PAVILLON SOUKRA VALLEY : un endroit où on se sent chez soi

Au loin, le chant d’un coq déchira le silence. L’olivier, stable, veille sur le pavillon comme un gardien de temple sacré. Il est tantôt orné de bleu, tantôt de rouge, tantôt de violet… Les couleurs se projettent sur lui, et il reste là, imperturbable. A travers la baie vitrée, les bambous se balancent aux rythmes du vent. Leur danse est hypnotisante. Bien au chaud, dans cette bulle protectrice, je ne regrette pas du tout les formes de civilisation bruyante qui m’ont accompagnées au cours de ma route vers le havre de paix où je me trouve actuellement.

C’est dans ce cadre que je rencontre Monsieur Amara, directeur général du Pavillon Soukra Valley, cet endroit exceptionnel dans lequel je me trouve.

Selima : « Si je vous demandais de présenter Pavillon Soukra Valley », que pourriez-vous en dire ?

Maher Amara :  « Pavillon Soukra Valley, c’est un endroit en dehors du temps, jailli de nulle part dans une nature complètement sauvage. Interdiction de couper les arbres ! Il y a des figues de barbarie, des bambous sauvages. Nous avons aussi des vaches, des caméléons, un coq…

Dans le pavillon, on se sent en sécurité, zen. On a envie d’y rester. L’idée c’était d’ouvrir cet espace à un public averti et réactif qui saura vivre un instant magique et unique. Loin du chichi, c’est un espace convivial, il s’agit là d’une coupure par rapport à ce qui se fait d’habitude. Il est possible de donner au pavillon une atmosphère particulière, de le transformer, le temps d’une soirée sans qu’il ne change d’âme. Il est interdit de cacher les murs par exemple. Le pavillon a une âme qui lui est propre. Il s’impose dans l’événement qu’il « abrite ». On peut l’enrichir par une scénographie et un thème. Le pavillon est capable de s’y adapter.

Pavillon Soukra Valley, c’est avant tout un réceptif d’événements. Trois types d’événements peuvent s’y tenir. Il y a d’abord les événements « corporate », lancements de marques, dîners gastronomiques, team building, expositions… Le Pavillon Soukra Valley accueille également les événements privés tels que les soirées, enterrement de vie de jeune fille et cérémonies privées. Le troisième type d’événements concerne le Pavillon Club, ce sont des événements organisés par Pavillon Soukra Valley, programmés à l’avance. Ils peuvent aussi être privés.  L’idée est d’offrir une nouvelle idée de sorties, un endroit où on peut assister à un spectacle puis se réchauffer autour d’un café, discuter… »

Selima: « Parlez-nous de l’idée de la création de cet espace. Quel a été le point de départ ? comment est née l’idée ? »

Maher Amara : « J’ai dessiné et construit le bâtiment que vous voyez aujourd’hui. C’est un bâtiment qui, vous l’avez sans doute remarqué, est en forme de Y, signe du Yin et Yang. Ce bâtiment a connu deux vies. Il a été construit en 2008. Dans sa première vie, ce bâtiment a abrité une société d’ingénierie, une vie de créativité où il était question de machines spéciales, de conception de robots. La deuxième vie du pavillon a commencé en 2016. L’idée était de préserver l’intimité du bâtiment tout en le maintenant en vie. L’esprit était le même, pas très public, une capsule out of time. Tout comme, la société d’ingénierie, qui était certes présente dans l’ici et le maintenant mais connectée ailleurs car on visait à ce moment-là, l’export. »

Selima : Pourquoi avoir choisi cet emplacement ?

Maher Amara :  Cet endroit c’était un no man’s land. Il n’y avait pas d’adresse. J’ai créé le nom Soukra Valley. Tout le quartier s’appelle maintenant Soukra Valley. Le domaine c’est Soukra Valley et le pavillon s’appelle Pavillon Soukra Valley.On ne voulait pas en faire une industrie, on voulait lui donner une vie. Il peut se transformer au gré des goûts. Il a quatre ou cinq vies en une semaine, une sorte de caméléon.

