Décryptage : Les arts Majeurs au service de la mode

Il y a quelques jours, un OVNI cinématographique nous est apparu sur la toile. Cet OVNI, c’est un court-métrage signé Humberto Leon, DA de la maison Kenzo. Le designer n’a pas hésiter à mettre en avant l’interaction que la mode avait avec d’autres formes artistiques, comme ici le cinéma. Mais ce mariage est loin d’être « hors-normes ».

La mode au service de l’art

Autre le cinéma qui, de par ses mastodontes –le réalisateur Xavier Dolan a été l’égérie de la maison Vuitton en 2016 et costumier pour ses propres films et a contrario, le florilège de pièces à l’effigie d’un film culte-, c’est la peinture qui intrigue les designers. Dans le moodbord de Raf Simons figureraient des artistes emblématiques de la pop culture américaines tels que Andy Warhol ou encore Robert Mapplethorpe. Idem pour Jeremy Scott qui, pour son dernier défilé, n’a pas hésité à user de la technique de la sérigraphie, une technique warholienne qui lui a permis d’immortaliser son Ego, puisque ce sont des photos d’archives de sa personne qui ont été mises au service de cette création. Retour à Raf : le jeune homme est tellement mordu d’art qu’il fait appel à des artistes comme Sterling Ruby pour les détails sérigraphiques de ses collections. On a ainsi l’impression que la mode, souvent reléguée au rang d’art mineur, a besoin de confirmer et de crédibiliser sa position, au sein des arts en faisant corps avec eux. Flirtant avec peinture, littérature et cinéma, elle tend à mettre de côté l’aspect business, qui la caractérise viscéralement, au profit de la création et ça marche.

 

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@noausterity #rafsimons

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Une double attraction

Si la mode s’amourache, entre entres, du septième art, les millennials valident cette union. Férus de culture, bouillonnants de savoir et profondément éclectiques, ils trouvent en la mode un excellent support d’apprentissage. De la simple monstration d’un idéal –le slogan « Les filles qui lisent sont dangereuses » de Proêmes de Paris, à l’envie de voyager dans le temps afin de découvrir des époques qui leur sont méconnues –la collection capsule Taxi Girl d’Etudes Studio ou encore, la collection Christian F, la saison dernière de Raf Simons-, quand l’art se met au service de la mode, la génération Z ne rechigne plus à devoir réviser ses cours et le savoir devient « cool ». Les grandes maisons ont saisi ce changement d’où la profusion de campagnes qui oscillent entre l’univers mielleux tout en étant sci-fi de Stranger Things et entre les soulèvements estudiantins (Gucci et sa campagne Mai 68).

 

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Closer. #etudesn12 #taxigirl

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Culturellement fashion, la mode a fini par rendre l’école sexy. Alors, vous validez le slogan « Knowledge is sexy » floqué sur un t-shirt ?