Fashion Week Londres : Tout ce qu’il faut retenir

fw Londres

Après New-York, une vague des tendances a déferlé à Londres. Au programme : des touristes milanais poids lourds, des touristes new « generation » amoureux du flower power et des peoples sur tous les fronts bref, bienvenue dans le monde de la mode made in UK.

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The iconic Kate Moss makes an appearance during #LFW. Tap the link in our bio to keep up with the best street style from the shows in London. Photographed by @mrstreetpeeper.

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La sagesse d’Armani versus la transgression de Versus Versace

Mr. Armani welcomed special guests such as @oliviapalermo @liampayne and @naomigscott to #EALiveInLondon. #armanistars More on armani.com

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La femme Armani est une petite fille, une pink lady qui construit encore des châteaux de sable. Elle arbore fièrement des t-shirts floqués de mignonneries marines : crabes et coquillages côtoyaient des couleurs acidulées. Vêtements-bonbons, les corps étaient des bonbonnières (plutôt filiformes) étoffés par des coupes fluides, de la tulle et parsemés de paillettes. Love, voici le leitmotiv de Monsieur Emporio Armani qui a posé ses malles à Londres après onze ans d’absence. Londres, la ville « cosmopolite » a vibré au rythme de l’amour hippie et de la douceur avant l’arrivée de la sulfureuse Versus Versace, petite sœur de Versace.

Knitwear is sleek, with graphic panels in sportswear. #VersusSS18 #VersusVersace #LFW _ Photo by @kevintachman

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Le mastodonte du sexy, c’est bien elle : Donatella Versace. Connue pour ses robes extrêmement fendues, aux décolletés vertigineux, sa collection Versus, co-réalisée par Zayn Malik, n’a pas échappé à la règle du sexy. Bikinis et tailleurs, casquettes vissées sur les crânes, du noir et du rouge dans un esprit vaguement SM additionnés au logo Versus, on avait une razzia de tendances faite sur mesure pour une génération rebelle. Parlons justement du logo Versace. Ce dernier a été sur-interprété : on l’a vu sur les sacs, les chokers, les mono-boucles, les chaussettes bref, partout à l’instar du défilé de la dernière saison. La mode a besoin de repères, que voulez-vous ? Post-modernisme oblige, on se réapproprie ce qui a appartenu aux « autres », on le refaçonne et on l’expose sur la toile. Un exemple ? La résille. Erigée en totem fashion l’année dernière, elle s’est emparée des robes (chez Calvin Klein) et des hauts chez Versus Versace. Des yeux charbonneux, des accessoires en mode stacking (les piercings d’oreille reviennent en force), le mannequin et activiste Adwoa Aboah incarnait LA Versus Girl. On est tenté de dire que cette collection et le yang de celle d’Armani…

Runway Flashbacks – #VersusSS18 #LFW #VersusVersace

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The countdown begins – Watch the #VersusSS18 fashion show live on Instagram. Tomorrow 17.09.17 2pm GMT+1 #VersusLive #LFW

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Faire du mainstream en partant de l’underground

C’est le cas de Bora Aksu, Mary Katrantzou et JW Anderson, le trio de tête de l’avant-garde mode londonienne. Chez le premier, on a eu droit au retour des kickers. Ces chaussures de nos années « cours de récré » semblaient avoir grandi avec nous, tout en gardant une aura juvénile. Nubile, la femme Bora Aksu l’était par excellence. Grâce à ses robes swinging london, son col lavallière, ses socquettes et ses robes de bal modernisées, on a assisté à l’éclosion de la femme Aksu au beau milieu d’un défilé de Polly Pocket. De petite fille, la lady Aksu s’est muée en femme avant de rafler la couronne de la reine d’Angleterre. Alors qui commande, Elisabeth II ou la Lady Aksu ? En tout cas, c’est la mode qui a gouverné sur tout Buckingham cette semaine !

Cloud shades in SS18

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Chez Mary Katrantzou, on a vu plus de couleurs, plus de flamboyance pour une mode aussi exquise, féminine que baroque. Connue pour ses goûts extravagants, Mary a toujours eu comme philosophie « J’aime piocher dans l’art et le design des éléments qui semblent impossibles à porter pour en faire des robes flattant le corps féminin. » La femme Katrantzou est une femme-enfant, joueuse, espiègle et aventureuse. Ces aspects de sa personnalité se sont ainsi catapultés dans ses créations. Farces et attrapes, trompe-l’œil, jeu sur les volumes, tailles marquées et ambiance Rococo, bienvenue chez la marraine des Cendrillon modernes. Bref, la mode Katrantzou est à notre image : délicieusement féminine, subtilement enfantine et gourmande, sans l’ombre d’un doute.

