Les années folles du grunge

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Le Grunge, est-ce un mouvement ? Un style musical ? Ou une philosophie ? Eh bien c’est la griffe, des trois à la fois !
Ce sous-genre du Rock alternatif qui a émergé des empreintes du mouvement punk au milieu des années 80 dans les bas-fonds de Seattle, berceau de ce mouvement, criant haut et fort « No Hope ! », pas d’espoir. Une conception de vie que ces jeunes désemparés extériorisent par leur style vestimentaire et musical !

Mark Arm, semble être le premier à décrire son groupe Green River de « pur grunge », reflétant tout un mal-être de la jeunesse de l’époque, notamment à Seattle, une ville en pleine ébullition socio-économique ou ses juniors vivaient une oisiveté frémissante. Mais, c’est le journaliste Bruce Pavitt , qui créât le label indépendant Sub Pop, en organisant le concert de Jonathan Poneman, dans la ville mythique du grunge.
Un label qui fait graviter cette musique localement, et a permis à beaucoup de groupes de se lancer dont Melvins, Mudhoney, Green River, et bien d’autres, sans oublier certains groupes féminins tels que L7, Babes in Toyland, ou encore Lunachicks.

Il faut vraiment aimer ce son déglingué, soufflé par le heavy metal, le rock indépendant et le punk hardcore, au son lourd et saturé, joué par les paumés de Seattle, criant leur rage en flirtant avec le désespoir.
Une fanfare provocante, et agressive exprimant la révolte, accompagnée de paroles relatant les angoisses, et le mal-être de la génération X, l’ambassadrice du grunge.
Une souffrance exprimée notamment dans les chansons de Nirvana, le messie du grunge dans les années 90, les années folles de ce mouvement, ou beaucoup d’autres groupes tels Pearl Jam, SoundGarden et Alice in Chains qui ont pu vendre des millions d’albums dans le monde.
Eh oui ! Mais c’est bien grâce à l’album de Nirvana intitulé  » Nevermind »  » en septembre 1991 que le grunge a pris son envol pour un succès mondial, mais une apothéose éphémère.

Ce lapse de gloire, avec une large médiatisation, a légitimé le grunge pour devenir le sceau des jeunes, à l’échelle mondiale. Le grunge devint ainsi la musique la plus populaire du hard rock.
Un culte qui se mondialise, englobant le look des « grungeurs », et leur attitude débraillée, avec leur jean déchiré et leur chemise froissée, nichés à la friperie du coin et la touche qui agrémente le tout, des cheveux long et crade, si ce n’est pas trop demandé.
En d’autres termes, cette forme de body art renvoie toute la négation des codes sociaux de l’époque, vomis par une génération perdue, en désarroi.
Le mouvement prend une autre ampleur, une tendance, que beaucoup de jeunes épousent, sans trop comprendre le sens, juste pour être comme Kurt Cobain ou un autre grungeur , ou tout simplement pour embêter les vieux.

La tendance de fringues usées, avec un look négligé, sera vite récupérée par la mode de l’époque, une tentative vite avortée par manque de succès commercial.
Eh oui c’est la roue qui tourne, le grunge incarne désormais la victoire d’un système qu’il a toujours rebuté.
Le groupe Nirvana marque la fin de sa gloire, par le suicide du guitariste Kurt Cobain en 1994, connu pour son désir de révolutionner le Rock.
Tout comme la majorité des groupes de grunge qui ont marqué leur époque disparaissent vers la fin des années 90.