Les frontières du ciel de Fares Naanaa aux JCC 2015

C’est avec son film « Les frontières du ciel » que le réalisateur Fares Naanaa, concourt cette année dans la catégorie « Long-métrage » de la 26e édition des JCC.

les-frontieres-du-ciel-un-film-de-fares-naanaa-lotfi-abdelli-anissa-daoud-jcc-2015-cinema-01

Un film dur mais humain, qui pose une question de société : le couple face à la perte d’un enfant. Anissa Daoued et Lotfi Abdelli portent l’histoire de ce couple en eux-mêmes, allant chercher au-delà de leur talent de comédien pour traduire une bien triste réalité.

les-frontieres-du-ciel-un-film-de-fares-naanaa-lotfi-abdelli-anissa-daoud-jcc-2015-cinema-03

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce film est le premier long-métrage de fiction du Fares Naanaa. Il concourt pour le Muhr du meilleur film arabe dans la compétition internationale du festival de Dubaï 2014, et porte en lui l’espoir d’une génération entière de cinéphiles tunisiens.
Parler de la disparition d’un enfant n’est pas un sujet évident. Il nous appartient à tous de définir les enjeux d’une telle thématique : besoin de comprendre, difficulté à se reconstruire et implication du couple.

Fares Naanaa s’exprime avec lucidité et intelligence sur son film : « Ce film se déroule dans la Tunisie d’aujourd’hui, en pleine mutation socio-culturelle, en proie à des interrogations et à des contradictions, tiraillée entre son versant moderne et un inquiétant retour religieux. Tout en s’ancrant dans cette société qui s’interroge sur son identité, cette histoire est surtout celle d’un couple ordinaire qui porte en lui un drame à dimension universelle.

les-frontieres-du-ciel-un-film-de-fares-naanaa-lotfi-abdelli-anissa-daoud-jcc-2015-cinema-02

Dans ce drame psychologique, les questions de l’amour, de la famille, de l’art et de la religion seront en permanence annexées à une interrogation continue sur l’angoisse que vivent au quotidien les parents privés d’un enfant et sur les capacités d’un couple à renaître au sens littéral du terme ».

Tiraillés entre désespoir, culpabilité et désir de vie, Lotfi Abdelli et Anissa Daoued se donnent la réplique pendant 84 minutes, qui nous semblent à nous, spectateurs, les plus longues de nos vies. Survivre, tenter de renaître d’un drame aussi fort et destructeur, avancer… Le dicton « plus facile à dire qu’à faire » s’applique parfaitement au film « Les frontières du ciel ».

les-frontieres-du-ciel

Anissa Daoued se glisse dans la peau de Sarah le temps d’un court instant, interrogeant ses propres limites et défiant le regard de son mari, Sami, aussi perdu et isolé qu’elle. L’actrice s’exprime au sujet de son rôle : « Il est vrai que je ne suis attirée que par des rôles qui portent une certaine complexité et qui surtout m’éloignent de moi, de ma réalité (…) ».

les-frontieres-du-ciel-un-film-de-fares-naanaa-lotfi-abdelli-anissa-daoud-jcc-2015-cinema

Lotfi Abdelli, quant à lui, échange son rôle de pêcheur dans le film de Rebecca Cremona, SIMSHAR, pour interpréter Sami, un père désespéré et impuissant face à la mort de son enfant. L’acteur affirme que ce film était un défi pour lui, l’aidant à sortir le meilleur de lui-même face à la générosité et au professionnalisme du réalisateur.

La rédaction de FFDesigner ne peut que vous conseiller d’aller voir ce bijou du cinéma tunisien afin d’apprécier la qualité du jeu des acteurs et la beauté des plans. Un beau message d’espoir qui nous aide à réfléchir sur nos actions, nos modes de vie et nos émotions.

Le film sera projeté pendant deux mois à partir du 30 novembre 2015. Il sera en programmation unique pendant les trois premières semaines.