Et si le livre était le véritable accessoire de l’année ?

Le 19 mars dernier, une photo très particulière a fait le tour des réseaux sociaux. Il ne s’agissait pourtant pas d’une manifestation éco-féministe ou d’une énième publication sur les réfugiés mais d’un cliché des sœurs Hadid, déambulant dans les rues de New-York avec un livre pour l’une et un pavé pour l’autre, qui faisait la taille d’une minaudière.

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Retour sur image

Dans l’Insoutenable Légèreté de l’être, Milan Kundera décrit Tereza, l’un de ses personnages principaux, de passéiste puisqu’elle se trimballe toujours avec un livre. Il souligne aussi que cet « étalage » ou exhibition d’un savoir était en inadéquation avec son statut social –Tereza était serveuse mais avait une appétence presque niaise pour le savoir-. On retrouve quasiment le même scénario avec les sœurs Hadid. Mannequins tout en manifestant un certain penchant pour l’engagement –Bella n’hésite pas à manifester pour la cause palestinienne mettant en avant une partie de son héritage arabo-musulman-, Gigi et Bella étaient pourtant réduites à leur apparence. Ce ne sont que deux jolies filles, comme si elles n’avaient pas le droit d’atteindre la sphère intellectuelle. Du coup, elles y ont pénétré par « effraction ».

Intellectualiser la beauté ?

Cela est évidemment absurde. D’autant plus que les « choix » des livres étaient passés au crible par plus d’un internaute. La benjamine lisait un Stephen King, une œuvre adolescente et pas du tout sérieuse –seulement voilà : réduire Stephen King à un « trip » adolescent, c’est montrer qu’on n’a rien saisi de son univers puisqu’il met en avant la complexité du passage de l’enfance à l’âge adulte-. Quant à l’aînée, elle lisait un Camus, ce qui soit la relègue au statut d’une fausse intello soit la met en concurrence avec sa sœur. Pourquoi n’a-t-on, tout simplement pas, laissé ces filles en paix ? Pourquoi chercher à commenter les faits et gestes de tout le monde ?

Lire un King, un Camus ou un Heidegger et être mannequin ou influenceuse devrait plutôt nous prouver que l’être humain est polyvalent et qu’il dépasse avec brio les clichés de la société.