semblait nous prendre au collet avec des pièces défiant tout sens de l’architecture. Ses mannequins oscillaient en effet entre spectres et pilules hallucinogènes, comme pour signifier qu’on est TOUS sous opioïdes –voire si plus affinités-. Les couleurs dominantes étaient kitsch car poussées à l’extrême : bleu trop bleu ou vert herbacé très années 80. Chez ces « nantis » la mode est de l’Art Pur.

The Shape of Fashion – @shapeoffashion #craiggreen

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Autumn Winter 18 – @thelovemagazine – photograph by @asiawerbel – #craiggreen

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Bobby Abley et ses Looney Toons

Le jeune homme a certes dépassé l’âge de s’extasier sur Tex Avery mais son univers n’en demeure pas moins imprégné de culture « cartoonesque ». Souvent tournés en dérisions, les héros de nos années Télétoon se sont emparés du vestiaire masculin, créant ainsi un décalage entre des bonhommes musclés, très viril, leur univers enfantin et leur mièvrerie. Rire sardonique, virilité mise en doute et trentaine contestée pour ces jeunes hommes pour qui l’âge de raison n’a plus de sens. Et justement, qu’est-ce que le sensé dans un monde qui part en vrille ?

bunnies backstage for @thelovemagazine by @asiawerbel

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@flowww always

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what’s up doc

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Loverboy et sa culture queer

Pour Charles Jeffrey alias Loverboy, la masculinité fait vieille école. Chez lui justement, le vestiaire féminin s’amourache de son homologue masculin pour aboutir à une mode queer bien plus exacerbée que ce qu’on pourrait penser. Nos pupilles se dilatent devant un chapeau en « béton » XXL avant que ce dernier ne s’imprime ad vitam aeternam sur notre rétine. Si Charles prône l’homosexualité dans un monde hétérosexuel et ce, bon gré mal gré, il ne cache pas son envie de taquiner l’Angleterre puritaine. Ses « folles » sont outrageusement maquillées, déambulent avec ironie et se moquent des « qu’en dira-t-on ». Bref, Charles s’empare des codes hétéro et queer pour aller contre « l’art straight » et on adore ça !

Cagoules space et chapeau cow-boy chez Astrid Andersen

Là aussi, la créatrice danoise s’est emparée d’une virilité exacerbée, très « états-unienne » pour mieux la parodier. Loin d’être filiformes, les mannequins d’Astrid ressemblent à des hardeurs super-performants. Musclées et loin de faire « femmelettes », ils étaient pourtant vêtus de paillettes et de couleur or, de quoi nous déconcerter. On est aussi au cœur d’un questionnement sur la virilité pour aboutir à une redéfinition du « masculin ».

More AW18 premiering air max 270 with @nike #oldselfridgeshotel @alandwestphoto

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Audacieuse et prometteuse, la Fashion Week londonienne a conservé son aura avant-gardiste et on ne s’en lasse pas. Autre « classique » : la philosophie de l’Art surplombe la dictature du fric. On sait désormais qu’est-ce qui est réellement chic.