Ce que la mode doit à Zombie Boy

Le 1er aout 2018, on a appris que Zombie Boy avait mis fin à ses jours. Rick Genest, alias Zombie Boy, a décidé d’en finir avec la vie et à plus forte raison avec la mode, à l’âge de 32 ans. Presque intégralement tatoué, le jeune homme n’arbore ni signes de paix ni ne prône l’amour de l’autre. Son corps est devenu une hécatombe artistique, un corps kafkaïen à la merci de ses propres démons.

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Et si la mode n’avait rien voulu entendre de la détresse de Zombie Boy, cet enfant du siècle ?

I hate Monday’s

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La réalité sous les yeux

Un corps en putréfaction, voici ce qu’exhibe la mode à travers la figure de Zombie Boy, mort-vivant parmi ses congénères. Ainsi, il ne trimballait pas que son corps, un corps de marginal entré par effraction dans un univers spectaculaire –celui de la mode-, mais il encaissait les affres d’une vie où on ne l’avait pas ou mal compris. Chaque dessin est un signe. Mêmement pour les tatouages de Zombie Boy qui convergent vers une seule signification : la mort –serait-elle d’ailleurs une nouvelle forme de vie ?- Pourtant, ce marasme éprouvé par Rick a été perçu par une autre « paria » du monde du show-biz, Lady Gaga qui en a fait la vedette de son clip « Born This Way ». La jeune femme était la première à manifester sa peine quant au suicide de Zombie Boy tout en étant lucide, comme si c’était prévisible, vu ce qui se passe dans la mode. La mode étoufferait le mal-être de ses fervents acteurs, les mannequins, du moment que ceux-là restent « bankable ». Choyé par ses agents, Zombie Boy ne manquait de rien, sur le plan matériel mais à quel prix ?

✨ TING ✨

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The only thing savin’ your life… is that I don’t look good in orange, and I hate stripes

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Rest In Peace, zombie boy. ❤️ #ladygaga #ladygagabornthisway #ladygagazombieboy

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Mode sous Xanax

ZDDZ Londres printemps/été 2014  

Mode et dépression ne doivent jamais se croiser et si cela tendait à arriver, il faudrait prendre des mesures radicales jusqu’à la prochaine collection de X créatif, pour faire taire la presse, bâillonner les mannequins, et remplir les poches des D.A sans que ces derniers n’aient à redire. Bref, la mode, aussi nerveuse soit-elle, doit refléter l’image du glamour suprême. Petit bémol : il y a des révoltés qui décident de mettre fin à cette mascarade en se tirant une balle dans la tête. Rébellion irrévocable ou stade final d’une asphyxie générale ? Le suicide de Zombie Boy montre aussi que, si sous les feux des projecteurs, les « freaks » font tranquillement leurs shows, afin d’amuser un front row ou plutôt une galerie ultra-lookée, dans la rue, ils sont tout aussi soumis au regard de l’autre. Interrogateur, méprisant ou bienveillant, ce dernier serait presque aussi schizophrénique que le milieu dans lequel ils travaillent.

zombieboy #tattoos #zombieboy #rickgenest source: @zombie_girl_official

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Le collectif russe ZDDZ met mode et anxiété sur le même pied d’égalité. Il serait peut-être temps que l’industrie de la mode se pose les bonnes questions en bannissant la barrière des troubles mentaux. Affaire à suivre…