News choc : Une école pour former…des influenceurs ?

Elles sont belles, perspicaces et manient les réseaux sociaux comme personne. Les influenceurs –des digital natives pour la plupart- sont, pour les adolescentes d’aujourd’hui, l’équivalent d’une wonder woman 2.0. Donc, forcément, quand notre petite sœur, fraîchement débarquée au lycée, nous lance un « je veux devenir influenceuse ! » on lui rit au nez enfin, ça, c’était avant qu’on ne découvre la Social Academy.

Vers un blogging académique ?

Une influenceuse –coucou Chiara Ferragni- est, par définition, une personne autodidactique qui a su tirer profit de la world wide web afin de bâtir un empire digital. Cette femme d’affaires nouvelle génération a donc le mérite d’avoir construit un édifice à son image, sans avoir à subir des contraintes d’ordres académiques. Mais, si cela est bien fascinant, ladite influenceuse n’a pas vraiment de légitimité : parler de mode tout en étant une « outsider », assister à des défilés sans connaître les méandres de ce milieu ou encore, jouir de moult privilèges suite à un « like » peut dérouter plus d’un/e journaliste MODE. Pour remédier à cette « illégitimité », le mastodonte médiatique Condé Nast (qui compte dans ses rangs GQ, Vanity Fair ou encore Vogue) a décidé de s’associer à la Social Academy afin de crédibiliser « la formation » de ces influenceurs en herbe.

On apprend, par exemple, dans les colonnes des Inrocks, que la première « génération » d’influenceurs « académisés » compte 20 femmes. Au programme : des cours sur la gestion de l’image, des cours théoriques –qui flirteraient avec un journalisme plus actuel- le choix des mots-dièses (on ne parle plus de ligne éditoriale) mais surtout, l’incorporation de ce mantra : authenticité, singularité et compétence.

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Une arme à double tranchant ?

Cette initiative mettra-t-elle fin à la guéguerre qui s’est installée entre journalistes et influenceurs « autodidactes » ou risque-t-t-elle d’éradiquer le journalisme lambda ? il n’y a pas d’ambiguïté pour les hauts responsables du Condé Nast puisque leur « responsabilité envers la société est de former les gens. Et si un jour une entreprise a besoin d’influenceurs professionnels, entraînés, nous serons les seuls à pouvoir leur en offrir. »  Tout en réfutant « le mythe selon lequel les influenceurs sont les ennemis des médias ». Nous voilà donc face à une révolution dans le journalisme maquillé par un jargon digitalisé. Cet influenceur hybride véhiculera de facto l’image des magazines qu’ils représentent, partagera « sa recette » avec eux et ne sera que partiellement neutre.

Conclusion ?

Si l’expérience d’un blogging formel peut attirer plus d’un, cela n’en demeure pas moins un guet-apens. En effet, les influenceurs se démarquent des journalistes classiques par la liberté dont ils jouissent. Par conséquent, formaliser leur « passion » reviendrait à les dévitaliser d’une part tout en se servant d’un phénomène crée pour se défaire des stéréotypes journalistiques. Bref, pomme empoisonnée ou réelle aubaine, on vous laisse le soin de délibérer « en votre âme et clavier ! »