Radiance : Le défilé de fin d’année du collège LaSalle

Depuis deux saisons, les responsables de la section mode du Collège LaSalle s’attelle pour présenter une collection de fin d’année digne des plus grandes écoles de mode. Symboliquement intitulé « Radiance », ce défilé est une mise à l’épreuve pour les futurs stylistes du Collège, une sorte d’initiation au monde de la mode via l’élaboration d’une collection complète. Choix des mannequins, scénographie, choix –stratégique- des invités… rien n’a été laissé au hasard.

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Radiance, une catharsis artistique ? 

Purgatoire de choix, l’art permet au spectateur de purger, de se sentir mieux, de confronter ses vieux démons ou encore d’éveiller ses sens via le Beau. 86 modèles ont défilé pour Radiance, des pièces préparées à plusieurs mains –on n’oublie souvent que la mode est un travail d’équipe-. Jonglant entre les époques et les styles, les étudiants ont brillamment mis en avant l’héritage de l’Anti_Fashion. Courant de mode essentiellement japonais qui a déferlé sur l’Occident à la fin des années 70. l’Anti_Fashion est une torsion des canons esthétiques de l’époque. Volumes exagérément oversize, couleurs ternes et sombres, mannequins désabusés… La destruction est au cœur de ce contre-courant stylistique.

S’en est suivi un clin d’œil aux premières collections de Vivienne Westwood. Toujours empreintes d’attitude rock et rebelle, les créations tanguaient entre le néo-romantisme avec des robes corset et l’orthodoxie punk, à travers des accessoires et des matières BDSM. Sangles, vinyles, résille… toute l’artillerie de la punkitude était là.

Vous les femmes

Mais ce retour vers les prémices de la transgression n’était pas le seul fer de lance de la collection. Brillance, paillettes, sequins… la féminité, dans sa pureté originelle, était elle aussi convoquée. Mais là encore, il aurait été dommage de ne pas la teinter de néo-féminisme. La femme qui porte une robe d’impératrice n’est-elle pas, en fin de compte, un conquistador ? Prête à relever les défis et à décrocher sa liberté, cette femme est une amazone sexy et classe. Sexe et pouvoir, voici les maîtres-mots de ces pièces.

Le pouvoir a aussi été métaphorisé par le biais des vestes XXL. Taillées à la Thierry Mugler, elles représentent la working woman fière et son évolution depuis les années 80. Même son de cloche avec des créations plus audacieuses où l’on a reprit le dress code de la Girl Boss pour le greffer sur une robe virginale. Sous-entendu ? La révolution féminine-iste est encore en marche.

Cette travailleuse endurcie œuvre main dans la main avec la néo-bourgeoise. Exit le look BCBG de base. Notre héroïne post-proustienne se dévergonde, ose le court, le très court même et s’amuse. Ainsi, elle se défait des codes de la bourgeoisie.

Libre et libérée, la femme, vue par les étudiants du Collège LaSalle n’a besoin que d’un vêtement pour conquérir le monde.


Bref !

Radiance c’est la célébration d’une mode généreuse et bienveillante. Corps professoral aux petits soins et mannequins-amis qui défilent avec plaisir, les invités ont pu découvrir une autre facette de la mode, doublement embellie par des confettis à la fin du show. Finies les coulisses glauques et les « scandales », aujourd’hui, la Fashion Industry est une fête. Et ce n’est pas Karima Riahi, l’une des figures de proue de la mode en Tunisie, et invitée de marque du défilé Radiance, qui dira le contraire.