Milan Fashion Week : Les moments forts de la mode

Ode à la joie, hymne à la femme, éloge de la lenteur, voici la Sainte Trinité qu’ont prônée les grands noms de la mode italienne. Gucci, Versace, Moschino ou encore AnnaKiki, on a choisi quelques griffes, mêlant les poids lourds de la sphère fashion à des labels moins connus mais à la patte en or. Bref, que le show –très subjectif- de la rédac commence !

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Alessandro Michele, le magnifique

Gros clin d’œil aux sœurs Mitford qui ont secoué, par leur excentricité, l‘Italie du XXème siècle


Avoir le sang bleu est encore d’actualité !


On continue à malmener le logo de la maison « Gucci » versus « Guccy »

Fidèle à son éclectisme originel, le directeur artistique de Gucci nous a plongés dans un univers mi-ecclésiastique, mi-antique, parfois poussiéreux mais toujours moderne bref, un brassage culturel et une superposition chronologique quasi parfaite pour un show Gucci atemporel. Toutefois, si la mise en scène était parfaite, les pièces faisaient écho à celles vues lors des précédents shows. De l’athleisure glamour, des postiches « hommage » à Farah Fawcett, le sac emblématique de la maison revisité et présenté de différentes manières, un Bugs Bunny orné de perles ou encore, des tailleurs de working girls paradoxalement lascives, ce foisonnement référentiel allait de pair avec une succession de tendances m’as-tu-vu et déjà-vu. Un art où l’inspiration flirte avec le plagiat sans jamais tomber dedans et que seul Alessandro Michele sait manier. Que retient-on ? Le petit génie de Gucci nous a prouvé que faire du neuf avec du (très) vieux était pharaonique c’est-à-dire un gage d’atemporalité.

La fratrie Versace


On réinterprète, à l’infini, le logo de la Maison


Mica Alganaraz, Kaia Gerber et consœurs en Marylin Monroe


Un esprit de famille planait sur le défilé Versace. Donatella, la Femme de Fer de la griffe ancestrale, a rendu hommage à son frère, disparu il y a vingt ans. Au menu ? Une célébration du corps féminin, de ses courbes, de ses formes et de ses ondulations « quasi » picturales avec des bottes ultra-hautes et recouvrant l’intégralité des jambes, un soutien-gorge par-ci pour mettre en avant les bustes, un pantalon en vinyle taille haute par-là pour élancer les silhouettes, une Marylin Monroe version sérigraphie à la Andy Warhol, habillant robes et combi-pantalons, des maxi-lunettes pour l’esprit Dolce Vita bref, toute l’Italie, son chic son glamour et ses excès étaient au rendez-vous dans cette semaine de la mode. Véritable melting pot des tendances, la femme Versace, actrice aux mille et un visages, a été couronnée par l’apparition des femmes de la maison. Après un show lambda, ponctué par « Gianni, c’est pour toi » le véritable clou du spectacle était l’arrivée, sublime et subliminale, des Muses de Gianni. Carla Bruni, Cindy Crawford, Helena Christensen, Claudia Schiffer et la Panthère Noire, Naomi Campbell, elles ont toutes répondu présentes à l’invitation de Donatella, défilant pour l’occasion avec la pièce phare de la maison. Robe couleur or, entravée et ultra sexy, voici un requiem hautement fashion pour celui qui a émancipé les femmes de la Botte avant de s’attaquer à la Femme, universelle.

 Punk my Little Poney par Jeremy Scott

MOSCHINO MILANO SHOW TONIGHT TUNE IN & TUNE OUT THE WORLD ! MOSCHINO.COM !

