La journaliste-photographe reporter tunisienne Sophia Baraket est décédée à l’âge de 35 ans.

À 35 ans, Sophia Baraket a laissé derrière elle des travaux aussi riches, intimes que passionnants. Ces oeuvres traitent de la migration, du quotidien, de la société et de l’Homme en général. Retour sur une femme au parcours d’exception.

Née à Tunis, est elle issue d’une famille où l’art et la culture ont une place prédominante. Sa mère est éditrice de livre d’art et son père est un passionnée d’art. Après avoir suivie des cours à l’Ecole d’Art et de Design de Tunis, elle part étudier la photographie à Paris, avant de suivre un stage de 6 mois chez Magnum Photo.

Elle revient en Tunisie en 2005, où le pays commence à être en ébullition où elle organise des conférences photo-documentaires. En parallèle la photographe réalise une quinzaine d’expositions à travers le monde. En 2011, elle couvre l’actualité dans plusieurs médias lors de la Révolution du jasmin. Ces photos vont faire le tour du monde. La même année elle adhère au projet de l’artiste JR, qui consiste à réunir un collectif de six photographes. Ce collectif oeuvre afin de créer une collection de portraits et les accrocher à Sidi Bouzid, Sfax, La Goulette, endroits où le portrait de Ben Ali a été déchiré, brûlé et arraché lors de la Révolution.

Elle a également fait une exposition sur les Drag Queens à Tunis, et réalisé une série de photos sur la communauté LGBT au Congo, rappelant que ces personnes là étaient persécutées violemment dans leur pays. Enfin, la photo-reporter Sophia Baraket, n’a pas hésité à photographier un hamam occupé par des hommes au corps dénudé pour figé ce moment d’intimité et montrer, qu’une photographe peut accomplir son art sans préjugé qui n’a pas lieu d’être.

Sophia Baraket restera un exemple dans le monde de la photographie, et aura prouvé qu’une femme peut se faire sa place dans un milieu à dominance masculine.