Guerrières du XXIème Siècle : Les super-mamans célibattantes

© Photographié par Bon George pour Vogue

Conjuguer sa vie de mère à sa vie de femme sans oublier sa vie professionnelle, voici le challenge à gagner quand on est mère et célibataire. Peu importe le statut que la société collera à ces mamans: divorcée, veuve ou même mère-célibataire, le supplice reste toujours le même, jouer plusieurs rôles à la fois. Celui du père aussi ! 

On a comme l’impression que ces mamans célibattantes frôlent la schizophrénie, à force de porter plusieurs casquettes à la fois. Mais leur force ne laisse pas d’indifférent !

© Photographié par Norman jean roy pour Vogue
© Photographié par Norman jean roy pour Vogue

Contrairement aux célibataires, leur journée de Super-mamans est d’autant plus mouvementée.

Pas de place à la déprime, ni au blues, ces mamans sont tout le temps à la bourre, et ne laissent absolument rien au hasard,’tout est une question d’organisation et de plannings’’ comme on les entend toujours dire !

J’ai voulu à travers cet article rendre hommage à ces Guerrières du XXIème Siècle comme j’aime les nommer, et ce, en reportant le témoignage de quelques mamans et en levant le voile sur leurs quotidiens de célibattantes.

Cet article pourrait vous intéresser : Mise en beauté express pour mamans débordées

‘’On n’a pas le droit de transmettre son désarroi aux enfants’’ 

Sophia 39 ans, dix ans de vie commune derrière elle et deux enfants de 9 et 7 ans. Elle a choisi de se lancer dans un travail en free-lance pour pouvoir passer plus de temps avec ses enfants ; ‘’Ceci dit, la garderie nous est un must vu que je n’ai pas vraiment d’horaires fixes’’, confie-t-elle  ‘’cela m’arrive de donner des cours l’après-midi ou d’avoir des rendez-vous de travail en fin de journée, je suis traductrice et je donne des cours d’anglais à des entrepreneurs. La garderie m’est, donc d’une énorme aide, surtout quand les enfants ont des devoirs scolaires. Ils y vont juste après la fin des cours et moi je vais les chercher après, et quand des fois je me retrouve disponible à l’heure de leurs sortis, ben je leur fais la surprise à l’école et les ‘’retrouvailles’’ sont toujours d’un bonheur inouï !’’ dit-elle

© Photographié par Arthur Elgort pour Vogue
© Photographié par Arthur Elgort pour Vogue

‘’Ma journée commence à 6h du matin, des fois avant : préparer le petit déjeuner, réveiller les enfants, les préparer, vérifier leurs cartables, s’assurer qu’ils ont bien bu le lait et qu’ils ont bien touché à la tartine…

Bref, la journée commence toujours avec une énergie euphorique, ça court dans tous les sens, même quand on croit avoir tout préparé la veille !… L’objectif étant d’être sur la route de l’école à 7h15 maximum, question d’éviter la circulation ; il y a des jours où c’est foutu et où on se retrouve coincé en plein embouteillage… Mais bon, on n’a pas le droit de transmettre son désarroi aux enfants, donc je mets de la musique forte, une de nos chansons préférées et on commence tous les trois à faire les fous (je m’assure que les fenêtres de la voiture sont bien fermées quand même)’’ (rires)

© Prise de Sex & the City
© Prise de Sex & the City

Les sorties nocturnes à l’improviste ne sont plus vraiment permises. ‘’C’est tout une logistique, je dois me préparer à l’avance, chercher qui pourra garder les enfants, éventuellement demander à mes parents, mais j’avoue que ce n’est pas toujours évident. J’ai de la chance d’entretenir une bonne relation avec mon ex, donc je me permets de temps à autre, de lui demander de l’aide, ce qui me permet, très rarement, de sortir entre copines, ou de voir des amies, histoire d’entretenir mes quelques amitiés’’.

‘’Ce sont mes enfants qui me poussent à tenir ‘’

Nadia 36 ans, la mort subite de son conjoint l’a obligé d’abandonner son rôle de femme au foyer et de travailler pour subvenir aux besoins de ses deux enfants. ‘’Ils avaient 4 et 6 ans quand leur père est parti. On n’a pas vraiment fait des économies de son vivant, mais avons eu une maison en héritage.’’ Chose qui lui a permis de prendre son souffle pour commencer sa nouvelle vie.

© Prise de How I Met Your Mother
© Prise de How I Met Your Mother

Depuis son mariage, Nadia était mère au foyer, elle raconte :

’Ce n’est pas du tout facile de commencer, une dite carrière, quand on a trente ans.

Le regard des autres, de tes collègues, de tous ces jeunes qui t’entourent et qui sont dans la dynamique ne t’épargnent pas d’une seconde.

C’est par l’intermédiaire d’un proche que j’ai eu ce premier poste d’assistante administrative. Ayant un diplôme en infographie, et zéro année carrière à part deux stages, cela ne m’était pas du tout d’aide. J’ai dû presque tout apprendre dès le début, me réadapter au rythme du transport en commun, des dures journées de labeur et puis de réapprendre à prouver mes compétences, et à lutter. Mes journées commencent assez tôt le matin pour se terminer assez tard le soir. Des fois, j’ai comme l’impression de lâcher, mais c’est les résultats d’école de mes enfants qui me poussent à tenir ! ‘’

‘’J’ai fui la maison avec mes enfants et suis revenue à ma famille qui n’était pas de bon accueil’’

Asma, vient de fêter sa troisième décennie, et est en instance de divorce.’Je suis en plein dedans, le tribunal, l’avocat, les vas et vient, la pension, les chantages affectifs et les tiraillements. J’ai connu celui qui est devenu le père de mes enfants quand j’avais 15 ans, toute ma famille s’y est imposée, ce qui a enflammé encore en moi le désir d’être avec lui. Cinq ans de lutte pour les convaincre, en vain, on a donc décidé de se marier. Entre-temps j’ai commis la connerie d’arrêter les études.

