Moi, 30 ans et cadre moyen : à quand la retraite !

« Le travail c’est la santé. Ne rien faire c’est la conserver. Les prisonniers du boulot n’font pas de vieux os. Ils bossent onze mois pour les vacances, et sont crevés quand elles commencent », nous chantait Salvador ! Métro, boulot, dodo, je n’en peux plus, je sature, je veux partir à la retraite !

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J’ai 30 ans, deux mois et 22 jours et déjà je ne rêve que d’une seule et unique chose : la retraite ! Je n’en peux plus de me réveiller à 6h45 tous les jours, oui tous les jours, même en week-end alors que tout le monde pionce. J’en ai marre de devoir prendre une douche sans aucun plaisir, me coiffer (enfin c’est compliqué, parce que mes cheveux et moi c’est une longue histoire de désamour mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois), me brosser les dents, boire ma Ricorée avec deux sucrettes, avaler une demi tablette de chocolat en cachette et me relaver les dents.

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Mais le pire, c’est quand je me mets derrière mon volant ! Peu importe l’heure qu’il est, peu importe l’itinéraire que je vais prendre, je vais devant un embouteillage sans fin ! Et si ce n’était que ça ! En plus de l’embouteillage, de la pollution et de cette maudite « première, deuxième », il faut faire face à l’incivilité de nos chers compatriotes. Entre celui qui te maudit juste parce que tu es une fille, celui qui s’énerve – tout seul – parce qu’il n’est pas du matin et celui qui tente de créer une 5ème voie (oui, car nous – les tunisiens – sommes persuadés que si une place peut laisser passer une mini moto, elle peut aussi laisser passer une voiture… et allez comprendre comment… ça marche !), ces 20km qui séparent mon doux foyer de mon lieu de torture (AKA, mon boulot) se transforment en 300 km !

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Une fois au boulot, ça ne s’améliore pas ! Mon manager se demande pourquoi je suis arrivée si tôt (oui, ça ne s’invente pas !). L’air ennuyé, il me fait savoir que désormais – à cause de moi -, il sera obligé de venir plus tôt que d’habitude. Petit rappel, l’heure inscrite sur mon beau contrat de travail (qui me servira sans doute de confettis d’ici quelques mois) est 8h00, je suis arrivée à 8h15…

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Puis commence cette longue journée. Derrière mon Mac – dont 90% des fonctions m’échappent-, je fais le deuil de mon acuité visuelle. Après une matinée passée à noircir ma feuille Word, déversant dedans tout mon savoir académique et ma créativité débordante, j’avais déjà l’impression que j’étais vidée.

Midi tapante, il faut déjeuner ! Bien qu’il soit sur le pouce, le déjeuner est le seul moment où je peux enfin me plaindre en menaçant de tout plaquer devant des collègues qui comprennent parfaitement ma folie.

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Après mon quart d’heure syndical, je me remets tel un automate au boulot. 15h00, sonne l’heure à laquelle nous reviennent les corrections et les remarques de nos « supérieurs » hiérarchiques. Que n’est pas grande ma surprise quotidienne en « découvrant » le travail de toute une matinée, raturée, échangé par des formules franchement pas plus pertinentes, dénudés d’âme (mon âme) ! La version Alpha est donc changée par une version Béta pas très convaincante. Puis finalement à 17h00, mon boss repense sa stratégie et valide la version Alpha en y apportant une correction tellement minime que je la cherche encore. Oui mais voilà, aux yeux de mon N+1 cette fameuse virgule au 15ème paragraphe fait toute la différence… allez comprendre !

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18h00, l’heure de la délivrance… Enfin, pas vraiment. Il faut affronter à nouveau l’embouteillage. Les cris, les insultes et en option les bébés brailleurs ! 18h45, i’m home ! Je n’ai qu’un seul objectif : manger et regarder scènes de ménages. Le générique de fin de ma mini-série pas encore achevé, que je suis déjà dans les bras de Morphée. A peine ai-je bougé, qu’un bruit un peu trop familier vient ‘caresser’ mes oreilles… la sonnerie du réveil ! impossible mais vrai, je suis déjà à ‘demain’ !

Et les Week-end ce n’est pas mieux ! Je passe le samedi à essayer de dormir pour récupérer et le dimanche à ranger mes affaires, faire des lessives et me préparer psychologiquement à affronter la lonnnnngue semaine qui s’annonce !

Non franchement, à quand la retraite ?