Crush livresque : La vie n’attend pas de Noura Boujemaa Abid

Hier soir, nous étions conviés à la présentation du dernier opus de Noura Boujemaa Abid, La vie n’attend pas, au concept store Mooja.

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Pour se mettre dans le bain

Après un speech d’une dizaine de minutes où l’autrice nous a esquissé l’essentiel de son récit, une autobiographie basée sur un traumatisme qu’elle a vécu –une rupture d’anévrisme- , elle a enchaîné les dédicaces avec une émotion inouïe. Entourée de ceux et celles qui l’aiment et qui la soutiennent encore, et notamment sa fille et son médecin traitant, présents tous deux lors de la présentation, l’écrivain semble avoir vécu une sorte de renaissance suite à son accident.

Une écriture sans fard

Le discours de Noura Boujemaa Abid nous a tout de suite donné envie de savoir un peu plus sur son histoire et sur sa convalescence, comment un tel incident a-t-il impacté sa vie ? Comment, aujourd’hui, elle sourit, s’exprime et écrit en toute transparence ? Comment elle a repris goût à la vie ?

Pour ce faire, « je » me suis éclipsée dans le jardin de Mooja, tenant un précieux butin : le livre de Noura Boujemaa Abid. Loin de la cohue environnante, j’ai pu découvrir que l’autrice a eu son accident en 2013 et que, depuis, tout s’est enchaîné très rapidement pour elle. Une écriture limpide et sincère, un style simple, quasi minimaliste ponctué de citations – chères à l’autrice et qui nous donne un aperçu sur son univers littéraire- et un je qui ne cesse de muter, oscillant entre le tragique, la mélancolie et la fureur de vivre, voici comment ce livre de quatre-vingt-cinq pages a réussi à nous happer. Loin de tomber dans le pathos, Noura Boujemaa Abid a célébré, à travers une expérience douloureuse, la vie. Elle a tenu à « sublimer sa douleur en choisissant l’écriture comme thérapie ». Projet aussi bien littéraire que curatif, ce livre prouve, in fine, que la vie devrait être savourée dans chacun de ses recoins et qu’elle est bien trop courte pour qu’on se laisse submergés par ses « petits tracas ».

Sur le plan de la forme, La Vie n’attend pas est fulgurant par l’intensité de ses chapitres. Très courts, ils sont imagés, incarnant ainsi une mimésis frappante du vécu de l’autrice, de ses souvenirs les plus intimes.

On rit beaucoup en lisant ce livre. Mais on rit en étant conscients aussi bien de la futilité que de la fugacité de la vie.

La Vie n’attend pas de Noura Boujemaa Abid, 85pg aux éditions Appolonia, 20DT.