Présentation de «Tristesse Avenue », et rencontre avec Nidhal Guiga.

C’est ce vendredi 23 octobre 2015, à la Libraire Mille feuilles à la Marsa que la rédac’ a  assisté à la présentation du dernier roman écrit par Nidhal Guiga.

 

L’écrivaine a choisi le genre policier pour ce troisième roman intitulé «Tristesse Avenue». La trame réside dans la disparition d’une comédienne de 30 ans « Kmar » dont on ne retrouve pas le corps ; ce personnage est à la fois présent et absent puisqu’on le découvre au gré des pages de son journal; il est la nécessité de la fiction et l’élément déclencheur de l’enquête.

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C’est au travers de coupures de presse et de pages retrouvées du journal intime de Kmar que le lecteur découvre les autres personnages. Ils sont tous tristes et manquent grandement de spiritualité! L’inspecteur et le metteur en scène sont des personnages fort ressemblants, manipulateurs, sorte de sangsues qui puisent l’énergie des gens pour ensuite les détruire, ce sont des personnages exécrables !
La ville est traitée comme un personnage tout au long du roman, sorte de métaphore d’une ville théâtre, grise et triste où les acteurs se sentent pris au piège.
C’est par un style cinématographique à l’écriture sèche, dépouillée et toujours au présent que l’auteure décrit les personnages, laissant planer l’ambiguïté à leur sujet tout au long des 33 chapitres du roman. Le lecteur n’est jamais tranquille ne sachant jamais ce qui va se passer ; il devient lui-même «acteur».
C’est au moyen d’une écriture «impressionniste» utilisant le futur de façon récurrente que l’auteure projette le lecteur dans l’avenir, avec une lueur d’espoir : «il faut que quelqu’un sorte de ce marasme, triste et noir !». La voix visionnaire de l’auteure est omniprésente ; elle seule connaît l’histoire!

 

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Nidhal Guiga est une jeune écrivaine, Docteur en linguistique et enseignante universitaire. Elle est également actrice de théâtre et de cinéma, auteur et metteur en scène.
Elle  a également participé à diverses activités cinématographiques comme membre du jury lors du Festival américain indépendant de courts métrages et de la compétition des «Premiers longs métrages» des JCC en 2008;

 

La jeune écrivaine  a déjà publié trois livres :

– Mathilde B. en 2012, [lettre imaginaire adressée à Mathilde Bourguiba], récompensé du prix Zoubeïda B’chir en 2012
– Pronto Gagarine en 2013 [pièce relatant les événements des mines de Gafsa en 2008], sélectionnée au Festival d’Avignon en 2014,
– Tristesse Avenue, en 2015

 

 

Lors de cette présentation Nidhal Guiga  a bien voulu répondre  à  quatre petites questions  :
FFD : De toutes les cordes à votre arc, lesquelles vous passionnent le plus ?
N.G. : Ce sont la création et l’écriture.

 

FFD: Pourquoi avoir écrit un roman policier ?
N.G. : Tout simplement pour satisfaire une envie.

 

FFD: Il y a-t-il une continuité thématique dans vos trois livres ?
N.G.: Oui, effectivement : il y a la présence de la ville oppressante ; la stylistique car j’aime jouer avec les techniques et temps de narration et finalement l’inspiration des techniques de cinéma.
FFD : Quel est votre projet d’avenir à court terme ?
N.G.: J’aimerais beaucoup reprendre l’écriture de «Tristesse Avenue» pour en faire un long métrage cinématographique.