Selima : « Quelles sont les activités qu’a connues le Pavillon depuis 2016 jusqu’à maintenant ? »

Maher Amara :  » On a eu un positionnement prémium dans notre ligne de réflexion. Des lancements de marques se sont tenus dans le pavillon : Jean-Paul Gautier, le lancement de la nouvelle huile Nuxe 25, l’Audi A3, la nouvelle Golf… Il y a eu des rencontres avec l’entreprenariat, tout ce qui a rapport avec la création d’entreprises, comme le programme EU 4 Youth. Le Pavillon a également accueilli le Orange Summer Challenge 2017.  Par ailleurs, nous avons aussi accueilli des manifestations dans le domaine pharmaceutique, le domaine du e-health, mais aussi des soirées privées et des défilés de mode . »

Je continue ma progression dans le pavillon. Mes yeux s’arrêtent sur la porte imposante, un bijou de 750 ans, une porte vers le passé.  Elle a été achetée avant même la construction du bâtiment, dans le sud Tunisien, dans ce qui était un quartier de marchands d’esclaves et de chameaux.

Je remarque que le rez-de-chaussée est très lumineux, les bais vitrées, à droite et à gauche, nous offrent de la lumière et une vue imprenable sur la nature à l’état sauvage. Les briques, au fond de la pièce, donnent un air rustique à cette ambiance moderne. Deux silhouettes sombres se dressent au loin. Je m’avance. Et je découvre deux sculptures, chef d’œuvre à base de récupération de la ferraille. Maher Amara nous en parle.

Selima : « La décoration de l’espace m’a beaucoup parlée, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce choix particulier ? »

Maher Amara :  » Comme vous l’avez sans doute remarqué, les statues sont faites de pièces de machines. En fait, chaque pièce est un projet. Nous avons lancé un appel d’offre. L’artiste Mohsen Jelliti a réussi à donner une nouvelle vie à ces matières précédemment utilisées dans notre société d’ingénierie. Le thème proposé était en rapport avec les difficultés imaginaires que nous pouvons rencontrer et contre lesquelles nous nous battons. Ainsi, nous passons une partie de notre temps à nous battre contre des moulins à vent. Cela nous a directement mené à l’histoire de Don Quichotte et Sancho Panza. D’où les deux statues, l’une de Don Quichotta (version féminine de Don Quichotte) et l’autre de Sancho Panza, elles représentent pour moi de part les éléments qui les constituent, les années de travail. Aujourd’hui, ce sont les gardiens et les maîtres du Pavillon. J’ai toujours eu dans l’idée de construire un bâtiment qui ressemble au Pavillon, je voulais surtout avoir ce contraste entre le rustique et le moderne, le traditionnel et le minimaliste. Vous voyez les briques ? Elles sont toutes différentes, chaque brique est unique, aucune n’a les dimensions de l’autre ni les traces. Vingt mille briques différentes, vous imaginez ? « .

Je continue de flâner dans le Pavillon, entre les différents étages. Au rez de jardin, un espace sérieux, dédié au buchage avec une vue imprenable sur une magnifique cour anglaise. Qui avait dit qu’on ne devait travailler qu’entre des murs tout blancs sans profiter de la vue ? Je remonte retrouver Don Quichotta et Sancho Panza. Ils s’harmonisent parfaitement au décor, apportant leur petite touche à cet intelligent mélange de traditionnel et moderne. Cet espace offre une certaine neutralité, pouvant se transformer aux grés des envies. Les escaliers me mènent à un espace respirant le luxe, épuré, idéal pour les réunions de travail mais également aménagé pour la détente.

Au gré de cette petite balade, me reviennent les mots de Maher Amara, le Pavillon est plus qu’un endroit auquel on va pour assister à une soirée ou à un événement quelconque, c’est un endroit où on se sent serein, c’est un endroit où on se sent chez soi.