Blue Monday : La mort de Charles Aznavour

Notre grand-mère l’adorait. Notre mère l’adorait. Nous l’adorions. Il n’y a pas une génération qui ne connaisse pas Charles Aznavour ou qui ne fredonne pas l’un de ses chef-d ’œuvres. Aujourd’hui, cette icône de la chanson française n’est plus.

Une odyssée artistique improbable

Le succès s’est fait attendre pour ce franco-arménien, grand ami d’Edith Piaf et de Sylvie Vartan. Charles Aznavour a en effet longtemps composé pour les autres (le regretté Johnny Hallyday en tête) avant de s’intéresser à sa propre carrière. Ayant connu des problèmes de chant qu’il croyait irrévocables, le prodige de la chanson française a goûté au succès par inadvertance. C’est en effet en reprenant Je m’voyais déjà, en 1960, une chanson, qu’Yves Montan a refusé d’interpréter et qui raconte l’histoire d’un chanteur raté, que la consécration vint.

L’amoureux des mots

Charles Aznavour crée par synesthésie c’est-à-dire qu’il « voit les mots » comme il l’explique lors de cet entretien avec François Busnel, un an avant sa disparition. « Dites rond. Vous ne voyez pas que c’est rond ? » fidèle à son humour légendaire, celui qui a défendu la cause homosexuel en prônant la liberté d’expression via sa chanson Comme ils disent, Charles Aznavour avait le souci du mot parfait, d’où son amour des dictionnaires et de la langue française.

Voici l’un de ces derniers entretiens, là où il se met à nu sur le plateau de la Grande Librairie.

Un artiste engagé

Mais autre sa passion pour la liberté, cette rage viscérale qui l’anime, Charles Aznavour s’est enrôlé dans la cause arménienne en supportant son pays d’origine. Il a dédié une chanson à l’Arménie Pour Toi Arménie, après le séisme qui a secoué le pays en 1988 avec le soutien de 22 artistes. L’interprète de Formidable dira peu de temps après que « L’Arménie et les Arméniens sont dans mon cœur comme dans mon sang ».

Repose en paix, grand Charles Aznavour.