La mode prône-t-elle vraiment le naturel ou est-ce un outil marketing ?

Slick Woods, Winnie Harlow, Ashley Graham… Depuis quelques saisons, les « freaks » se sont emparés des podiums. Voir ces beautés « hors-normes » fouler les catwalks a valu à l’industrie de la mode/beauté d’être saluée par les plus grands magazines. Mais justement, à force de mettre en avant « ce qui dérange », de surenchérir dessus, la Sphère de la Mode a peut-être réussi son plus gros coup markéting…

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Normality is scary

C’est bien connu : les canons de beauté, dictés par Hollywood ou tout bonnement par l’industrie de la mode, changent d’une décennie à une autre. A chaque fois, des « créatures » exquises apparaissent. Leur beauté frôle la perfection ce qui est normal : « elles sont là pour vendre du rêve ». Sauf que ce mantra ne suffit plus pour vendre un produit. L’ère de la brindille façon Kate Moss ou des Super Top, à l’instar d’Elle Macpherson est bel et bien révolue. Si on a grandi avec l’injonction des régimes hypocaloriques, du zéro gras, du zéro sucre, du zéro calorie, aujourd’hui, ce qui prédomine est non pas la « norme » ou un physique normé, c’est-à-dire léché, « parfait » mais «  l’absence de norme » qui est  « à l’image de notre société contemporaine », comme l’explique le sociologue français, spécialiste du corps, David Le Breton. En effet, depuis 2010, une drôle de famille a envahi nos écrans de téléphone -et de télévision-, il s’agit de la famille Kardashian à laquelle on peut TOUS s’identifier. Transgenre, ronde, pulpeuse, jeune, sexagénaire, mince, femme d’affaire, mannequin… Kendall, Caitlyn, Kim, Kylie, elles sont toutes différentes et balayent, à elles seules, plusieurs formes de beauté. Sauf que là encore, ce phénomène qui est corrélé à la mode, n’explique toujours pas l’engouement de ce milieu pour les freaks.

 

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SUNDAY #Season16

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Freaks vs normal beauty

La mode fait-elle défiler des personnes « normales » ? Etant un concept aussi flou que relatif -la normalité varie d’une culture à une autre- la mode a hyperbolisé la notion de norme en faisant de la marge sa nouvelle norme. Mannequins tatoués de la tête aux pieds -comme Zombie Boy-, dents irrégulières, obésité morbide, handicap… toutes ces caractéristiques touchent les « invisibles » ou plutôt les oubliés de la société. En les mettant sous le feu des projecteurs, cette industrie attire ses meilleurs clients, les millennials, une génération qui prône la fluidité des genres et l’absence de normes. De plus, elle blanchit son image d’industrie pro-perfection. Bilan des courses ? Tout cela rapporte gros. Gucci est l’une des marques les plus  prisées de cette génération et principal contributeur au sein du groupe Kering a atteint la barre des 6,4 milliards d’euros en 2017. Comment ? En adoptant la culture du meme et du troll et en faisant des « extraterrestres » les nouveaux chouchous de la mode.

 

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Off white w the Gucci I might mismatch

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Toutefois, si on s’extasie tous au fait de trouver des pièces plus size et branchées dans les rayons de nos magasins préférés et si les dents du bonheur, les tâches de rousseur voir l’acnés deviennent chic, il suffit de voir les commentaires laissés par certains « haters » sur les réseaux sociaux pour que la réalité nous rattrape. « Grosse », « Vieille », « Pute », « Monstre », « Horreur »… il semblerait qu’une reconfiguration de certaines mentalités soit de mise pour que la rue devienne un peu plus consciente et la mode un peu moins idéaliste.