Fashion Week Tunis: Une journée 100% prêt-à-porter:

Après une conférence qui nous a mis l’eau à la bouche (c’est le moins qu’on puisse dire) avec un slogan ambitieux : « créativité et savoir-faire tunisien », le coup d’envoi de cette neuvième édition de la FW tunisienne a été donné avec un premier jour 100% prêt à porter

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HA: un défilé mixte pour un concentré de IN.

 

L’amphithéâtre de Carthage a été le fleuron de branchittude. Après une vidéo-hommage au regretté Hamadi Abid, les premiers mannequins ont fait une apparition détonante. Des silhouettes masculines à l’allure sartoriale ont ouvert ce bal des tendances.Le célèbre costume très yuppie, très Christian Bale dans American Psycho a eu droit à une touche fun chez HA via un accessoire improbable. C’est en effet chaussé de lunettes rose, jaune, bleu ciel bref, ce qu’il y a de plus fun qu’apparaît ce néo-yuppie. Le sérieux a côtoyé le cool en fissurant l’image du cadre sup’ crispé.

Le cool a aussi été arboré mais frontalement cette fois, à coups de t-shirts à messages. Le petit plus ? Nos vieux adages « tunisois » ont été remodelés au goût du jour et ce, pour notre plus grand plaisir. Cette pièce phare de notre dressing s’est imprégnée d’une Tunisie très street. Langage de jeune et  graffitis dialectaux bref, on ne savait pas qu’un simple t-shirt pouvait devenir le fief d’une pop culture made in Tunisia !

HA nous a aussi montré comment porter le short: cet été, coolittude rime avec écussons à profusion. On se lâche cette saison en briguant un « sea, fun & sun » avec une touche patriotique. Bref, un méli-mélo ingénieusement mené même si à force de voir un catalogue « animé » des tendances, on ne savait plus vraiment où donner de la tête !

La sensualité de la Femme Sasio:

Deuxième défilé et une ambiance un peu plus sensuelle, plus sélective et moins exhaustive avec une ligne éminemment féminine. Des pièces vaporeuses ont enveloppé les silhouettes longilignes des mannequins, épousant leurs courbes pour mieux les sublimer. Robes courtes en denim revigorées par des compensés ou florales avec des sandales plates, chaque femme aurait pu s’identifier à ces sylphides contemporaines.

Le décalage parfait: nouée, la petite chemise blanche a été modernisée. Idem pour les fleurs qui ont été twistées via des t-shirts pour un côté anti-mémère. Taille marquée et sacs à chaînettes sont venus parfaire des silhouettes sexy, désirables et toujours aussi modernes. Un coup de génie signé Sasio et une ode à la femme tunisienne libre de son corps.

L’homme Blue Island: un grand adolescent qui s’assume :

Défilé Blue Island

 

Les premiers mannequins Blue Island, affluant avec des costumes ultra-modernes, à la coupe impeccables, ont très vite cédé la place à des « millennials », comme si on était dans un défilé de souvenirs. L’homme Blue Island fait donc des va-t-vient dans sa mémoire, plongeant sans retenue dans son for intérieur pour en extirper un album de jeunesse. Ce défilé a pris des allures d’un album photos avec des t-shirts à messages, des sacs à dos de lycéens et des couleurs chatoyantes, pleines de gaieté. La joie d’autrefois serait-elle révolue ? Ça serait plutôt une nostalgie douce qui  embaumerait des adolescents moulés dans des corps d’adultes. Un voyage mémoriel exquis.

Défilé Blue Island
On a aussi succombé à la douceur faussement mutine de Sweater Weather des Neighbourhood, une oscillation musicale entre notes frénétiques et calme retrouvé pour un défilé Alchimique.