Le mariage était la porte de ma descente aux enfers. Il m’interdisait tout et n’importe quoi à cause de sa jalousie excessive, je me sentais limite séquestrée dans cette chambre qu’on occupait chez ses parents. On a eu deux enfants, ils ont 3 et 4 ans. J’ai essayé de divorcer avant de les avoir, mais c’était trop dur, donc j’ai cédé jusqu’au jour où je ne pouvais plus supporter tous ces cris. J’ai fui la maison avec mes enfants et suis revenue à ma famille qui n’était pas de bon accueil. Je partageais une chambre avec mes deux sœurs, donc imaginez une chambre où on est cinq aujourd’hui!’’

© Prise de Gilmore Girls
© Prise de Gilmore Girls

Asma a beaucoup lutté pour avoir son indépendance. Sa famille l’a contraint à reprendre son mariage en main, choix étant fait elle devait l’assumer. Le chômage était son pire ennemi, elle voulait absolument travailler pour pouvoir faire taire ses parents

‘’J’ai fini par trouver ce poste de caissière grâce à mon petit frère qui est le seul à me soutenir’’.

Caissière de nuit dans cette grande enseigne de restauration, Asma devait convaincre encore une fois sa famille pour ses choix.

’Ils ont cédé quand mon petit frère, qui est cuisinier dans le même restaurant a migré pour travailler les mêmes horaires que moi. C’était le seul poste vacant, et c’est mieux payé que de travailler en journée.’’

© Prise de The Good Girl
© Prise de The Good Girl

Son travail lui permet de passer du temps avec ses enfants, mais ça lui est difficile jusqu’à ce jour de leur expliquer son absence à l’heure du coucher. ‘’Ils sont encore petits, mais bientôt ils seront scolarisés et je dois être plus présente, je ne sais pas comment je vais faire, mais je me dis que le moment venu je trouverai une solution.’’ Asma a un rêve, celui d’avoir son salon de beauté, elle a ce don de prendre soin des autres et d’être de bon conseil esthétique.

‘’Le jour où j’ai appris à m’aimer et à écouter cette petite voix en moi, j’ai réussi mes trois missions’’ 

Asma 40 ans, un divorce qui dure depuis 12 ans et un enfant en âge d’adolescence.

‘’Nous entretenons une relation amicale mon fils et moi, j’ai un gros faible pour lui et je l’aime plus que tout au monde. J’avais une relation assez désastreuse avec son papa avant le divorce. C’était un homme violent. Aujourd’hui et même après douze ans de séparation, je n’arrive toujours pas à le regarder dans les yeux.

Cet article pourrait vous intéresser : Jeune maman, dur dur de rester femme !

Notre relation se résume aux sujets concernant notre fils !’’

‘’Après mon divorce, j’ai choisi de retourner chez mes parents. Ils m’accompagnent dans l’éducation de mon fils et qui respectent beaucoup mon autonomie. Ma journée commence assez tôt et est assez classique. J’aime déposer mon fils au collège avant d’aller au bureau. 

Ayant le poste de responsable, j’ai toujours des défis à relever, m’imposer, gérer… La fin de journée est consacrée exclusivement à la famille, et puis j’affectionne ces moments de papotage avec mon fils.

© Photographié par Bon George pour Vogue
© Photographié par Bon George pour Vogue

Cadre dans une Société d’assurance, Asma garde toujours cette graine de joie qu’ont les personnes joviales, festives, et mondaines. Elle ne s’est jamais privée du monde de la nuit. ‘’Le soir, c’est pour les ami(e)s.

J’aime fêter, rencontrer des gens, me sentir entouré…sortir en gros.

J’ai certes, ces moments de down, d’autres fois l’excitation totale, et puis d’autres la ‘’déprime’’. J’ai fait beaucoup de travail sur moi pour surmonter cette envie de toujours vouloir fêter. Ça risquait de déraper à un certain moment et d’oublier mes autres missions. Aujourd’hui, je suis fière de moi, j’ai su équilibrer ma vie. Je réussis ma vie professionnelle, je passe plus de temps avec mon fils et je sors un soir par semaine, les weekends aussi ; bref, je pense que je suis arrivée à être dans la dynamique des trois facettes.’’

© Prise de Sex & the City
© Prise de Sex & the City

En lui demandant la recette pour pouvoir avoir une vie équilibrée, la quadragénaire a tout de suite répondu sans hésiter : ‘’S’aimer… aimer soi-même. Se réconcilier avec son passé et surtout avec soi. Apprendre à écouter cette petite voix en nous. Accepter toutes ces femmes qui nous habitent et avancer.’’

À la question curieuse de savoir si ces mamans referont leur vie un jour. Deux sur quatre ont répondu qu’elles ne pensent pas à cela pour le moment. Les deux autres mamans, sont prêtes à entamer une nouvelle vie. « On ne cherche pas un papa pour nos enfants mais des compagnons de vie ».

Big up pour ces mamans courageuses !