Le Larousse de la mode : « White trash », késako ?

On a eu droit à la réhabilitation des « psycho girls » avec le livre choc de Simon Liberati « California Girl » et en amont, le défilé « clodo chic » de Galliano ou encore le culot légendaire d’Eminem via sa White Trash Party, bref, la « raclure blanche » a toujours été parmi nous. Seule différence : aujourd’hui, l’insulte « white trash » s’est glamourisée.

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Une « gloire néo-pauvre » pour le magazine Antidote

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Une affaire de mode

La raclure d’autrefois est devenue l’icône mode d’aujourd’hui et pour cause. La pauvreté, au lieu d’être honteuse, se manifeste au grand jour. Précarité des jeunes, futur incertain ou « pire » encore, No Future ostentatoirement affiché, les millennials se rient du fric. Remarque, la grande majorité des jeunes sont sur la paille, autant donc dealé avec un paupérisme mi-kitsch mi-bling bling.

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C’est dans ce contexte qu’on ne sort plus qu’avec des jeans (et même des t-shirts) lacérés, des baggys qui pendouillent, ramassant poussière et autres saletés urbaines, des baskets cradasses ou encore des fringues sales (à dessein). Si le vintage et a fortiori le vieux nous fait jubiler, on accepte la figure « du pauvre », un paupérisme qui attire, de surcroit, les figures de proue du luxe !

the smell of my sweat by @blackpierreange

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Air dégingandé et sexualité trouble


La vraie raclure, c’est la mode

On s’encanaille chez Balenciaga (souvenez-vous du sac IKEA), on use et abuse du kitsch façon pop art wharolien chez Versace, on ose les tongs chez Haider Ackermann et on joue sur une gamme chromatique excrémentielle chez Rick Owens. Le luxe flirte avec les bas-fonds inversant ainsi la donne. Ce n’est plus la « raclure » blanche qui rêve de (faux) billets mais plutôt les crésus du XXIème siècle qui fantasment sur une « simple life », anti-mean white.

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Le cas Supreme

Supreme/Scarface™. 10/12/2017

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Supreme e-s-t Scarface

Louis Vuitton/Supreme #LVxSUPREME

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Si bien que la maison Vuitton a collaboré avec l’emblème du « white trash » mi-chic, mi-street : Supreme ou que Demna Gvasalia ( DA respectivement de Vetements et de Balenciaga) a revisité les Crocs ou ces chaussures d’infirmiers un peu beaufs. On ne vous demandera pas d’adopter un code dress « white trash » ni d’éviter de vous laver pendant des semaines (la raclure pure et dure a les cheveux gras et accepte sa condition hygiénique de pouilleux) mais si un jour vous tâchez votre jolie robe signée Machin, vous garderez une aura IN (et trash !).