La fashion week tunisienne, le dernier acte.

Bye bye backstages… ©Rock Raven

Comment choisir entre des pièces aussi désirables -et uniques- les unes que les autres ? Si certains défilés se sont fait écho, il y a quand même quelques détails mode qu’on connaissait déjà mais qui ont pris du galon. Silhouettes décomplexées, jeu sur le contraste avec le voilé/dévoilé chez Zannad, ultra-féminines chez Mademoiselle Hecy, millennial blasé chez Narciso, ou kinderwhore version Sky Ferreira revisité par Sarah Sakri sans oublier l’univers mi-national mi-cosmique de Braim Klei ni le jumpsuit prolétaire très 50’s mais dépoussiéré au défilé Hichem Naffati, la fashion week en quelques looks, ce n’est pas une mince affaire ! 

Narciso et son monde parallèle:

Éloge de la lenteur ? Hymne à la joie ? Les mannequins défilaient au ralenti, fusionnant avec un Lewis Del Mar cool. Une musique très rave party pour des « enfants du siècle », hyper branchés, insouciants et prêts à affronter un monde vacillant. C’était un show, c’était Narciso, un défilé « anxiolytique » avec des pièces bigarrées aux couleurs flamboyantes. Alia Zouaghi a porté la pièce maîtresse du défilé: une robe aux proportions surdimensionnées, une « veuve noire » aussi galvanisante qu’énigmatique dans ce bric-à-brac euphorique.

Mantra mode: fais du blouson « boyfriend » (plus oversize que les hoodies de Kanye West) ton BFF.

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Alia Zouaghi en Narciso ©Rock Raven

 Sarah Sakri: rock’n’rebelle ?  

Sarah Sakri a confirmé le revival du rock, voire du punk avec Sakrilège. Si le jeu onomastique reste très subtil, sa collection était sans fard: cette saison sera Kinderwhore ou ne sera pas. Femme-enfant grimée en Courtney Love ? Vengeresse ? Presque. La femme Sakri est remontée à bloc, prêtre à tout saccager sur son passage. Son allié ? Le noir, couleur mystérieuse, couleur-force, couleur très Yeah Yeah Yeahs. Noir Désir ? Sans conteste.

sarah sakri kindrwhor psycho little girl

Montra mode: déchire tes fringues, monte le son et joue-la rockeuse mutine @ Mahdi Gaaloul

Braim Klei et ses drôles d’OVNI

Fidèle à sa griffe, le jeune créateur imprégné d’un univers tokyoïte a déconstruit nos classiques: combi’ futuristes, des matières -et notamment le velours- déchaînées, des pièces rapiécées pour une collection (inter)nationale. Une mode minimaliste, plus colorée que d’habitude avec des incursions de bleu électrique et de jaune criard mais toujours aussi technique. Un minimalisme décharné ? Certes mais surtout une collection « érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle », presque surréelle.

Mantra mode: technologie et mode font bon ménage.

la combinaison futuriste de bk rock raven

 ©Rock Raven

L’accessoire se dévergonde chez Mademoiselle Hecy ! 

La créole qui pendouille sagement pour épouser une nuque sensuelle ? Trop peu pour une Mademoiselle branchée, ultra-moderne et n’ayant pas froid aux yeux ! La boucle prend du « volume », devient expansionniste. Perlée ou toute simple, elle s’encanaille en devenant le chantre de toutes les fantaisies possibles. On pense d’emblée à la boucle folle de Y Project (vue lors de la Fashion Week parisienne) mais avec plus de maîtrise, de glam chic et on like parce que ça déraille sans jamais tomber dans le « too much ».

Mantra mode: Bijoux maximalistes pour un côté diva chic, pas trop rebelle mais so fashion !

ls créoles se dévergondent chez mademoiselle hecy

©Rock Raven

Hichem Naffati et son it-boy prolo chic :

Hichem Naffati a redoré le blason du jumpsuit ! Combinaison en denim rétro mais qui exacerbe le sex-appeal illico presto, oui c’est possible. Une combi’ pendue aux bras et aux gambettes de nos modèles masculins pour un maximum de désirabilité. Si cette pièce nous fait de l’œil depuis un sacré bout de temps, là, on est sûre de notre coup: on piquerait bien celle de jules, version XXL.On risque de flotter dedans, en l’arborant négligemment, mais on n’hésitera pas à la roulotter, à la déboutonner bref, à la moduler au gré de nos envies !

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Mantra mode: frime avec la combi’ de jules sans scrupules !

Alice au pays des merveilles…du style ! 

La régression n’a jamais été aussi IN ! Loin d’avoir froid aux yeux, la Alice d’aujourd’hui arbore un look maximaliste, aussi féerique que tentateur. Séductrice ? Elle l’est mais attention: elle ne compte pas laisser tomber son âme d’enfant. Sale gosse ou lolita ? Alice est une lolita magique, aventurière et tenace. Grimée en reine rouge, son côté « dark side » est d’emblée amplifié. En robe blanche, virginale, on revoit la petite Alice se profiler derrière la silhouette filiforme de Maya Mani, presque modèle…mais ne vous fiez pas aux apparences, cette Alice est juste révolutionnaire.

Mantra mode: assume ton côté « petit fille » en optant pour des pièces « fairy tale ».

achref baccoouche rock raven

 

Défilé Achref Baccouche, backstages ©Rock Raven

 

Fadhila dépoussiérée:

Fini le maryoul mémèrisant mâché et remâché jusqu’à l’ennui. Aujourd’hui, le maryoul se transforme en crop top, en combinaison aux rayures verticales prenant ainsi de la hauteur. On a même eu droit à une version maillot de bain ! Rien de tel pour se distinguer de ses congénères, en lézardant sur son hamac. Bref, préparez votre sac de plage et mettez-y tout l’attirail fadhila pour un été authentique !

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©Rock Raven

Les designers ont rivalisé d’ingéniosité et d’inventivité. L’apocalypse vestimentaire de Ludovic Winterstan nous a secoués, un coup de poing mérité et une invit’ à (re)faire fonctionner ses méninges. Tragique? L’être humain l’est. Mais si le créateur français a misé sur une mode frontale avec un défilé tranchant, ses consorts ont privilégié la joie, le faste voire le luxe. Robes, maillots de bain, lingeries…ce qu’on cherchait à mettre en avant, c’était l’image d’une femme libre, débordant du moule social, vivante, sensuelle et consciente de ses atouts. On a vu des silhouettes féminines envahir le catwalk, revendiquant leur féminité. La femme n’a plus envie de choisir: elle est cosmopolite. La norme ne l’intéresse pas puisqu’elle l’a piétinée avec ses escarpins « couture ». La discrétion ? Très peu pour elle. Bonne vivante, sexy à souhait, elle s’amuse, profite d’une mode folle, déambule où bon lui semble, toujours en quête d’indépendance.

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Azza Slimene pour Ludovic Winterstan ©Rock Raven