Interrogation surprise : Mais qu’est-ce que le cool ?

Ayant été une ado mordue de séries anglaises où l’expression « cool » allait bon train, la « coolitude » ou, plus explicitement, le cool, m’a toujours intriguée. Aujourd’hui, c’est la marque Supreme qui est devenue le « temple du cool » mais sans trop savoir « comment » ni « pourquoi ». Une plongée dans les méandres de la langue s’impose !

Cours d’histoire express

« Détendu, agréable, sympathique, relax », le cool, qui est un terme anglais renvoie, analogiquement, au terme itutu qui connote le sang-froid et la maîtrise. Considérée comme une attitude vertueuse chez les anciennes civilisations de l’Afrique de l’Ouest, il deviendra synonyme d’indifférence et de détachement pour les « poètes anglais » décrits comme des « dandys » au XIXème siècle, vu leur mode de vie, jugé en marge de la « norme ».

Dans les années 90, ce terme prendra une coloration juvénile car il s’appliquera essentiellement aux adolescents nonchalants, qui ont un petit plus, sans forcément adhérer aux canons esthétiques d’une époque déterminée. Cette dernière notion, qu’on peut considérer comme une excroissance de l’attitude du « dandy anglais », se distingue pourtant par une espèce d’oscillation entre underground et mainstream.

David Bowie, 70s 📸: Andrew Kent

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Rodeo Drive, LA, 1953

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Pierre Raboud, enseignant à l’université de Lausanne et membre du projet PIND –Punk Is Not Dead-, confirme cette thèse puisque « le cool se situe dans une perpétuelle tension entre originalité et consommation de masse, entre une élite avant-gardiste et ceux qui la suivent. »

Ni vraiment marginal, ni tout à fait conformiste, une personne cool –ayant l’attitude qu’il faut, c’est-à-dire détaché, sociable mais non sans un brin de distinction-, conserve son identité propre tout en étant à l’aise dans une forme d’identité sociale. Mais le cool, comme le rappelle Pierre Raboud est en perpétuelle mutation devenant ainsi « Cette quête (qui) peut représenter une part importante de notre temps voire de notre argent. ». Cette quête touche, justement, la consommation et plus particulièrement le milieu de la mode qui réinvente le cool à chaque saison.

Coolitude et consommation de masse

Bizarrement, le cool peut être cet objet –accessoire, gadget, fringue- qu’on répudiait autrefois –l’ultra-underground- mais qui aujourd’hui est adopté par la majorité car « cool » donc doté d’une aura spéciale. Toutefois, si le cool est cet équilibre entre mainstream et underground, la Mode est viscéralement ancrée dans le manstream donc dans la norme. Il ne faudrait donc pas confondre une pièce « cool », qui se distingue par un petit plus –tout comme cet ado qu’on a connu au lycée et qui avait un petit plus qui le rendait « spécial »- et les « trends ». La coolitude a, de plus, un « adepte », une sorte de leader qui par une forme de distinction très subtile, greffée sur son capital social –l’exemple le plus éloquent reste Cara Delevingne qui n’est ni une marginale, ni une conformiste pure et dure- inspire, attire, bref, séduit d’une manière quasi inexpliquée.

Happy belated birthday to my best friend, idol and constant inspiration @adwoaaboah I love you so much xxx❤

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Alors, quel est votre potentiel « cool » ? Dites-le nous en commentaires !