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Changement de décor avec Moschino et ses lolitas punks. De la tulle, des collants résille XXL, des clous, des perfectos, on pourrait se croire à l’un des premiers défilés de Vivienne Westwood enfin, à un détail près : la fille Moschino se balade avec un sac à dos Petit Poney ! Régressif, enfantin et acidulé, ce punk est celui des groupies, copieuses de leurs idoles et un brin ingénues. Mi-trash, mi-glam, la collection de Jeremy Scott nous replonge illico en enfance (Petit Poney s’empare aussi des sweat-shirts) avant de nous rappeler que la fille Moschino est (encore) une ado sous acide. Et vous savez quoi ? On l’aime bien cette fille biberonnée aux paradoxes. Deuxième surprise : Petit Poney et son univers enchanteur, moitié nunuche moitié dark, a cédé la place à des bouquets de fleurs « humains ». Anna Cleveland, muse atypique de Jeremy Scott, a commencé par « s’effeuiller » en se débarrassant d’un « surplus » végétal. Quant à Kaia Gerber, fluette, elle était une « jeune fille en fleurs », presque écrasée par une flore qui s’est emparée de sa silhouette. On a ovationné Jeremy Scott et ses fleurs grandeur nature avec tout de même une question suspendue au bout des lèvres : ces fleurs, sont-elles baudelairiennes et vénéneuses ou reste-t-on à la surface de leur beauté ? Le créateur ne pipe mot, à vous de choisir votre camp ! Un indice : ces fleurs sont l’une des innombrables métaphores de la femme, pensez-y.

IN FULL BLOOM 💐BACKSTAGE @moschino 🌸🌺🌷🌼🍃

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Eteignez vos smartphones, soufflait Anna Yang

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Fuck YouTube

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Interdiction formelle de se connecter à Internet

Soon #annakiki 2018ss #milanfashionweek

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Pile a battu Face

Morning, You cannot afford to lose your phone #annakiki 2018ss #phubber #phoneaholic #milanfashionweek

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Smatphone confisqué

Chez Anna Yang, jeune pousse de la mode chinoise, la mode se conscientise. Derrière ses manteaux boules à facettes, ses working girls, tout de denim vêtues, très souvent amatrices de paillettes, sexy le soir avec un pantalon en vinyle rouge vif ou encore irrésistibles avec leurs lunettes rétro, arboraient de drôles de messages. Une armada de filles brandissait des slogans du type « Je suis mieux qu’un téléphone, parlez-moi », « Oubliez votre téléphone, souciez-vous de votre manteau ». It-girl dé-digitalisée, la fille Anna Yang pioche dans la garde-robe de sa mère tout en faisant un pied de nez aux réseaux sociaux. Super Nana, influente et au caractère bien trempé, elle nous prouve que la mode est ce qu’il y a de plus authentique donc de moins médiatique. A bas internet, on laisse tomber la particule « it » au profit d’un style rétro original et unique. Le vêtement n’est plus instagramable, il vaut bien plus que ça, selon Anna Yang. Mais la fondatrice de AnnaKiki va plus loin en parlant d’une mode sociale, puisque pour elle « c’est le lien humain qui compte ». Pas de selfies chez la chinoise de 33 ans mais une vague d’empathie, qui a pour vecteur son vêtement.

More is more backstage at @Prada’s Spring 2018 show. Photographed by @coreytenold.

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She lives. #PradaSS18 on Prada.com #w4w

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A story in a story in a story #PradaSS18 Menswear finale at #MFW.

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Prada tourne en rond, preuve à l’appui

The Secret’s out! #DGRoyalty on the runway at #DGSecretShow

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All our #DGMillennials together for a #DGSecretShow in Milan! Find out more soon!

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Grosse déception du côté du tandem Dolce and Gabbana qui, semble-t-il, est à bout de souffle. Trois saisons de millennials pour une mode répétitive, dans un esprit de Bal de Promo secret, on s’attendait à une surprise mais il était, avouons-le, impossible d’éclipser le défilé Versace. Idem pour Prada qui à force d’être « copiée », refait du Prada. Même décor que la collection Menswear, même silhouettes, même penchant pour les fanzines bref, on espère que ces deux griffes retrouveront leur pep’s d’antan. Dernière destination, Paris avec le retour d’Olivier Theyskens, jeune prodige du workwear.

Mais c’est Jacquemus, provincial de souche et amoureux de Marseille, qui va inaugurer la semaine de la mode Parisienne, affaire à suivre…