Inhebbek Hedi : Le film tunisien à l’honneur au Berlinale

La semaine dernière se tenait le festival international du film de Berlin. Et pour nous tunisiens, du moins pour la plupart, il aurait pu passer inaperçu, comme c’est le cas parfois. Sauf que cette année, non seulement un film tunisien était en compétition, mais il a aussi gagné pas un mais deux prix !

Troisième festival européen après ceux de Cannes et de Venise, le berlinale est un festival de renom qui draine environ 20.000 visiteurs en provenance de plus de 120 pays. 4000 journalistes, et c’est plus de 200.000 tickets vendus à chaque session.

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C’est dire l’honneur qui a été fait à Inhebbek Hedi, premier long métrage de Mohamed Ben Attia, produit par Dora Bouchoucha, de Nomadis Images, les Frères Derdenne et les films du fleuve, avec en vedette Majd Mastourar et Rim Ben Massaoud.

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D’autant plus que le dernier film tunisien a y avoir participé était Un été à la goulette, c’était il y a 20ans. Au delà de cela, aucun film arabe n’avait jamais remporté l’ours d’or.

C’est sous la toile de fond du printemps arabe que se déroule le film Inhebbek hedi sacré aux berlinales. Son réalisateur a reçu le prix de la meilleure première œuvre. Quant à Majd Mastoura, son acteur principal, il a reçu, après Tom Hanks, Samuel L. Jackson, Leonardo DiCaprio et Sean Pean, l’ours d’argent de la meilleure interprétation masculine. Ce dernier a d’ailleurs rendu un hommage poignant aux martyrs de la révolution lors de son discours de remerciements.

Le film nous ramène en 2011 et raconte une histoire d’amour impossible sur fond de révolution. Bientôt ce sera la fin du président Ben Ali, le pays rêve d’émancipation. Une histoire qui a beaucoup touché lors du festival de Berlin. Si bien que c’est le seul film à avoir raflé deux prix.

Pour cette 66ème édition du festival international du film de Berlin, les membres du jury ont été sélectionnés sur le volet, parmi eux l’acteur britannique Clive Owen et la grande Meryl Streep, présidente du jury.

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Elle a d’ailleurs elle-même avoué avoir été très touchée par cette œuvre et résume le film de façon poétique en disant « Situé dans ce pays musulman d’Afrique du Nord, si récemment testé par des attentats contre son musée et ses sites touristiques, il amène avec tendresse, les grandes questions sur les différences irréconciliables à un niveau humain » (extrait de la conférence de presse)