Le projet Black Dress

L’idée du projet Black Dress vient de l’équipe du concept store Mooja, mené de front par Farès Cheraït. Une idée en or autour de la valorisation de la couture qui promet de belles surprises. Tout est partie de l’envie de créer une réelle synergie entre les créateurs tunisiens et d’offrir un événement mode indépendamment de la fashion week en Tunisie. On constate en effet que rares sont les événements qui célèbrent la création dans ses aspects les plus innovants et qui regroupent des créateurs à priori concurrents. Le projet Black Dress l’a fait. Ce dernier propose à sept créateurs réunis pour l’occasion de confectionner chacun deux robes noires, en hommage à la fameuse petite robe noire dont les femmes abusent amoureusement au quotidien. Ici, la robe noire se voudra plus couture, excentrique et chic. Et ce n’est vraiment pas pour nous déplaire car, à la clef, un évènement exclusif aura lieu le 8 décembre pour présenter et mettre à la vente les robes de sept créateurs tunisiens : Farès Cheraït, Braim Klei, Mademoiselle Hecy, Mehdi Kallel, Salah Barka et Ahmed Talfit. On fera volontiers la queue pour ces petits bijoux de mode, en préambule du 31 décembre.  

 

Ce qui rend la chose originale, c’est que chaque créateur aura à confectionner deux robes noires en parallèle de leurs créations habituelles. Du changement donc, et de la nouveauté, qui arrive à point nommer quelques mois avant la fashion week. On connaissait l’adoration de Farès Cheraït et de Braim Klei pour le noir profond, on le connaissait moins chez Mehdi Kallel et chez Ahmed Talfit, qui usent parfois de cette « non-couleur » pour créer de réelles robes-sculptures. Alors que Salah Barka a – depuis toujours – imposé le noir dans son vestiaire masculin, c’est très récemment que Mademoiselle Hecy s’accorde avec cette couleur. En atteste leur collection Automne/Hiver 2016/2017.

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Noir, vous avez dit noir ? Hommage à Alaïa ou simple coïncidence ? D’après Braim Klei, « Même si ce projet s’est enclenché bien avant la disparition tragique d’Alaïa, nous portons tous un regard admiratif sur son travail et nous espérons tenir le rang des successeurs jusqu’à ce que d’autres créateurs se fassent connaître ». Le projet Black Dress révèle en substance le talent des couturiers en insufflant – peut être –aux autres l’envie d’en faire autant. C’est aussi ça le génie des collections capsules comme « Black Dress ». On connaît le phénomène ailleurs, mais il n’est pas pratiqué en Tunisie. Nos sept créateurs relèvent le défi et réinventent les codes en proposant une réunion pour le moins surprenante. A bas les querelles et les contradictions du passé, bonjour la nouveauté. Bravo à eux pour cette belle idée !