Notre Interview avec Lotfi Hamadi

Lotfi Hamadi, 37 ans, actuellement RP de The Factory à La Marsa, après avoir fini ses études en France, il s’est installé au Canada avant de retourner dans son pays natal, la Tunisie, lors de la révolution .

Grâce à son activité dans la société civile et ses multiples actions associatives, Lotfi Hamadi est devenu une figure publique bien renommée en Tunisie, surtout par les internautes.

“S’engager , c’est pas vouloir changer le monde, on ne changera jamais le monde, mais il suffit de changer la vie d’un petit enfant pour se sentir bien ”

FFD: Vos activités associatives?
L.H : J’ai monté un projet qui s’appelle “ Wallah We Can”, c’est une action qui concerne les internats en Tunisie; il y a 400 internats qui hébergent les enfants venant de familles trop pauvres ou qui habitent dans des endroits isolés, malheureusement, ces internats sont des établissements publics dans un pays ou l’économie est défaillante et l’État est affaibli ce qui fait qu’ils ne peuvent pas compter sur l’état pour apporter un minimum de confort pour les pensionnaires.

L’objectif principal de “Wallah We Can”, c’est de rendre ces internats énergiquement autonomes par le biais de l’énergie solaire photovoltaïque.
Vu que le budget de ces internats est trop faible, les enfants y vivent dans des conditions d’hygiène déplorables, ils ne se lavent pas pendant plusieurs semaines parce qu’ils n’ont pas de l’eau chaude, ils dorment avec des couvertures sales, les filles n’ont même pas des serviettes hygiéniques… Avec ”Wallah We Can”, on veut faciliter la vie de ces enfants en leur offrant le minimum de confort pour qu’ils réussissent.

FFD: Vous vous engagez, pourquoi ?
L.H : Je viens d’un petit village à Siliana, l’un des gouvernorats les plus pauvres en Tunisie, ma mère était femme de ménage et mon père travaillait en France, pourtant, je ne peux pas me plaindre de la vie que j’ai vécu, j’étais dans les plus beaux endroits, j’ai fréquenté l’élite intellectuelle, artistique et culturelle en Europe comme en Amérique du nord et même en Asie… Comment, me dites-vous ? C’est parce que quand j’étais petit, il y avait des personnes pour m’aider et me permettre d’avoir la chance de m’en sortir.
Ces gens étaient là pour nous, du coup, je dois être là pour les autres.

FFD: Est-ce que vous croyez au milieu associatif en Tunisie ?
L.H : Je crois plus à la solidarité,  parce qu’on est dans nos débuts, on est dispersés, du coup, le milieu associatif n’est pas assez efficace, toutefois, je trouve que c’est normal vu qu’on vit dans une période post révolutionnaire, qui nécessite de la patience et de la persévérance, si on est tenace et optimiste, on y arrivera .

 

crédit photo : Bayrem ben M’rad