Myriam Denguezli, l’héritière du noir

Jeune et jolie, désobéissante à la mode, Myriam Denguezli est à l’aube de sa carrière. Quand vient le temps de la fashion week à Paris, les défilés l’électrise et les rencontres ne semblent plus l’intimider. De ses études à LISAA et à ESMOD Paris, Myriam retient une folle envie de dépassement pour aller plus loin, vers des projets taillés à son image. On vous en dit un peu plus sur le talent de cette jeune créatrice tunisienne. 

On t’aperçoit rarement en Tunisie, on te connaît surtout via les réseaux sociaux et on discerne dans ton travail une démarche novatrice. Qui es-tu, Myriam ?

 

Je suis tunisienne et j’ai vécu toute ma jeunesse à Tunis. J’ai ensuite emménagé à Paris pour concrétiser ma passion pour la mode. J’ai commencé par intégrer une prépa d’art générale à LISAA, puis j’ai rejoint l’école ESMOD à Paris pour enfin réaliser mon rêve de petite fille, créer ma marque de vêtement. Je suis quelqu’un d’assez curieux, passionné et au final je m’émerveille vraiment de petites choses.

Ma famille et mon environnement  proche, mon atout,  m’encouragent et me poussent chaque jour à développer ce côté manuel et créatif qui est en moi.

 

Comment ton ascension dans le monde de la mode a commencé ?

 

J’ai toujours su que je voulais travaillais dans l’art. Par contre, concernant la mode, cela remonte au collège quand j’effectuais mon stage de 3ème dans l’usine de confection du groupe Mabrouk en Tunisie, j’ai eu une révélation. J’ai su que la création, la mode, était ma vocation.

 

 

Qui sont tes créateurs préférés et comment t’emmènent-ils là où tu as envie d’aller ?

 

Je respecte beaucoup les créateurs qui arrivent à imposer leur ADN et leur univers dans un monde où la mode se réinvente chaque jour comme Mugler, Mc Queen, Hedi Slimane, chez Saint Laurent etc. Je m’inspire aussi de notre cher Alaïa pour le choix des matières et des lignes. La scène plus alternative du prêt-à-porter street wear comme MISBHV, Enfants Riches Déprimés, Gypsy Sport et d’autres m’amènent également à réfléchir sur la mode que j’ai envie de faire.

 

Tes créations traduisent une réflexion complexe autour de la verticalité, autour de la couleur noire et des accords de matières. Comment composes-tu tes looks ?

 

Je crée de la matière à partir d’éléments bruts (peaux, fourrures et matières nobles). Mon travail consiste à m’attarder sur les lignes et les matières du vêtement plutôt que sur la couleur. Ainsi mes créations suscitent un effet de chaleur grâce à une certaine froideur dans le choix des matériaux. La peinture sert souvent de point de départ à mes modèles. Je mélange des coquilles de lychee, du bois, de l’argile, etc, puis je constitue des silhouettes à la fois sauvages et maitrisées.

 

Quels sont les moments les plus forts de ta jeune carrière ?

 

Ma rencontre avec Naomi Campbell pendant la dernière Fashion Week de Septembre était courte, mais intéressante pour moi. J’étais surprise de son attention envers le projet. Une preuve que c’est peut être possible.

J’ai également mon ami Gianluca Santoro, le photographe officiel du Magazine Harper’s Bazaar qui m’aide à percer dans l’industrie et à faire des rencontres clefs.

 

Des projets pour la suite ? Envie de rentrer en Tunisie ?

 

La Tunisie est ma terre, ma base mais je ne sais pas encore si je pourrais rentrer définitivement un jour. Ce qui est sûr c’est que j’aimerais vendre mes créations en Tunisie à moyen terme. Je travaille actuellement sur un nouveau projet encore  secret que j’ai hâte de faire connaître en Tunisie.

 

La mode en Tunisie en 2025, ça ressemblera à quoi selon toi ?

 

Difficile à dire mais je vois des beaux projets qui aboutissent dans le domaine de la création en Tunisie comme le concept store Mooja ou Square 5 Studio qui sont à la hauteur des concept stores parisiens. J’en suis très fière et ça me poussera à développer des projets transversaux entre mon pays d’origine et mon pays d’adoption.