Pourquoi j’ai dit NON au bikini-« bitch »-perfect-body ?

Ok, vous vous dites certainement que la tarée qui est en train d’écrire cette chronique est doublée d’une mythomane professionnelle. Et bien, vous n’avez pas entièrement tort. Toutefois, j’ai vraiment fini par laisser tomber ce fameux « bikini body » parce que ça n’en vaut –vraiment- pas la peine.

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Ce n’était pourtant pas gagné au début

Celle qui râle tout le temps en clamant haut et fort son droit de narguer le moule social pour vivre juste à côté a pourtant succombé aux pires régimes disponibles en un seul clic –mais surtout, dans plus d’un magazine féminin-. En effet, mon estomac a dû subir mes dérives alimentaires avec notamment le must des régimes, celui de la soupe au chou, l’hypocalorique, le fasting –jeûne intermittent-, la chrononutrition –manger à des heures fixes une certaine catégorie d’aliments-, le régime fourchette, petits pots, algues, 2/5, 4/3, détox en tout genre avant de remanger n’importe quoi tout en soupirant devant la glace. Oui j’ai malmené mon corps, mon métabolisme et mes nerfs pour, au final, n’être jamais contente.

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J’ai aussi testé des cures, qui marchaient, une monodiète qui était plutôt intéressante mais sans me poser les BONNES questions : étais-je vraiment contente en étant ultra-mince ? Pourquoi je voulais être aussi fine ? Je savais que je maigrissais pour moi-même et non pas pour plaire à telle ou telle personne –ouf, je suis une anti-conformiste, une anarchiste, une Sex Pistol pure et dure- mais alors, pourquoi j’ai craqué en voyant cette ribambelle de régimes abracadabrants ? Autrement dit, qu’est-ce que j’ai fait de ma lucidité ? –je l’ai vendue aux enchères-

Le déclic

J’ai toujours adoré mon métier car il me permet d’évoluer en côtoyant des personnes formidables. Le premier déclic que j’ai eu était en parlant avec « ma boss ». Elle me disait que oui, les réseaux sociaux nous obligent à refléter une image trop lisse, « parfaite » alors que ce qu’on montre est loin d’être un cadeau. Cadeau empoisonné ou réelle aubaine ? J’ai encore réfléchi avant de me dire mais « fuck les privations, et si j’écoutais mon corps ? Et si j’arrêtais de me maquiller et d’ailleurs, pourquoi je me maquille ? » Je suis même allée plus loin en refusant de m’épiler, au grand dam de ma mère qui interprétait mon expérience sur mes propres poils comme le comble de l’hérésie et de la crasse,  parce que « je n’en avais pas envie ». Je ne vous cache pas que j’ai toujours eu des complexes par rapport à mes seins, que je trouvais trop petits et ma dentition qui était…pourrie. Or, depuis quelques semaines, je me suis demandée si vraiment la taille de mes seins me dérangeait « non, mes nénés me plaisent. Mon corps aussi, pourquoi je voudrais y changer quelque chose ? Et quand bien même je le voulais, c’est moi qui le VEUX et non pas un copain qui me prend pour l’une des deux sœurs Hadid ou une pote un peu trop « bienveillante » qui n’arrête pas de me comparer avec une énième influenceuse. Aujourd’hui, je sors sans make-up et je ne me maquille que quand J’AI envie de le faire. Après, j’ai tellement envie qu’un travail soit fait sur la perception qu’on a de notre propre corps, de nos sentiments, de nos émotions et ce, abstraction faite de comment on doit être.

By the way. #beachbod

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La société, ce mal du siècle

Cette allitération en « s » -répétition d’une consonne- connote le silence, quelque chose de sournois qui nous mine de l’intérieur. Ce caractère sournois est tellement révélateur de la société dans laquelle on vit. Personne ne nous dit frontalement de s’épiler, de maigrir, de grossir, de cacher, ô malheur, ce « téton qu’on ne saurait voir » ou ces cheveux indisciplinés, pourtant, tout a été mis en œuvre pour qu’on le fasse, filles et garçons, tous sexes confondus, pour qu’on soit conforme aux règles, aux diktats, bref, aux volontés de la société. Telle une Marie-Antoinette offusquée lors de son arrivée à Versailles –comme le montre génialement Sofia Coppola dans ce film dédié à la dernière Reine de France-, nous finissons par nous conformer par devoir social, sans, souvent, prendre la peine d’écouter nos propres désirs.

Il était temps 🤗 #bodyhairdontcare

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Combien d’entre nous se sentaient mieux avec leurs cinq kilos « de trop » ? Leurs poils sous les aisselles ? Leur bide ? ou encore, leur silhouette maigrichonne ? Et maintenant, en étant gaulé-e-s comme le voulait l’Impératrice Société, comment nous sentons-nous ? les diktats violent notre liberté, la liberté fondamentale et originelle d’être nous-mêmes. Maigrir, grossir, se trimbaler sans ou avec ses poils, ses grains de beauté, son teint de post-cuite bref, avec tous ses petits « travers » qui sont au bon endroit, qu’on se le dise tout de suite, c’est est ce qui v(n)ous constitue. Alors, avant de vous adonner à un challenge qui n’a ni queue ni tête et/ou à des objectifs insensés, réfléchissez sur ce que vous voulez vraiment parce que la liberté de penser n’a pas de prix.

On the left: 138 pounds, complimented all day and propositioned by men and on the cover of a tabloid about diets that work. Also, sick in the tissue and in the head and subsisting only on small amounts of sugar, tons of caffeine and a purse pharmacy. On the right: 162 pounds, happy joyous & free, complimented only by people that matter for reasons that matter, subsisting on a steady flow of fun/healthy snacks and apps and entrees, strong from lifting dogs and spirits. Even this OG body positivity warrior sometimes looks at the left picture longingly, until I remember the impossible pain that brought me there and onto my proverbial knees. As I type I can feel my back fat rolling up under my shoulder blades. I lean in.

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Voici une vidéo super-méga-hilarante qui vous donnera envie de rire au nez de la Reine Société !