Focus sur le film événement des JCC : Girl of the moon

©Femmes Maghrebines
©Femmes Maghrebines

Ayant interviewé l’une des trois vedettes du film Girl Of The Moon, Lamia Hakim, dans le but de mieux la connaître, nous avions déjà une idée sur le film dans lequel elle a joué. Mais c’est sans surprise qu’on a pris conscience que le visuel dépasse (largement) l’écrit.

Girl of the moon, un film à voir absolument

Bien que lors de l’avant-première du 5 novembre dernier, les avis des spectateurs étaient mitigés, ils étaient unanimes sur la pugnacité des trois protagonistes et sur l’ambition véhiculé à travers un tel projet. Girl of the moon raconte en effet le quotidien de deux jeunes femmes et d’une enfant, atteintes toutes les trois de la maladie de « Xeroderma Pigmentosum » avec une poésie qui ne laisse pas de place à l’indifférence. Certes, parfois, la poésie prend le dessus sur l’intimité des personnages, les laissant apparaître comme des « acteurs » et non plus comme des personnes qui nous ont fait pénétrer, en toute transparence, dans leur quotidien mais cet aspect un peu trop romantique du film a été très vite contrebalancé par la sincérité de certains dialogues et la confrontation d’une telle minorité -les enfants de la lune, comme on les appelle, ne représente qu’un pourcentage infime de notre société- avec une société qui transforme son incompréhension voire son ignorance en violence. Tendant parfois vers l’allégorie, Girl of the moon n’en demeure pas moins une sorte de journal de bord de ces personnes que la société marginalise sans chercher à se mettre à leur place. Mais ce film, c’est aussi la confirmation que, ceux qu’on appelle les « freaks », ont une place dans l’univers artistique et que leur maladie, loin d’être un frein à l’évolution de leur carrière, les pousse à dépasser leurs propres limites.

Un film déjà primé à l’étranger

Girl of the moon a déjà eu deux prix, celui du « Rambourg Fondation pour l’Art et la Culture » et le prix du « Chicken & Egg Pictures » qui récompense les femmes réalisatrices de documentaires. Présentes bien souvent devant que derrière la caméra, ce prix valorise le travail de ces femmes qui restent minoritaires dans l’industrie du cinéma. A travers Girl of the moon, Hiba Dhaouadi a justement choisi trois femmes comme protagonistes afin d’insister sur le poids du regard social tout en essayant de transmettre un message d’espoir à son public.

Girl of the moon ne fait pas partie de la compétition officielle des JCC et sera projeté aujourd’hui, à la cité de la culture.