Zen ou l’esprit de famille:

© Pinterest
© Pinterest

Zen a fait la part belle aux rayures. Horizontales, verticales, version combi-short ou simple t-shirt dans un esprit « marinière revisitée », la longitude était au rendez-vous. Bien sûr, la marque s’est réappropriée toutes les tendances du moment: baskets compensées, pantalon large contrecarré par un haut moins « oversized », petites robes légères pour un été d’insouciance et de farniente, la collection zen a fait simple en mettant tous les « ménages » d’accord. Zen a « recomposé » des familles le temps d’un défilé en mettant côte à côte des enfants et des modèles « officiels ». Un hymne à la simplicité et une redécouverte de « family » portrait. Sapés comme papa/maman, voici ce qu’on va entendre dans les cours de récré !

Habillés pour l’été avec Joy’s !

 

Des maillots de bains une pièce ou un joli bikini peaufiné avec une longue tunique, avec Joy’s, vous aurez l’embarras du choix ! Les couleurs étaient très estivales, flashy, pour un été coloré. Quoi de mieux pour bronzer sur un transat en sirotant un mojito glacé ? Or, Joys s’est aussi targué de nous habiller pour nos après-midi promenades (comprendre post-bronzette) via des pièces plus « ville ». Crop top, petite robe ou combi-short, vous aurez toujours une pièce dans le vent pour arpenter les ruelles de votre summer destination. Le soir, on troque sa petite robe toute simple pour une combinaison « femme fatale » plus élaborée, en rouge (c’est la couleur sexy par excellence!) ou en noir, dentelée et ceinturée pour un maximum de désirabilité. Votre jules, lui, gardera son bermuda et son polo à moins qu’il ne veuille se glisser dans un costume pour valser avec sa dulcinée jusqu’aux aurores…

Blue Twins: smells like teen spirit ?

Défilé Blue Twins

Défilé Blue Twins

On aurait pu se croire dans un spin-off de Dawson comme on aurait pu très bien se projeter au far west grâce à Blue Twins. Ce défilé a mis à l’honneur le foulard, en le déclinant de mille et une façons: noué, dénoué, version motard casse-cou ou auréolant une coupe « afro », le foulard n’a pas fini par nous lasser. Cet accessoire, promu au rang de it-access, ferait ainsi bien le bonheur des cool kids que de la génération qui les a précédés. Un teenager dream qui met à l’honneur un dress code aussi « casual » que supra-branché. Le déclic: bye-bye jean skinny hyper moulant, aujourd’hui, on prône le boyfriend en le saccageant à l’extrême. Cool kid rebelle mais jamais trash, voici la génération Z selon Blue Twins.

Bacosport: entre mythe et réalité:

Bacosport est sans conteste notre crush du jour. La collection qui a clos cette première journée de la Fashion Week a décliné Maryoul Fadhila à l’envi. Un legs devenu une it-pièce en seulement quelques saisons. Le plus ? La tunisianité de Fadhila était en parfaite symbiose avec la modernité du bikini, d’un crop top voire d’un t-shirt masculin très moulant. Couleurs rutilantes, formes plantureuses et une culture revalorisée avec des coupes contemporaines, voici le tunisian trendy. La Elyssa version 2017 a trouvé son pendant dans une jellabba col « bardot », une superposition « iconique » qui a permis à cet habit de retrouver ses lettres de noblesse. Du sexy, du moderne et une profusion de tendances sur lesquels s’est greffée une touche tunisienne, on tient la définition de la « nouvelle » Fadhila. Ajoutons à cela du cosmopolitisme… On serait même tentée de dire que l’habit est devenu un tour du monde à lui seul voire une exploration poétique dans les interstices de l’Histoire. Une ode à la Tunisie mais aussi à une richesse transfrontalière qui fait du vêtement un livre d’Histoire. Bref, du prêt-à-porter quasi créatif pour un revival réussi.

Cette première journée prêt à porter a joué sur nos émois.

Du prêt-à-porter joyeux, de la désirabilité à perte de vue…retenons pour le coup un seul slogan, arboré presque avec nonchalance par un chérubin chez Zen « just be cool ». On remet de l’ordre dans ses idées tout en rêvassant sur les prochaines collections, affaire à suivre…