Crush NYFW : Les sérigraphies engagées de Raf Simons

Raf Simons

Après avoir fait fusionner les vestiaires féminin et masculin, révolutionner la ceinture en créant une version scotch –très DIY au passage-, Raf Simons renoue avec la sérigraphie, même s’il ne s’en était jamais détaché.

Le livre choc : Moi, Christiane F. ;

La dernière collection de Raf Simons a mis un point d’honneur à une génération désenchantée, souvent assimilée à la drogue et au sexe. Puisant son inspiration dans le fameux livre –que tout ado torturé, digne de ce nom, a lu- le directeur artistique de CK a imprimé les deux personnages du film, tirée du livre éponyme de la berlinoise Christiane Felscherinow, tombée dans la drogue et la prostitution à l’âge de 13ans. Mais loin de vouloir véhiculer les clichés populaires quant à la consommation des opiacés –et autres drogues-, Raf Simons a insisté sur le fait qu’il « cherche plutôt à interroger la présence persistante, quasi inévitable, des stupéfiants (prescrits ou non) au sein de notre société et à rendre compte de la relation souvent compliquée entre utilisateurs et substances, ouvrant un dialogue plus large sur les responsabilités d’une société au sein de laquelle l’addiction et ses causes restent largement des sujets tabou. »

Avec cette collection, Raf Simons laisse place à la réflexion, sans le moindre jugement.


Côté défilé

Couleurs tape-à-l’œil, sérigraphies et énumération de différentes drogues, consommées par les jeunes jadis mais aussi aujourd’hui, coupes fluides et attitude de « junkie », la collection de Raf Simons, pour sa marque éponyme, dérange. Controversée par les esprits guindés de la mode, saluée par une jeunesse en perpétuelle quête identitaire, le belge a réussi un exploit de taille : faire le buzz, juste après un autre défilé « très attendu », celui de Tom Ford ! Rappelons aussi que la majeure partie des bénéfices de cette collection sera renversée à une association qui se charge de la réinsertion des anciens toxicomanes dans la vie active.

Affaire à suivre…