Potins et scandales : Le remue-ménage de l’affaire Weinstein

Depuis une semaine, son nom est sur toutes les lèvres. On parle bien sûr de Harvey Weinstein. Pour ceux (et celles) qui ne le savent pas encore, Harvey est l’un –voire le- plus grand producteur de films à Hollywood. Figure de proue du cinéma hollywoodien, Harvey n’est pourtant pas un « Saint ». On lui connaissait des frasques, des dérapages en tout genre, une « impulsivité » qui électrisait plus d’une « starlette » mais Harvey, c’est aussi ce bonhomme qu’on remercie le plus lors des cérémonies officielles, selon un récent sondage (ex-aequo avec Dieu, parait-il). On avoue qu’il y avait comme anguille sous roche…

Jusqu’à quand l’omerta ?

Oui mais voilà, il n’a fallu que d’un article pour descendre le « mogul » des studios hollywoodiens. La vérité a fini par éclater suite à l’apparition d’une enquête (un dossier ingénieusement ficelé et qui recensait les noms des victimes de ce traqueur de midinettes) pour faire tomber le faux messie du 7ème Art. Publiée respectivement dans le New York Times et le New Yorker, cette enquête a pointé du doigt l’abus de pouvoir d’un homme, rongé « par ses démons » et « en proie à ses pulsions » (comme l’avait souligné son porte-parole). Un homme de pouvoir qui en a, hélas, longtemps abusé. En gros, Harvey c’est ce monsieur qui croyait qu’on pouvait acheter la dignité d’une femme avec un simple mea culpa. Drôle de tragi-comédie.

 Un tsunami médiatique

Pourtant, on n’était pas dupes : dans le cinéma, la mode ou ailleurs, les femmes ont toujours été un objet de « désir ». Sollicitées malgré elles, sujettes à une pression et parfois, contraintes à se taire –même si Courtney Love a déjà dénoncé Harvey Weinstein en 2005, mais que voulez-vous, c’était la parole d’une junkie contre celle d’un obsédé sexuel et bien sûr c’est l’homme, avec toutes les horreurs qu’il trimballe, qui l’emporte- finissent par céder aux avances de tous ces Harvey Weinstein.


Les journalistes du New Yorker avaient conscience de cela d’où le besoin de mener une enquête « qui a duré plus de dix mois » afin de construire un dossier crédible corroboré par une vingtaine de témoignages.

Si Ronan Farrow, le fils de Woody Allen s’est démené afin de faire éclater la vérité, ses consorts avaient conscience de l’enjeu de leur entreprise. « Nous avons donc pu nous procurer ce document et nous rendre compte que ses plaintes n’avaient pas franchement été suivies d’effet. C’était une preuve très solide, et j’étais ravie que nous puissions mettre la main sur ces traces écrites parce que cela me donnait l’impression, dans un sens, que nous permettions à ces femmes de se faire connaître en subissant moins de pression. » dixit en ce sens Jodi Kantor, journaliste pour le New York Times, avant d’ajouter «cette histoire tient vraiment à cœur au New York Times. Cette institution est prête à perdre des publicités et à tenir tête à ce type qui peut être un personnage très impressionnant.» On comprend donc que même en plein boum « technologique », la presse écrite a encore de beaux jours devant elle.

L’affaire Weinstein et après ?

Une fois les langues déliées, les « doigts » n’ont pas cessé de claviotter : la tweetopshère s’est déchainée, plusieurs stars ont fini par briser le silence (comme Angelina Jolie,  Cara Delevingne ou encore l’ex-star de Dawson, James Van Der Beek ) avant de lancer, en France cette fois-ci, un hashtag : Balance ton porc. Là, on a réalisé, même si ce secret était de polichinelle, que femmes et hommes ont déjà été humiliés, eu droit à des « remarques déplacés », des « attouchements et autres gestes maladroits ».

Drague ou Harcèlement ! La réponse pour tous ces 🐷🐽 @balancetonporc #balancetonporc #harcelement #drague

Une publication partagée par Balance Ton Porc 🐷 (@balancetonporc) le


Un phénomène voire un fléau dont on n’est pas, nous, tunisiens-ennes- exempt-e-s. Nour Guiga, l’un des mannequins les plus en vogue du moment, a déjà mentionné, dans une récente story « qu’elle ne se sentait pas en sécurité dans son pays ». Sifflements, insultes, agressions et viols (dans les cas extrêmes), les femmes n’ont, paradoxalement, jamais été aussi malmenées. Paradoxalement, parce qu’aujourd’hui, on parle de droits de la femme, d’égalité, de « liberté/libération des mœurs ». Mais tout cela semble aussi idéale que la Cité Platonicienne.

Pincements au cœur, amertume et doutes, on espère que ces dénonciations ne finiront pas par se perdre dans un fil d’actualité ou pire encore, qu’elles seront détrônées par un « buzz » encore plus « gros ». Affaire à suivre…