#theyouthoftheyear #marykatrantzou #lfw #ss18 Photo @voguemagazine @sonnyphotos

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JW Anderson a aussi fait du féminin, mais à sa manière. Crop top, tailles « ficelées » et vêtements futuristes, voilà pour la petite histoire. Le show de ce mordu de normcore est une accumulation d’images, une sorte de patchwork très esthétique, stylisé où tout le monde s’amuse. La preuve ? Pas de chaussures à talons mais des baskets façon converses revisitées, pas de combinaisons contraignantes mais des ensembles assortis, conçus comme des vases. Les silhouettes étaient une mimésis de la femme amphore, les couleurs souvent ternes, jamais trop criardes mais parfois métalliques, on flairait l’art, on sentait les prémices du vêtement Révélation mais on ne tombait jamais dans l’importable. Tout était « sous contrôle », tout était synchronisé, c’était presque parfait, à un détail près : l’effet de surprise.

TopShop City


La reine du show était bien sûr Lily Grace, la fille de Kate Moss. Comme sa consœur Kaia mannequin-vedette de la Fashion Week new-yorkaise, elle était la starlette des podiums de Londres. Accueillie à bras ouverts par TopShop, elle a foulé le catwalk comme sa maman. Une mini-Kate Moss, un peu timide, un peu gauche. A quand la rébellion ?


Niveau mode, TopShop a misé sur le vinyle, sa matière phare. Sous pulls zippés, en satin, boas bleutés et manteaux à imprimé léopard, la fille TopShop aime clubber. Normal, elle est à Londres, la pépinière des « Party Girls ». Avec TopShop, on est parti à la conquête des nuits londoniennes, non sans une pointe de provoc’. La résille était au rendez-vous, les boots fusionnaient avec une esthétique bling-bling bref, on avait atterri à Camden Town le temps d’un show TopShop. Le verdict ? C’était presque aussi fou que l’original.

Burberry Et Tommy Hilfiger


Chez Burberry, l’imprimé check a fait son Revival. Il s’est emparé des pièces fortes de notre vestiaire (coupe-vent, pantalons, hauts) avant de s’attaquer aux accessoires. Gros sacs façon shopping bag, casquettes ou écharpe, aucune pièce n’a été épargnée. Mais la véritable prouesse stylistique de Christopher Bailey, le DA de la maison, c’était le mix des matières et des imprimés (des matières qui matchaient in fine très bien ensemble) avec la fourrure et le tartan/check, le tartan ET le check ou encore, l’idylle du k-way transparent et du check ! Les associations déroutaient –parfois- tout en créant un véritable effet de surprise. On craque et on ose mixer les imprimés.

#TartanMeetCheck backstage at the September 2017 #BurberryShow, photographed by @MarksRosie #LFW

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#PreciousPracticalities. The #Burberry September 2017 collection. Shot by @MarksRosie . #BurberryShow #LFW

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Du côté du sexagénaire américain, Tommy Hilfiger, on a assisté à sa deuxième collaboration avec Gigi Hadid.


Au menu ? Des pièces rock’n’roll (qui, avouons-le, étaient « clichés », avec toute la transposition du vestiaire d’une rockstar (On ressentait la présence d’un Kurt Cobain et la bienveillance d’un Mick Jagger tout au long du show). Du tartan, des mini-shorts, des logos rock’n’roll repris, mâchés et (re)crachés pour devenir Tommy ou Gigi ou encore des sock boots, voilà le rockeur selon Tommy Hilfiger : un disciple de l’original. Pour Gigi, c’est certainement une pâle copie. En témoigne une musique hiphop quasi inappropriée au thème du défilé. Toutefois, et pour rattraper cet « acte manqué », le « petit génie » des stylistes américains a misé sur une scénographie démente. Lieu : la somptueuse RoundHouse de Londres. Bien sûr, et pour poursuivre dans ce jeu des « clichés », Tommy a fait défiler la fratrie Hadid, allant jusqu’à la sacrer « La nouvelle famille royale », royalties et mode pour un show mi-figue, mi-raisin. En gros, c’était « conventionnel » avec des pièces qui se sont certainement vendues comme des petits pains. Instant tragique pour une industrie qui a sombré dans le « See Now, Buy Now ».

Sultry and sexy. @sarasampaio and @haileybaldwin at #TOMMYNOW #LFW 👯❤️

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Ready…set…runway. The man of the moment with the most electric line-up yet. #TOMMYNOW is amped up and ready to go! ⚡️⚡️ #LFW

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Hadid domination. @anwarhadid @gigihadid @bellahadid take the runway by storm ⚡️⚡️ #TOMMYNOW #LFW

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Qu’est-ce qu’on retient après ce long soliloque, tanguant entre enthousiasme et amertume ? Ne jetez rien voire recycler vos vieilles ringardises du lycée, elles sont In.

Après Londres Direction Milan, pour une Fashion Week qui, on l’espère, foulera au pied les tendances pour nous offrir des shows, au vrai sens du terme.