Moi 30 ans, célibataire : quand de battre mon cœur s’est arrêté !

Quelque part entre ici et ailleurs, nous avons complétement raté le coche, raté ce qui aurait pu être une vie parfaite, une vie merveilleuse, une vie faite pour être racontée aux générations à venir… Au lieu de ça, je pleure les « cracks of my broken heart (débris de mon cœur brisé)»…

J’aimais les hommes grands, minces, intelligents et bourrés d’humour. Je les adorais galants, généreux, tendres et romantiques. J’aimais être leur centre d’intérêt, le centre de leur vie, le centre de leur ‘tout’ ! Maintenant je m’en fous qu’ils soient beaux, grands, minces, gentils, présents, galants… j’ai juste envie qu’ils soient ‘GP’. sauf qu’il n’y a qu’un seul GP et autant vous dire que celui-là, il n’en a rien à carrer de Meleke N…

C’est donc ainsi que j’ai perdu tous les hommes de la terre, en perdant l’homme de ma vie. Mais le pire, ce n’est pas tant de les perdre eux… mais c’est de me perdre moi…

triste-amour

J’ai donc tout d’abord essayé de me guérir à coup de « meilleure amie ». À elle et son mari, je voue un amour et une reconnaissance tels, qu’il me faudrait plus d’une vie pour les remercier de tout cet incroyable soutien qu’ils m’ont apporté. Je leur doit également des kilos pris en un temps record à force d’essayer tous les restaurants de la banlieue, dans l’espoir de remplir le vide qui m’habite !

Mais rien n’y fait. Je ne guéris pas et je fais passer le temps à coup de larmes, médicaments et bien sûr ; de travail et de café. Du coup, du lundi au vendredi je survie et le week-end, je meurs ! Dernier remède et pas des moindres : MTV. Leurs saletés d’émissions t’abrutissent tellement, qu’il ne te reste pas assez de neurones pour pleurer, ou penser …

Ils disent qu’avec le temps va, « tout s’en va. On oublie le visage et l’on oublie la voix… ». J’ai envie de vous dire que ce sont des foutaises à la « un de perdu, 10 de retrouvés » et « yémchi Fox, iji Bobby »… avec le temps rien ne va, la douleur nous transforme en quelqu’un d’aigri… et c’est sans doute le pire !

Pour ma part, je suis prise dans une boucle temporelle qui fait en sorte que je passe par les 5 étapes du deuil… tous les jours ! Il semblerait que mon esprit n’ait pas compris le concept. Ainsi, le soir je m’endors en me disant « c’est la vie, il ne t’aime plus, passe à autre chose, arrête de te rabaisser, arrête de l’attendre, arrête de voir ce qu’il fait sur Facebook, arrête d’attendre ses messages, arrête de lui répondre, arrête de lui écrire. Ça va passer, tu verras tu réussiras à passer cette épreuve, tu verras, tu te relèveras. Et puis merde, il ne t’aime plus, arrête de t’acharner… » Et la tête remplie de convictions vacillantes, j’arrive à trouver le sommeil… ou à m’évanouir de fatigue après une journée passée à travailler et à cogiter !

Sauf que le lendemain, après une nuit faite de cauchemars et un réveil mouvementé dans un salon qui n’est plus le mien, j’en suis de nouveau au déni ! Cela commence à 7h du matin, quand je ne reconnais pas le canapé dans lequel je me suis endormie la veille. Pourquoi je suis là, pourquoi ma main ne rejoint pas la sienne, pourquoi le sticker en forme de lèvres n’est plus au-dessus de ma tête, pourquoi, pourquoi ? Merde, je ne suis plus chez moi, chez nous… où est l’homme de ma vie, pourquoi il n’est pas là avec sa mauvaise humeur du matin ? Je suis perdue… non, je suis simplement en plein déni et c’est tellement douloureux que j’en suis en colère !

reveil-dur

Nous y voilà, la colère ! J’ai envie de tout casser, alors pour ne pas mettre la maison (de ma maman) à feu et à cendres, je pars sous la douche et me remémore toutes ces choses que je déteste en lui. La colère monte encore plus et pour l’étouffer, je dévale les 4 étages qui me séparent de ma voiture pour me rendre au boulot. Je ne décolère pas, je suis à peine réveillée et déjà je suis fatiguée ! Ça commence bien !

Face à mon ordinateur, je me calme en découvrant la masse de travail qui m’attend, cette descente engendre un nouveau processus : le marchandage. J’abandonne aussitôt ma page Web pour me connecter sur Facebook et après des heures à regarder le bal des « en ligne il y a 10 min », « en ligne il y a une heure », « en ligne il y a 1 min », je fini par craquer et lui écrire. Des fois c’est un lien marrant (genre nous sommes amis, ne perdons pas notre complicité), des fois c’est une question à la con (genre, « je n’aurais pas oublié ma brosse à cheveux chez toi ? »… brosses qui se trouve dans ma trousse de beauté) et puis quand la pression est énorme, je m’en vais de mes reproches, mes plaintes et mes « mais pourquoi tu ne veux pas nous laisser une deuxième channnnnce »… pathétique ! Je m’en veux tellement après ce genre de messages, que j’en déprime !

rupture

Ah la dépression, c’est justement la 4ème étape du processus de deuil ! Réveillée il y a à peine 3 heures, j’en suis déjà au 4ème stade de ma « maladie » et il n’est que 10 heures du matin ! S’en suivent alors des heures où je jongle entre les larmes, les mots-clés, le clavier et l’espoir qu’une petite bulle Messenger s’affiche sur le coin de mon smartphone avec un message de la part de GP me disant « je ne suis rien sans toi. Je t’aime comme au premier jour. J’ai été idiot de penser que je pourrais vivre sans toi… excuse-moi. Reviens-moi mon amour… » Mais en vain…

Le soir, fatiguée et lasse, je finis par abdiquer… j’accepte enfin… la boucle est bouclée. L’acceptation programmée prend ses droits. Alors à minuit devant M6 ou TF1, je finis par m’éteindre mais le lendemain à 7h du matin, le processus est de nouveau enclenché…

Ainsi, au lieu de ressembler à une chanson de Florence and the machine « And I am done with my graceless heart. So tonight I’m gonna cut it out and then restart (j’en ai fini avec mon cœur malchanceux. Alors ce soir je vais mettre fin à mon malheur et tout recommencer) », mes journées ressemblent à une complainte signée Darren Hayes « Go switch off the stars, and paint the sky black, love isn’t ever coming back. There is no use in imagining a world without you, your love was like a drug I was addicted to (tu peux éteindre les étoiles, et peindre le ciel en noir, l’amour ne reviendra plus jamais. Je ne veux pas imaginer un monde sans toi, ton amour était comme une drogue et laquelle j’étais accro) ».

Alors toi mon amour qui ne comprend pas un mot en arabe, sache que « ou7ébouka jeddan. Jeddan, jeddan, wé a3rifou anni tawarattou jeddan. W a7ra9tou 5alfi, jémi3al marakéb, wé a3rifou anni sé ouhzémou jéddan, biraghmil doumou3i, w raghmil jira7i, w raghmil téjérib… »