Le plagiat en mode ; un véritable fléau

Une fois n’est pas coutume. Chaque saison amène son lot de désillusions et d’accusations de plagiat. A l’heure des Smartphones et du savoir au bout du clic, c’est une tendance qui ne faiblit pas ; le copier coller fait recette.

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La mode, un éternel recommencement

En effet, les plagiats récurrents dans le milieu de la mode suggèrent un sérieux manque de créativité de la part des stylistes et c’est souvent les petits designers sans défense qui font face aux grands et à leurs armées d’avocats. Il est clair que la mode est un éternel recommencement mais entre un design remis au gout du jour et un design volé, il doit bien y avoir une différence.
La mondialisation a pratiquement tout influencé pour enfin toucher le style vestimentaire. La société d’aujourd’hui est en surconsommation et avec le fléau d’influencers sur instagram, le designer se trouve devant une hausse de demande et donc une accélération du rythme de production et de création. Créer une collection n’a jamais été facile car l’inspiration prend du temps et les designers qui se respectent l’ont compris. Azzedine Alaïa a déjà mis 6 ans avant de présenter une nouvelle collection. Toutefois, pour plusieurs autres marques, le temps c’est de l’argent, tout doit être fait au plus vite. Pour respecter ces contraintes, certains stylistes vont à la facilité, quitte à voler les designs d’autres créateurs, artistes souvent bien moins connus et qui se retrouvent sans défense.

Comment départager le plagiat des influences qui se développent de manière inconsciente ?

Dans un marché de plus en plus ouvert où les créateurs sont bombardés d’images quotidiennement, l’artiste souffre de voir son travail, durement crée se faire voler sans aucune reconnaissance ou compensation.

La multinationale Zara a très souvent été accusée de plagiat. Quelques mois plus tôt, on apprend qu’elle avait, une fois de plus, volé des designs d’artistes. L’objet en question, cette fois-ci est des chaussettes. En Avril dernier, le styliste et designer Sud-Africain Laduma Ngxokolo a publié sur sa page Facebook un message dénonçant l’enseigne espagnole. La chaîne de magasins a en effet débuté la commercialisation de chaussettes pour hommes dont les motifs ne sont pas sans faire penser aux pièces du créateur. Outre les petites marques de prêt-à-porter, on voit également ce phénomène se propager dans les rangs de la haute couture.

Cette fois-ci, la maison Dior ne reste pas sous le radar puisqu’elle n’échappe pas à la fashion police de l’industrie. Le mois dernier, une ville roumaine accuse la marque de plagiat. Dans un coin reculé appelé Bihor, les habitants ont confectionné une veste sans manches et remplie de couleurs. A leur mauvaise surprise, ils apprennent que cette veste traditionnelle avait été reprise presque trait pour trait par Dior.

Afin de lutter contre ce fléau, le site internet et le compte instagram  « shop art theft » ont été créés. Le but est de répertorier tous les articles volés par les marques de type Zara et de vous renvoyer directement sur le site du créateur. Le plagiat de ces grandes marques signe la mort des petites entreprises et des créateurs. Alors oui c’est plus cher, mais il vaut mieux acheter moins et mieux en favorisant des petits créateurs, une qualité et un savoir faire que l’on ne retrouve désormais que chez eux.

Qu’en est-il de la mode en Tunisie?

Malheureusement, l’industrie de la mode en Tunisie n’échappe pas non plus à ce phénomène. Il suffit de voir défiler les différentes créations lors de la Fashion Week pour remarquer qu’il y’a des pseudo-designers tunisiens dépourvus de toute créativité. Certains devraient revoir l’éthique de la mode car l’habit ne fait pas le moine.